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Hellfest 2016

par Nicko › dimanche 31 juillet 2016


Style(s) : hardcore / jazz / metal / metal extrême / progressif / punk / rock / gothic metal / heavy metal / metal alternatif / metal atmosphérique / neo metal / black metal / dark metal / death metal / grindcore / thrash metal / zeuhl

C'est maintenant devenu une habitude que pour rien au monde on ne souhaiterait arrêter. A la mi-juin, le Hellfest s'est imposé comme LE rendez-vous à ne surtout pas rater pour tout metalleux qui se respecte ! En 2016, il s'agit de la 11ème édition pour le festival et l'espace d'un week-end, toute la sphère des musiques extrêmes a les yeux rivés sur Clisson. Encore une fois cette année, nous avons été bluffés et émerveillés pendant ces 4 jours (en comptant l'arrivée sur les lieux la veille) passés au Hellfest. L'affiche proposait comme chaque année son lot de groupes légendaires, de retours au premier plan, de nouveaux venus dans des styles parfois étonnants. Cette année, les têtes d'affiche sont Rammstein, pour leur première visite clissonnaise, Twisted Sister et Black Sabbath qui feront tous les deux leurs adieux scéniques en terre française. Les 160 et quelques autres groupes ne sont pas en reste avec des pointures comme Megadeth, The Offspring, Napalm Death, Ghost, Jane's Addiction, Refused et tant d'autres... Bien évidemment, un hommage, à la démesure du personnage, Lemmy Kilmister, disparu l'hiver dernier, est prévu. Encore une fois, ce cru 2016 s'annonce particulièrement intéressant.

affiche 2016

Mise en jambe

Afin de profiter au maximum du festival, nous avons décidé d'arriver la veille pour nous mettre dans l'ambiance et être fin prêts pour ces 3 jours. Déjà, ce qui est frappant quand on arrive à l'entrée générale du festival, c'est de voir une file d'attente impressionnante, je l'ai trouvée même plus longue que les précédentes années. Même si le site du festival n'est pas encore ouvert, nous pouvons découvrir les nouveautés sur le Hell City Square, quartier à l'entrée du festival rassemblant une dizaine d'exposants et le Metal Marquet dans une mise en scène rappelant le quartier londonien de Camden. De nouvelles installations à l'entrée ont été créées avec un énorme dessin de Lemmy Kilmister au-dessus d'un nouveau bar dédié aux alcools forts. Le ton est donné ! Pour le reste, on est à nouveau plongé dans cette ambiance destroy, déjantée et hors du temps. En se baladant vers l'espace camping, on se rend compte de l'augmentation des exposants et de l'agrandissement des infra-structures. Tout a été bien pensé. Il a plu les jours précédents et on pouvait s'attendre à se retrouver dans un champ de boue, mais l'organisation a très bien réagi en ajoutant de la paille sur tout le site et le résultat a été très efficace. Certaines mauvaises langues parlent de Disneyland du metal quand ils se réfèrent au Hellfest. Mais honnêtement, quand on doit passer 3-4 jours sur un site, c'est un réel plaisir d'être dans une ambiance et un cadre qui nous rapprochent tellement de notre passion avec une affiche époustouflante. Ce n'est que du bonheur de se retrouver là. On sait que pendant tout ce temps, on est dans notre univers. Cette première soirée ne nous a donné qu'une seule envie, que le festival commence !!

Achtung! Feuer!!

Pour cette première journée sur le site, le temps est maussade est même assez menaçant. Ce n'est en tout cas pas cela qui va nous empêcher d'en profiter ! Nous arrivons au moment où les américains de Nashville Pussy investissent la Mainstage 2. Pour une entrée en matière, je trouve que c'est idéal. Je n'avais jamais eu l'occasion de les voir, mais leur rock n' roll couillu et traditionnel, sans prise de tête, est juste ce qu'il faut pour rentrer de plein pied dans cette nouvelle édition du festival. Le groupe n'a pas de réelle originalité mais ils gardent bien haut le flambeau du rock n' roll américain à base de blues et d'énergie. Leur set se termine sous une pluie fine qui nous laisse craindre le pire pour la suite. N'empêche, ces 40 minutes nous auront permis d'être d'attaque pour la suite de la journée.

