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Kan Mikami › I'm The Only One Around

  • 1991 • Psf PSFD-13 (MM-1) • 1 CD
  • 2021 • Black Editions BE007-13 • 1 LP 33 tours

cd • 10 titres • 38:43 min

  • 1I'm The Only One Around3:57
  • 2Black Point Hirano2:44
  • 3Shinanomachi Sisters3:06
  • 4Emperor Of Half The Globe3:29
  • 5Up The Chimney3:17
  • 6Cow And Long Hair5:23
  • 7A Kerosene Stove For Two2:53
  • 8Dance, Flower Hat!7:35
  • 9In Front Of Hachiko4:10
  • 10Movie Number 692:08

extraits audio

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enregistrement

Enregistré au Studio J par Takeshi Yoshida.

line up

Kan Mikami (guitare, voix)

remarques

chronique

Styles
blues
folk
Styles personnels
beat blues

Vingt ans après le merveilleusement infâme Mikami Kan no sekai paru chez Columbia, Mikami livre le 20 mars 1991 (soit le jour de son quarante-et-unième printemps) son deuxième « premier album » chez P.S.F. Records. Ce disque est celui de la renaissance. Cette fois, il faut que ça compte. Le poète n’avait jusqu'ici jamais vraiment été à la barre, bousculé qu’il était par les managers, producteurs, arrangeurs et autres animateurs radio : les bandits de l’industrie qui ne lui ont jamais laissé la main, de peur qu’elle griffe et arrache les tympans les plus sensibles. Changement de recette, la vengeance est un plat qui se mange glacé. Pour le label d’Hideo Ikeezumi, Kan ne sert pas la même mayonnaise : on passe à un face-à-face électrique avec le micro, à un duel farouche. Son travail est celui d’un amateur éclairé qui a mangé son content de parpaings ; comme un boxeur sur le retour, il s’est préparé dix ans à un comeback en studio pour lancer un uppercut que personne n’a senti venir. Le tas de viande coriace va chanter des découpes nettes de sa psyché et se déchaîner sur le sac de frappe pour nous mettre dans les cordes de son instrument. En amont, Mikami a du mal à se faire à l’idée de réduire son langage à du code binaire gravé au laser sur un disque compact, au lieu des sillons du format analogique qui a toujours eu sa préférence – parce qu’il subit aussi les outrages du temps et des lectures successives. Une suite de 0 et de 1 peut-elle vraiment retranscrire le labyrinthe de la cervelle de cet homme qui se rêve préhistorique ? Le mandala de chansons fait surgir un imaginaire à la complexité désarmante, même pour les habitués. D’un coup, ce ne sont plus « juste » Shuji Terayama, Yukio Mishima, Kyozo Takagi ou Shichiro Fukazawa qui sont appelés entre les lignes. Mikami reprend les éléments de son existence passée, sur la rampe et les écrans de toutes tailles, des impressions et des moments furtifs, et les passe au blender d’un folk-blues dont il maîtrise enfin l’idiome musical, après bien des rodages. Son plectre trempe dans le sang caillé, il convoque des images et personnages issus de tous les horizons. Entre ses dents, suinte donc un monde pervers, religieux voire sectaire, tragicomique, surréaliste, spirituel – universel. Quand une bulle éclate, il ne reste rien, dit-on ; sauf peut-être l’individu mis à nu, dans l’immensité de champs désolés, hantés par les fantômes. Le regard porté au loin, un demi-sourire et un glaviot pendouillant sur ses lèvres, le voici seul, prêt à transformer toutes les souillures du monde en autant d’appâts cuivrés pour se transcender. Posé comme une pyramide aux entrailles inextricables, Mikami sait que ses bases sont maintenant solides. Après tout, celui qui a touché le fond ne peut que remonter la pente.

note       Publiée le vendredi 9 avril 2021

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