Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesMMelvins › Gluey Porch Treatments

Melvins › Gluey Porch Treatments

détail des votes

Membre Note Date
Cera      dimanche 1 décembre 2019 - 12:34
(N°6)      mardi 26 novembre 2019 - 19:10
EyeLovya      mardi 26 novembre 2019 - 20:13

cd | 29 titres | 60:48 min

  • 1 Eye Flys [6:16]
  • 2 Echo Head / Don't Piece Me [2:51]
  • 3 Heater Moves and Eyes [3:52]
  • 4 Steve Instant Newman [1:31]
  • 5 Influence of Atmosphere [1:51]
  • 6 Exact Paperbacks [0:43]
  • 7 Happy Grey or Black [2:01]
  • 8 Leeech [reprise de Green River] [2:32]
  • 9 Glow God [0:51]
  • 10 Big as a Mountain [0:57]
  • 11 Heaviness of the Load [3:06]
  • 12 Flex With You [0:54]
  • 13 Bitten Into Sympathy [1:45]
  • 14 Gluey Porch Treatments [0:48]
  • 15 Clipping Roses [0:49]
  • 16 As It Was [2:51]
  • 17 Over From Under the Excrement [4:39]
  • Unreleased Garage Demos
  • 18 Echohead [0:32]
  • 19 Flex With You [0:58]
  • 20 Don't Piece Me [2:20]
  • 21 Bitten Into Sympathy [1:30]
  • 22 Exact Paperbacks [0:46]
  • 23 Glow God / Big as a Mountain [1:55]
  • 24 Heaviness of the Load [3:04]
  • 25 Happy Gray or Black [1:59]
  • 26 Heater Moves and Eyes [4:29]
  • 27 Gluey Porch Treatments [0:52]
  • 28 Eye Flys [3:11]
  • 29 Clipping Roses [0:55]

enregistrement

Enregistré en Octobre 1986 à Studio D, Sausilito, CA. Produit par Mark Deutrom & Victor Hayden.

line up

Dale Crover (batterie), Matt Lukin (basse, chant), Buzz " King Buzzo " Osborne (guitare, chant)

remarques

artwork : Mackie Osborne

chronique

Styles
sludge
hardcore
Styles personnels
post-hardcore/pre-sludge

Tu reprendras bien un peu de glue avec ton gras ? Ah, le premier album des Melvins… C’est Flipper le dauphin dans les eaux pétroleuses de l’Exxon Valdez. Hardcolle aux dents. Ce que mâchonne Buzz, nul ne l’a jamais su, sans doute. A s’en tenir aux titres, c’est déjà toute une histoire à dada sur l’absurde et le pince-sans-rire. Avant tout, Melvins, sans article, c’est l’histoire de riffs qu’on ralenti, d’un batteur qui pèse. Du hardcore ? De quoi se gausser. Même si ça et là, moins d’une minute suffit pour te débroussailler les sourcils. Disons que quand les Melvins, avec un article c’est plus pratique, veulent aller vite, ils contractent leurs morceaux lents. Comme du time warp sur un logiciel de montage. Du lent bien plié en quelques secondes, ça donne une impression de vitesse… molle. De l’intensité écrabouillée, ramenée à gros coups dans le caisson à une expression concentrée. Mais tout d’abord, à la base, c’est le contraire : Melvins c’est de la dilatation. « Eyes Flys » dit tout de la formule à appliquer, on pourrait inventer le mot « sludge » juste pour cette carte d’identité d’époque : la basse (du futur Mudhoney) se faufile au ras-du sol, la batterie ne frappe pas, elle composte, laissant juste assez de silence pour l’irruption d’une guitare bourdon qui bien vite s’auto-combuste. Oui, « drone » aussi on aurait pu l’inventer dans le rock à ce moment. Tout ceci est déjà largement assez bizarre sans avoir à rajouter les vocaux imbitables du King Buzzo, moitié-punk moitié-Ozzy, un homonyme auquel tout ceci renvoie à travers le vortex de la quatrième dimension. Des seventies on peut flairer une autre piste, moins immédiatement identifiable, mais quand même. Regardez bien le nom du producteur exécutif : Victor Hayden. Ok, dit comme ça on comprend rien. The Mascara Snake. Du Magic Band. De Captain Beefheart. C’est vrai que plus que Ozzy ou Gene Simmons, influence improbable du groupe, est-ce que finalement ça ne serait pas un peu là que se poserait une analogie pertinente ? Ouais ouais, Black Flag en slow-mo, on l’a dit cent fois, mais est-ce qu’il n’y aurait pas dans l’approche flinguée des Melvins l’influence de Van Vliet, le vrai trésor du cap’tain ? On bavasse on bavasse, pendant ce temps c’est que la guitare de Buzzo bave à mort sur des buvards. Quant à Crover, il cogne aussi fort qu’à des endroits et des moments inattendus. Donc ça ressemble encore à du hardcore sur les bords du bord de l’effondrement, « Steve Instant Neuman » et puis à du metal lourd de chez lourd de chez lourd que c’est probablement pas recyclable, « Leeech », reprise d’une démo de Green River, autant dire qu’on invente aussi « grunge » tant qu’on y est. Melvins se permet (Melvins est-il un personnage ?) même des mélodies, avec des refrains à reprendre en… vomissant. Tout ceci est aussi paradoxalement très construit, y a pas d’intermède qui soit : quand ça dure 50 secondes, c’est que c’est le temps suffisant et nécessaire pour faire le boulot. Un boulot qui consiste à te péter les feuilles de la façon la plus optimale possible tout en prenant le plus de détours imaginables. Se taper Gluey Porch Treatments, c’est un peu comme rentrer dans un labyrinthe pendant un tremblement de terre, avec un ludion qui vient te gueuler dessus à chaque tournant et un gros-magnon étonnamment agile pour un homme de sa corpulence qui te tape sur la tête non-stop, mais avec un faux-rythme, histoire de rigoler. C’est tout de guingois, exprès ! Pour rentrer là-dedans, faut aimer, comme dit l’autre, en prendre plein la gueule pour pas un rond. Pour ceux qui en veulent toujours plus, les demos enregistrées dans leur garage, cadeau bonus de la réédition chez Ipecac, leur jolie maison de retraite, ajoute ce bon goût d’inachevé dégueulasse, comme un fond de verre bien râpeux pour se finir comme il se doit. Alors, encore un peu de molasse avec ta glue ?

note       Publiée le mardi 26 novembre 2019

Dans le même esprit, (N°6) vous recommande...

partagez 'Gluey Porch Treatments' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Gluey Porch Treatments"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Gluey Porch Treatments".

ajoutez une note sur : "Gluey Porch Treatments"

Note moyenne :        3 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Gluey Porch Treatments".

ajoutez un commentaire sur : "Gluey Porch Treatments"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Gluey Porch Treatments".

dimegoat › jeudi 5 décembre 2019 - 12:33  message privé !

Un de mes préférés aussi: imprévisible mais il retombe toujours sur ses pattes.

Cera › dimanche 1 décembre 2019 - 12:27  message privé !

Ce 1er album tranche nettement avec ce qu'ils sortiront après, mais il reste un de mes (10) favoris du groupe. Dale est en grande forme!

Note donnée au disque :