La pluie n'aura pas duré longtemps, on en profite alors pour faire une petite visite du site pour découvrir les nouveautés et autres changements. On avait entendu parler d'une refonte de la Warzone permettant de la rendre plus accessible. Et effectivement, le problème a été résolu avec l'agrandissement de cet espace (une partie du champ voisin a été récupéré par la même occasion) comme on a pu le remarquer pendant la prestation ultra-énergique d'All Pigs Must Die. Tout a été repensé et le résultat est magnifique, grandiose. La fosse devant la scène est spacieuse et les infra-structures et décors de prison apocalyptiques sont sublimes avec un monticule surplombant la scène en face de celle-ci. Une nouvelle partie avec divers bars a été aménagée avec en son milieu, LA surprise de ces nouveautés pour l'année 2016, une magnifique statue d'une quinzaine de mètres de Lemmy Kilmister. Franchement, le résultat est hallucinant. En tant que fan de Motörhead et de son frontman, l'émotion est vive de voir une telle oeuvre d'art à l'effigie de celui qui représentait le mieux la vie rock n' roll. Quel hommage ! Encore une fois, le Hellfest a réussi à prendre en compte les remarques des festivaliers pour améliorer le confort avec un résultat au-delà des espérances !

La suite du programme pour nous se situe sous la Temple avec les finlandais de Behexen. Nous les avions vus le mois précédent au Throne Fest en Belgique et notre avis avait été relativement mitigé. Là, au Hellfest, nous avons sentis le groupe bien plus investi, plus à l'aise, pour un résultat bien plus énergique. On ressentait bien plus fortement l'aspect blasphématoire de leur musique. Tous les musiciens étaient bien plus à fond, notamment le guitariste Wraath, totalement possédé ! La scène avec ses 3 croix inversées illuminées allait à la perfection avec la performance des finlandais. Après les émotions liées à la statue de Lemmy, le festival commençait de manière admirable avec ce set excellent de Behexen.

Nous revenons d'ailleurs une heure plus tard au même endroit pour la prestation de Kampfar que nous découvrions là. Sans rien connaître de leur musique, nous avons eu un peu de mal à rentrer dedans, trouvant que leur flok/metal manquait d'originalité. Heureusement que le chanteur était particulièrement expressif et qu'il possède un certain charisme. Cela nous a permis de faire passer les 45 minutes de leur concert relativement rapidement. Mais bon, nous ne sommes pas devenus fans de leur musique pour autant.

Ca enchaine sur l'Altar avec les vétérans polonais de Vader. Et là, même si nous ne sommes pas fan sur album, on sait qu'on va se manger une mandale monumentale dans la gueule. Et ça n'a pas loupé ! Vader, on les a vu une bonne dizaine de fois et à chaque fois c'est la même histoire, ça fout la patate ! Le genre de groupe idéal en festival, même pour ceux qui ne connaissent pas. Ce fut pas loin d'une heure de death metal ravageur et destructeur. La bande à Peter possède une maîtrise impressionnante de leur art, que ce soit les morceaux old-school ou les plus récents, les polonais ne font pas de quartier. Là encore, nous avons assisté à une grosse performance sur ce Hellfest !

set-list Vader :

  • Wings
  • Go to Hell
  • Come and See My Sacrifice
  • Reborn in Flames
  • Decapitated Saints
  • Triumph of Death
  • Dark Age
  • Vicious Circle
  • Return to the Morbid Reich
  • Silent Empire
  • Sothis
  • Helleluyah!!! (God Is Dead)

On retourne maintenant sur la scène d'à côté, la Temple, où les américano-colombiens d'Inquisition sont sur le point de monter sur scène afin de nous présenter leur futur album qui sortira à la fin de l'été. Un peu comme lors de leur passage au Throne Fest, le duo aura été efficace, manquant peut-être d'un peu de folie ou de diversité, mais il est indéniable que nous avons affaire à un groupe très pro. Nous avons quand même un peu l'impression que le groupe a du mal à se renouveler. Autant nous avons trouvé les vieux morceaux très efficaces autant sur les plus récents, on avait l'impression de voir un Inquisition jouer leur partition sans cet éclair de génie, cette atmosphère noire et poisseuse qui les définissaient tant.

