Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesVVajra › Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]

Vajra › Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]

  • 2002 - Psf, PSFD-129 (1 cd)

cd | 6 titres | 45:50 min

  • 1 オレには空が緑に見える (The sky looks green to me) [7:55]
  • 2 日本のコーラは甘い!(Japanese cola is sweet !) [7:09]
  • 3 猿は拝まない (Monkeys don’t pray) [8:38]
  • 4 曼荼羅TOOT(H) (Mandala TOOT (H)) [1:48]
  • 5 亡音(Sound deadening) [11:25]
  • 6 疑傷ー武蔵へー (Playing wounded – for Musashi) [2:41]

enregistrement

Enregistré au White Road Studio par Takeshi Yoshida. Produit par Hideo Ikeezumi.

line up

Keiji Haino (guitare, voix), Toshiaki Ishizuka (batterie), Kan Mikami (voix, guitare)

chronique

Styles
avant garde
noise
ovni inclassable
rock
psychédélique
Styles personnels
précis des baumes et des métaux

Vajra : la Foudre ou le Diamant. L’arme suprême d’Indra, dieu royal et combattant. Qui ne sait lui faillir et toujours lui revient. Pointes retournées, échu dans la main du Bouddha, l'objet façonné qui détruit l’ignorance. Frappé au socle saint des statues tibétaines, symbole du parfait, de l’achevé, de l'accompli... Haino, Mikami, ne choisissent rien au hasard. Ni ce nom aux mystiques multiples - éclatées, millénaires, transmuées de lieux en époques ; ni ce troisième homme à la frappe explosive, subtile et puissante, qui se fond magiquement, s’entremêle à leurs lignes, à leurs jeux : riffs heurtés, nappes tordues, notes isolées, effilées, arpèges en eau de roche ; ni surtout, jamais, les moyens de l’assaut. La puissance de la charge, d’abord, saisit. Les fractures ouvertes du rythme, la jouissance affolée, totale, incontrôlée, où nous plonge ce psychédélisme en fusion, extrême, irrémissible. Toujours paradoxale : la voix de Mikami, éplorée mais solide - dure même, hors de tout abattement. Invective au malheur, louange énigmatique. D’une beauté inquiétante, incandescente, aveugle : la guitare d’Haino qui, sur les accords inlassables de son vis-à-vis, étire des lignes tranchantes, longues, plus chantantes qu’à l’habitude – mais ce chant-là, à coup sûr, veut aussi invoquer (…) ! Et puis sa voix à lui qui, alors que l’autre exulte au faîte de l’exaspération, se prend à sourdre, crépusculaire, d’un dangereux, d'un mortel détachement ; ambiguë comme la litanie des onagatas (ces acteurs du kabuki, hommes exclusivement consacrés aux rôles des femmes…) ; celle plus lancinante encore des nones vagabondes, conteuses éternellement flanquées de leur luth au corps bombé. Un timbre doux, liquide, une diction qui apaise, qui engourdit, désarme au cœur du déchaînement. Séduit le sens pour le plonger en deçà de l’entendement. De plage en plage, l’intensité monte, chute, se ramasse et bondit : par saillies, par paliers, par envahissement des tissus. Avec des pauses, des respirations qui semblent des menaces autant que des répits. La psalmodie se déchire et se tend. Les textures s’abîment, s’irisent, se déchiquettent en abrasion, aux confins des douleurs (ces hurlements de taule écorchée qui transpercent la troisième plage !). Le verbe aussi s’affole, culminant en cette histoire de singes qui ne prient pas, de chiens qui pleurent et de chat mort. Les vers poignants et fous. Et puis sans annonce, la bataille se tait. Avec elle tombe toute lumière. Les trois hommes laissent là leurs instruments de fureur sacrée. Mikami et Haino entament une prière - ou bien est-ce une comptine, un poème fidèle au lieu perdu de la naissance ? Est-ce une oraison ? Un appel à procession ? Ce qui suit, forcément, est musique d’après. Obscure, éclairée seulement de reflets qui passent ; écoulement étale, peuplé de voix traînées en oriflammes insubstantiels, en persistances rétiniennes, dilatées, comme appelant d’un monde plus vaste et plus vide. S’y mêlent cris de joie aïnous, imploration pour le salut des trois âmes qui vibrent ; exaltations des lames excellentes, de l'artisan qui en trempait l'acier ; allégeance rendue aux tempêtes, aux parois gelée des monts bénis. Chant de guerre ou de deuil, de pèlerinage ou de retour. Et puis, pour finir, un autre mystère. Une seule ligne, sybilline, récitée sur les bribes d’instruments rendus à leur son naturel. (Et qui joue ce piano aux tons riches et feutrés ?). On sait alors, la dernière note tue, la perfection de tout ce qui vient d’advenir. Chaque trait, chaque inflexion, chaque souffle lâché - de l’un, de l’autre, et du troisième - tout ici procède de cette sidérante maîtrise, art des stratégies et des actes dans l'instant, qui fait jaillir le chaos et foisonner les harmonies sans nombre. Savoir exact et sans merci, pris aux guerriers, aux shamans, aux Visionnaires. À qui sait occire, guérir et dévoiler.

note       Publiée le dimanche 20 septembre 2009

partagez 'Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]".

ajoutez une note sur : "Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]".

ajoutez un commentaire sur : "Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Mandala (キ・『やっと』) [Cat Last]".

Potters field › vendredi 22 janvier 2010 - 13:42  message privé !

tres chouette symbole en effet

Wotzenknecht › vendredi 22 janvier 2010 - 12:29  message privé !

La symbolique du Vajra me plait énormément. Si je deviens un dieu, un jour...

Dioneo › vendredi 22 janvier 2010 - 12:27  message privé !
avatar

Çui du groupe ou le titre ?

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › vendredi 22 janvier 2010 - 12:10  message privé !

Cette chose m'appelle. Le nom, sans doute.

Dioneo › lundi 21 septembre 2009 - 01:45  message privé !
avatar

(M'en parle pas)

Et dire qu'il y a un live.

Note donnée au disque :