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Kan Mikami › Yūyake no kioku kara

  • 1976 • Victor SF-10065 • 1 LP 33 tours
  • 2006 • Showboat SWAX-75 • 1 CD

lp • 10 titres • 44:52 min

  • 1Yoisho yoisho3:44
  • 2Shonben-darake no mizūmi6:02
  • 3Dare o urameba ii nodegozaimasu ka4:09
  • 4Ōtobai no shitsuren4:00
  • 5Appare appare3:35
  • 6Aomori-ken Kitatsugaru-gun Tōkyō mura4:43
  • 7Yume wa yoru hiraku Ashita no jō nanka kiraida9:10
  • 8Nante hidoi uta nanda4:19
  • 9Bang3:29
  • 10Kyōkun 110-ban1:41

enregistrement

Enregistré les 16 et 17 octobre 1976 au Dabiyon Theatre, Aomori.

line up

Kan Mikami (guitare, voix)

remarques

chronique

Styles
folk
Styles personnels
bunraku-style

Cet album live à la pochette colorée ne le montre pas ostensiblement, mais il cache un appel à l’aide. En 1976, Mikami souffre de dépression. Pour le poète, les pages et les nuits sont blanches. Blanches à en crever. Il tente de trouver du réconfort dans l’écriture d’essais autobiographiques, sans succès. Sa vie maritale, presque trop confortable, l’angoisse au plus haut point ; elle lui rappelle constamment qu’il n’est pas tout à fait libre de ses mouvements. Eau stagnante. Sa carrière musicale, elle, est au point mort. Alors qu’il a tout donné pour son précédent album studio, les ventes ne suivent pas. Finis les rêves de gloire, il n’est plus qu’un vague souvenir des années folk, un chanteur qui ne sait plus où poser sa voix. Pire encore : on lui propose de changer de métier pour produire des petites starlettes, reconversion classique pour ceux qu’on considère comme des professionnels de la musique. Sauf que Kan exècre les pros. Il tournera le dos à Victor, mais pas sans compléter le tableau. Après la soul et la pop, reste à graver un testament folk. Pour cela, il va chercher des marques rassurantes, une zone de confort. Il prend donc le train pour aller dans le nord du pays, presque la queue entre les jambes, afin d’y enregistrer un concert devant un public acquis à sa cause. Dans un petit théâtre avant-gardiste rendant hommage au festival d’Avignon, Mikami essaie de retourner à l’essentiel : l’expérience de la scène, les échanges avec le public, une présence physique. Un peu comme le live de 1972, le disque témoigne d’une parfaite maîtrise du performer. Sous le masque, la rage au ventre. Ce que Kan va chercher au fond de lui, dans cet exil documenté, c’est transmettre aux auditeurs le parfum de sa région natale. Au lieu d’en évoquer le froid sibérien, il lui donne plutôt des couleurs chaudes comme celles qui ornent la pochette. Incantation de nebutas géants pour la dernière parade d’un héros de folklore crépusculaire. Kan aura longtemps joué de ses racines nordiques qui, dans l’esprit des métropolitains, traînent une sorte de mystique traditionnelle entretenue par le buto de Tatsumi Hijikata et les pièces de Shuji Terayama. On pourrait croire que c’est la fin qui s’annonce, et pourtant... Mikami est en fait le premier à se tromper.

note       Publiée le jeudi 11 mars 2021

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