Changement de décors avec notre première incursion à la Valley avec les américains des Melvins. Nous ne les avions jamais trop écoutés, mais leur passage à la Villette Sonique il y a quelques années m'avait particulièrement marqué et je ne voulais pas les manquer ici. Comme d'habitude, l'affluence sous la tente est particulièrement importante et quand en plus dès le début de leur set, la pluie s'est invitée sur le site, la densité sous la tente a encore grimpé ! Nous sommes restés assez dubitatif devant les 10 premières minutes du set avec du drone assez chiant, craignant un concert beaucoup trop barré. Mais heureusement, la suite allait s'avérer être beaucoup plus explosive et énergique ! La bande à Buzz Osborne nous a asséné un rock alternatif très typé années 90, limite grunge, avec leur touche de folie pour un résultat géant. On a eu droit à quelques reprises étonnantes et qu'on n'aurait pas forcément pensé voir joués par les Melvins, notamment un "Halo of flies" d'Alice Cooper particulièrement réussi ! Il n'y a pas à dire, ce groupe possède une personnalité et une originalité à toute épreuve. Il n'est certainement pas aisé de rentrer totalement dans leur univers si déjanté, mais on ne peut qu'admirer leur attitude et leur démarche.

On revient au même endroit pour une véritable curiosité de cette édition. Déjà qu'avec les Melvins, on a eu droit à notre dose d'expérimentation, mais c'était sans compter sur le groupe suivant prévu sous la Valley, à savoir les français de Magma. J'avais eu l'occasion de les voir en concert 16 ans plus tôt et je garde encore un souvenir frappant de leur performance. Jamais je n'avais eu l'occasion de vivre une telle expérience. Certains se sont demandés ce qu'un groupe comme celui-ci, mélangeant rock, jazz et progressif pour créer une musique totalement unique, le zeuhl, pouvait se retrouver à jouer au Hellfest. Qu'importe, le groupe est là, voyons voir ce que cela donne. Et pour être honnête, le principal souci ici, c'est d'avoir ce véritable OVNI sur un tel festival où on enchaîne pendant une dizaine d'heure du hard rock, du metal, du punk, qui sont des styles somme toute relativement facile à assimiler. Là, la musique de Magma, surtout quand on n'est pas préparé, c'est un peu too much. Nous avons trouvé que l'effort qu'il nécessitait pour rentrer dans leur univers était trop important. Peut-être était-ce dû à la fatigue de la ou au fait que nous ne soyons pas fans de la formation, mais s'enfiler Magma comme ça, c'était un peu trop difficile ! Cependant, nous saluons la prise de risque !

Sans transition, on enchaîne avec les norvégiens d'Aura Noir sous la Temple (si un jour on m'avait dit que j'allais voir simultanément Magma et Aura Noir - qui sont quand même à des années lumières l'un de l'autre - je ne l'aurais pas cru !). Et là, avant de parler de leur prestation, je voudrais parler d'un point qui nous a déplu. Durant cette journée, nous avons passé de nombreuses heures sous les deux tentes des scènes extrême, l'Altar et la Temple, et nous avons observé une affluence particulièrement faible par rapport aux années précédentes. Et pour Aura Noir, qui joue en partie en même temps que Rammstein sur la Mainstage, la tente est particulièrement vide. Comme vous le verrez par la suite de mon article, l'affluence sur le site a été vraiment grande, mais paradoxalement, le public se faisait plus rare sur les deux scènes du metal extrême. C'est vraiment dommage vu que l'affiche sur ces scènes était encore une fois très bonne avec des choix judicieux.

Pour revenir à la performance d'Aura Noir, malgré un public clairsemé, les norvégiens nous ont délivré comme à leur habitude, leur black/thrash le plus destructeur. Appollyon a toujours ce style et cette pure attitude rock n' roll, mélange de détachement et de nonchalance tout en gardant la maîtrise complète de son sujet, que ce soit au chant ou sur sa basse. Je ne dirais pas que cela a été le plus grand concert du groupe, mais une performance classique d'Aura Noir reste de toute manière bien au-dessus de la moyenne. Les classiques ont été joué, le dualité de chant avec Agressor est parfaite et les solos de Blasphemer sont bien intenses, le tout donnant simplement envie de headbanger à souhait. Bien évidemment, au même moment, on avait sur les Mainstages l'entreprise Rammstein avec son show tout feu tout flamme, mais sous la Temple, Aura Noir ne nous aura pas déçu !

