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Melvins › Gluey Porch Treatments

cd • 29 titres • 60:48 min

  • 1Eye Flys6:16
  • 2Echo Head / Don't Piece Me2:51
  • 3Heater Moves and Eyes3:52
  • 4Steve Instant Newman1:31
  • 5Influence of Atmosphere1:51
  • 6Exact Paperbacks0:43
  • 7Happy Grey or Black2:01
  • 8Leeech2:32 [reprise de Green River]
  • 9Glow God0:51
  • 10Big as a Mountain0:57
  • 11Heaviness of the Load3:06
  • 12Flex With You0:54
  • 13Bitten Into Sympathy1:45
  • 14Gluey Porch Treatments0:48
  • 15Clipping Roses0:49
  • 16As It Was2:51
  • 17Over From Under the Excrement4:39
  • Unreleased Garage Demos
  • 18Echohead0:32
  • 19Flex With You0:58
  • 20Don't Piece Me2:20
  • 21Bitten Into Sympathy1:30
  • 22Exact Paperbacks0:46
  • 23Glow God / Big as a Mountain1:55
  • 24Heaviness of the Load3:04
  • 25Happy Gray or Black1:59
  • 26Heater Moves and Eyes4:29
  • 27Gluey Porch Treatments0:52
  • 28Eye Flys3:11
  • 29Clipping Roses0:55

enregistrement

Enregistré en Octobre 1986 à Studio D, Sausilito, CA. Produit par Mark Deutrom & Victor Hayden.

line up

Dale Crover (batterie), Matt Lukin (basse, chant), Buzz " King Buzzo " Osborne (guitare, chant)

remarques

artwork : Mackie Osborne

chronique

Styles
sludge
hardcore
Styles personnels
post-hardcore/pre-sludge

Tu reprendras bien un peu de glue avec ton gras ? Ah, le premier album des Melvins… C’est Flipper le dauphin dans les eaux pétroleuses de l’Exxon Valdez. Hardcolle aux dents. Ce que mâchonne Buzz, nul ne l’a jamais su, sans doute. A s’en tenir aux titres, c’est déjà toute une histoire à dada sur l’absurde et le pince-sans-rire. Avant tout, Melvins, sans article, c’est l’histoire de riffs qu’on ralenti, d’un batteur qui pèse. Du hardcore ? De quoi se gausser. Même si ça et là, moins d’une minute suffit pour te débroussailler les sourcils. Disons que quand les Melvins, avec un article c’est plus pratique, veulent aller vite, ils contractent leurs morceaux lents. Comme du time warp sur un logiciel de montage. Du lent bien plié en quelques secondes, ça donne une impression de vitesse… molle. De l’intensité écrabouillée, ramenée à gros coups dans le caisson à une expression concentrée. Mais tout d’abord, à la base, c’est le contraire : Melvins c’est de la dilatation. « Eyes Flys » dit tout de la formule à appliquer, on pourrait inventer le mot « sludge » juste pour cette carte d’identité d’époque : la basse (du futur Mudhoney) se faufile au ras-du sol, la batterie ne frappe pas, elle composte, laissant juste assez de silence pour l’irruption d’une guitare bourdon qui bien vite s’auto-combuste. Oui, « drone » aussi on aurait pu l’inventer dans le rock à ce moment. Tout ceci est déjà largement assez bizarre sans avoir à rajouter les vocaux imbitables du King Buzzo, moitié-punk moitié-Ozzy, un homonyme auquel tout ceci renvoie à travers le vortex de la quatrième dimension. Des seventies on peut flairer une autre piste, moins immédiatement identifiable, mais quand même. Regardez bien le nom du producteur exécutif : Victor Hayden. Ok, dit comme ça on comprend rien. The Mascara Snake. Du Magic Band. De Captain Beefheart. C’est vrai que plus que Ozzy ou Gene Simmons, influence improbable du groupe, est-ce que finalement ça ne serait pas un peu là que se poserait une analogie pertinente ? Ouais ouais, Black Flag en slow-mo, on l’a dit cent fois, mais est-ce qu’il n’y aurait pas dans l’approche flinguée des Melvins l’influence de Van Vliet, le vrai trésor du cap’tain ? On bavasse on bavasse, pendant ce temps c’est que la guitare de Buzzo bave à mort sur des buvards. Quant à Crover, il cogne aussi fort qu’à des endroits et des moments inattendus. Donc ça ressemble encore à du hardcore sur les bords du bord de l’effondrement, « Steve Instant Neuman » et puis à du metal lourd de chez lourd de chez lourd que c’est probablement pas recyclable, « Leeech », reprise d’une démo de Green River, autant dire qu’on invente aussi « grunge » tant qu’on y est. Melvins se permet (Melvins est-il un personnage ?) même des mélodies, avec des refrains à reprendre en… vomissant. Tout ceci est aussi paradoxalement très construit, y a pas d’intermède qui soit : quand ça dure 50 secondes, c’est que c’est le temps suffisant et nécessaire pour faire le boulot. Un boulot qui consiste à te péter les feuilles de la façon la plus optimale possible tout en prenant le plus de détours imaginables. Se taper Gluey Porch Treatments, c’est un peu comme rentrer dans un labyrinthe pendant un tremblement de terre, avec un ludion qui vient te gueuler dessus à chaque tournant et un gros-magnon étonnamment agile pour un homme de sa corpulence qui te tape sur la tête non-stop, mais avec un faux-rythme, histoire de rigoler. C’est tout de guingois, exprès ! Pour rentrer là-dedans, faut aimer, comme dit l’autre, en prendre plein la gueule pour pas un rond. Pour ceux qui en veulent toujours plus, les demos enregistrées dans leur garage, cadeau bonus de la réédition chez Ipecac, leur jolie maison de retraite, ajoute ce bon goût d’inachevé dégueulasse, comme un fond de verre bien râpeux pour se finir comme il se doit. Alors, encore un peu de molasse avec ta glue ?

note       Publiée le mardi 26 novembre 2019

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notes

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dimegoat › jeudi 5 décembre 2019 - 12:33  message privé !

Un de mes préférés aussi: imprévisible mais il retombe toujours sur ses pattes.

Cera › dimanche 1 décembre 2019 - 12:27  message privé !

Ce 1er album tranche nettement avec ce qu'ils sortiront après, mais il reste un de mes (10) favoris du groupe. Dale est en grande forme!

Note donnée au disque :