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Kan Mikami › Joyū

  • 1992 • Psf PSFD-20 (MM-2) • 2 CD

cd • 9 titres • 30:04 min

  • 1Nagasaki no genbaku3:46
  • 2Ā sōka, minobu no yama wa Hagii no sato ka4:31
  • 3Ore no "un"6:50
  • 4Misora Hibari no tokei3:02
  • 5Kore3:29
  • 6Joyū0:16
  • 7Hōmon-sha A ka B3:33
  • 8Guru no Misaki2:15
  • 9Kizutsuida doramā2:18

enregistrement

Enregistré au Studio J par Takeshi Yoshida.

line up

Kan Mikami (guitare, voix)

remarques

chronique

Styles
blues
folk
Styles personnels
pentatoblique

Dès son deuxième album studio pour P.S.F. Records, Mikami se fait l’architecte d’un nouveau style de blues électrique, cadre strict et bancal qui pose des gimmicks et ritournelles qu’on retrouvera ensuite partout chez lui, en solo ou dans ses multiples collaborations – à l’exception de rares dévissages au sein du trio Vajra. Pour faire court, ce CD dessine les plans de l’idiosyncrasie de Kan sur pas moins de trente ans à venir. On pourrait gloser longtemps sur ses accords saillants et obliques, bondissants comme des balles, s’ouvrant et se refermant comme des zips de fermeture-éclair, jusqu’à brandir l’image d’une verge triomphante aux testicules étalés sur la braguette d’un jean défroqué. L’idée salace n’en est pas moins sagace : si l’on se rapporte aux écrits du poète ou aux illustrations de Takashi Nemoto, mangaka déluré qui signe l’extraordinaire pochette de ce joyau brut de Jo-yu, « l’actrice » force l’admiration autant que l’érection. Rappelons que Mikami sort du tournage d’un film érotique de Ryu Murakami, et qu’il a beaucoup à dire sur la notion de « réalisme merdique » qui définit, selon lui, la condition de la femme. Le disque rend notamment hommage à la méga-star Hibari Misora, actrice classique et grande interprète enka, noyée dans l’alcool et prise dans les turbulences d’un avion en aller-simple pour l’au-delà. Côté masculin, les spermatozoïdes s’envolent dans une violence crasse au rythme de pifs cassés, et questionnent le rapport de l’individu au destin – adieu le passé. Ce blues-là est bel et bien graphique. Conservant la charge furieuse du folk d’après-guerre, il désarçonne les pétris de certitudes par sa nébuleuse de références abstraites, abstruses, absconses. Festival de symboles. Devant la mer de la mort, une nana embrasse langoureusement une tortue : cherche-t-elle à en aspirer la chance et la longévité qui lui font défaut en ce monde phallocrate ? Un oiseau, perché sur un crâne, tient en son bec une semence : virilité mal placée ? Une croix fend un crâne en faisant jaillir le sang : critique de l’esprit de clocher ? Ce tourbillon illustratif, digne d’un Cal Schenkel, a de quoi faire mal au crâne, ou éjecter les yeux de leurs orbites. Pourtant, une fois l’album lancé, il faut bien admettre – et c’est là le coup de génie – que tout ce que chante Mikami sonne limpide. Comme une évidence. Les jalons sont plantés : en avant la musique.

note       Publiée le mercredi 14 avril 2021

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