Set-list Aura Noir :

  • Upon the Dark Throne
  • Unleash the Demon
  • Hades Rise
  • Swarm of Vultures
  • Blood Unity
  • The Merciless
  • Black Thrash Attack
  • The Stalker
  • Out to Die
  • Hell's Fire
  • Sordid
  • Black Metal Jaw
  • Condor
  • Sons of Hades
  • Conqueror

Dès la fin du set des norvégiens, nous assistons, de TRÈS loin, à la dernière heure du show de Rammstein. Et là, comme à Paris, où la set-list a été très proche, on assiste à une performance bien huilée (dans tous les sens du terme) extrêmement efficace et visuellement impeccable et époustouflante. Tous les effets pyrotechniques présents lors du Download 5 jours plus tôt étaient bien présents. La bande à Till n'arrive pas les mains dans les poches. L'ambiance très chaude, brûlante, noire sur tout le Hellfest. Et en plus, la pyrotechnie se marie admirablement bien avec le décor du festival ! Et même quand on le vit de loin (surtout en arrivant après une bonne demi-heure de show !), on profite un maximum. Nous n'avions encore jamais vu autant de monde devant une scène. C'était complètement blindé d'un côté, jusqu'au bosquet du bar à vin, et de l'autre, jusque devant l'Altar, où Testament s'apprêtait à jouer !! Par contre, ce qui nous a vraiment surpris c'est que malgré ce monde impressionnant, il n'y a jamais eu d'effet goulot d'étranglement . C'était dense, mais relativement fluide, surtout lors de la fin des performances. Nous n'avons d'ailleurs pas de problèmes pour rejoindre la Mainstage 2 pour le dernier groupe de cette première journée bien pleine.

Set-list Rammstein :

  • Ramm 4
  • Reise, Reise
  • Hallelujah
  • Zerstören
  • Keine Lust
  • Feuer frei!
  • Seemann
  • Ich tu dir weh
  • Du riechst so gut
  • Mein Herz brennt
  • Links 2-3-4
  • Ich will
  • Du hast
  • Stripped (reprise de Depeche Mode)

rappel :

  • Sonne
  • Amerika
  • Engel

Ce vendredi se termine avec les vétérans punk/rock californiens, The Offspring. Et là, c'est directement un retour à l'adolescence pour tous les trentenaires du public. Personnellement, j'ai toujours été un grand fan du groupe dans les années 90. "Smash", "Ixnay on the hombre" et "Americana" sont des albums que j'aime toujours ré-écouter encore actuellement et les performances scéniques de la formation m'ont toujours impressionnées. Et ce soir, je n'ai pas du tout été déçu ! Certes, Dexter Holland a vieilli, mais il garde la pêche !! Le début du concert, plutôt porté sur les dernières productions de la formation, est conventionnel et nous avons même eu quelques craintes sur la suite des hostilités. Et puis très vite, on a eu droit à des enchaînements de classiques qui nous ont permis de nous déchaîner ! "Come out and play", "All I want", "Staring at the sun", un "Bad habit" grandiose, "Pretty fly" et les autres hits nous ont permis de perdre 20 ans d'un coup pendant une bonne heure et ce fût un bonheur total ! Le final sur "Self esteem" a terminé de nous achever ! Rien de tel pour passer une bonne nuit avant de revenir pour la deuxième journée. The Offpsring aura été pour moi le groupe de cette première journée déjà bien fournie et satisfaisante.

Set-list The Offspring :

  • You're Gonna Go Far, Kid
  • Want You Bad
  • Come Out and Play
  • Coming for You
  • Hammerhead
  • Original Prankster
  • Have You Ever
  • Staring at the Sun
  • All I Want
  • Bad Habit
  • What Happened to You?
  • Hit That
  • Kristy, Are You Doing Okay?
  • Why Don't You Get a Job?
  • Americana
  • (Can't Get My) Head Around You
  • Pretty Fly (For a White Guy)
  • The Kids Aren't Alright
  • Self Esteem

Ein volk, ein reich, ein Lemmy!

Pour cette deuxième journée, le programme est un bon ton en dessous par rapport aux vendredi et dimanche. Cependant, j'attends avec impatience l'hommage à M. Lemmy Kilmister, prévu après la performance de la tête d'affiche du jour, Twisted Sister qui fait sa tournée d'adieu.

Cependant, bien que moins intéressante a priori, il reste de quoi faire, que ce soit devant les scènes ou sur le site. Parce qu'il faut bien reconnaître une chose au Hellfest et qu'on ne retrouve que trop peu ailleurs. Même s'il n'y a pas de groupes qui nous intéressent, on ne s'ennuie pas. Il y a tellement de choses à voir, à découvrir, des stands, des bars, des ambiances différentes, des rencontres (on trouve facilement à qui parler et quand on écume quelques festivals tous les ans, on retrouve facilement d'autres festivaliers déjà croisés), qu'on ne voit pas le temps passer, le tout dans une ambiance super sympa et bon enfant. En tout cas, pour moi, le Hellfest, c'est vraiment ça, un espace où tu as toujours un truc qui t'interpelle. Et puis niveau Extreme Market, il y a de quoi faire. Donc pour moi, cette journée, cela aura été celle où j'aurais fait mes emplettes !! Aussi, petite nouveauté cette année, et qui n'était pas disponible lors de la première journée à cause de l'attirail prévu pour le concert de Rammstein, une tyrolienne a été mise en place devant les Mainstage permettant aux festivaliers de s'envoyer littéralement en l'air tout le long à quelques dizaines de mètres devant les Mainstages ! Pour ce faire, il fallait jouer à un jeu de grattage mis en place par une célèbre boisson énergétique donnant des ailes ! Et franchement, même si nous ne l'avons pas testée, c'était bien fun de voir ces festivaliers traverser le site du Hellfest au-dessus de la fosse des Mainstages !!

Comme peu de choses nous intéressaient vraiment le matin, nous arrivons sur le site en tout début d'après-midi et déjà un dilemme ! Nous voyons très rapidement Glenn Hughes sur la Mainstage alors que nous nous dirigeons vers la Temple pour la performance des allemands de Dark Fortress. Nous laissons donc le chanteur/bassiste anglais interpréter le classique "Mistreated" pour retrouver le sextette de black metal sous la tente. On ne parle pas souvent de cette formation dans le monde du black metal et pourtant elle reste l'une des plus inventive et efficace. On ressent facilement l'influence du black sympho des années 90 dans leurs compositions et la performance de cet après-midi aura été une confirmation de leur réussite. On retrouve tout ce qui fait le succès d'un show de black metal. Dark Fortress a acquis une grande maturité après plus d'une quinzaine d'années d'existence et leur show nous aura littéralement tapé dans l’œil.

Nous revenons un peu plus d'une heure plus tard sous les tentes des scènes extrême pour la formation totalement atypique d'Agoraphobic Nosebleed. Voilà un groupe de tarés dont les performances scéniques se font rares. Pour ceux qui ne connaissent pas, voilà un groupe jusqu'au-boutiste qui joue du grind/death ultra-technique et brutal. Les rythmes sont tellement inhumains qu'ils jouent avec une boîte à rythmes. J'ai possédé un disque du groupe et pour le souvenir de ce délire complet, j'étais curieux de voir ce que cela donnait sur scène. Disons qu'il faut être préparé psychologiquement parce que c'est un peu indigeste. Le groupe se compose de plusieurs chanteurs dont une demoiselle qui possède les vocaux les plus ahurissants du groupe. Avec Agoraphobic Nosebleed, on atteint une nouvelle conception de la création musicale avec des compositions très hachées, certaines franchement trop courtes (quelques secondes), heureusement enchaînées ! Honnêtement, nous n'avons pas tenu tout le concert mais par contre la performance n'a pas manqué d'intérêt et d'originalité ! A petite dose en ce qui nous concerne...

Sans transition, changement total de style avec les anciennes gloires du hard FM, Foreigner. Comme beaucoup, nous ne connaissions que le langoureux slow "I want to know what love is" et donc nous étions curieux de voir ce que ce groupe allait donner sur les Mainstage du Hellfest. A notre grande surprise, le reste du répertoire du groupe est bien plus pêchu que ne l'aurait laissé penser le hit pré-cité. Kelly Hansen, le chanteur, se donne bien à fond sur scène, avec une très bonne communication avec le public, n'hésitant pas d'ailleurs à devenir apprenti-caméraman en subtilisant momentanément l'instrument d'un technicien sur scène ! Certes, cela reste du hard rock très typé années 80, mais loin d'être mauvais ou mièvre ! D'ailleurs, quand ont retenti les notes dudit slow, le contraste avec les autres type bien plus énergiques a été flagrant. Bref, un très bon set qu'on n'attendait pas !

Set-list Foreigner :

  • Double Vision
  • Head Games
  • Cold as Ice
  • Feels Like the First Time
  • Urgent (incl. Black Night snippet)
  • Juke Box Hero
  • I Want to Know What Love Is
  • Hot Blooded

La suite des hostilités nous amène sous la Temple pour un autre changement d'ambiance. Et là, pour le coup, enchaîner "I wanna know what love is" avec le black metal ultra-satanique et bestial d'Archgoat est un exemple frappant de l'éclectisme dont fait preuve la programmation du Hellfest. Et là, les finlandais nous auront délivré une véritable leçon de black metal ultra-malsain. Ce ne sont pas les plus fins ou les plus inventifs, mais qu'est-ce qu'ils sont efficaces ! Archgoat, c'est l'essence du black metal le plus primaire avec une ambiance de mort, et cet après-midi, le trio finlandais n'aura pas déçu ! Un groove présent du début à la fin, une procession macabre et lugubre avec des vocaux d'outre-tombe poisseux et profond. Archgoat nous aura délivré leur messe noire avec maestria, un set énorme, tout simplement ! C'était le groupe que j'attendais personnellement le plus aujourd'hui et je n'ai pas été déçu !

Set-list Archgoat :

  • Invocation
  • Nuns, Cunts and Darkness
  • Lord of the Void
  • Apotheosis of Lucifer
  • Grand Luciferian Theophany
  • Blessed Vulva
  • The Apocalyptic Triumphator
  • Goat and the Moon
  • Goddess of the Abyss of Graves
  • Penis Perversor
  • Day of Clouds
  • Rise of Black Moon
  • Hammer of Satan

Asphyx enchaîne sur la scène d'à-côté, l'Altar, mais rien n'y fait. Autant nous aimons le chant de Martin Van Drunnen sur Hail Of Bullets, autant nous n'arrivons pas à accrocher sur Asphyx. Il garde cependant toujours une super attitude sur scène et ses vocaux si reconnaissables, profonds et bien tarés. En plus, après la performance de choix d'Archgoat, il était difficile d'enchaîner. Et pour nous, Asphyx n'a pas réussi à attirer notre attention plus que cela. Peut-être trop old-school pour nos goûts.

Nous regardons de loin la fin de la prestation de Moonsorrow sous la Temple. Nous ne connaissions pas du tout et nous n'avons pas été emballés plus que cela. Leur folk/metal n'a pas l'air trop alambiqué et est même bien mélodique, mais la performance ne nous aura pas marqués plus que cela.

Ensuite, l'une des petites curiosités du cru 2016, c'était cette reformation des punks français de Ludwig Von 88. Pour le coup, c'est un retour à notre enfance ! Et des nostalgiques, il y en avait devant la Warzone !! Elle a beau avoir été complètement refaite et agrandie, rien n'y fait ! Elle a été à nouveau remplie à craquer ! Il y avait du monde absolument partout ! Et c'est donc de très loin que nous avons pu assister au début de leur set. "Louison Bobet for ever" a eu son p'tit succès au début du set , de même que la reprise version disco de Trust, "Antisocial" ! La boîte à rythmes très old school ainsi que le son de guitare très peu saturé contrastaient carrément avec le reste de la programmation du fest, mais encore une fois, le Hellfest nous propose de l'inhabituel, de l'inattendu et pour le coup ici, du culte de chez culte ! Le public a visiblement apprécié, et nous aussi !

Set-list Ludwig Von 88 :

  • Sur la vie d'mon père
  • Louison Bobet for Ever
  • Guerriers Balubas
  • Mon cœur s'envole
  • Harry Callahan (I Wanna Be a Poulet)
  • Nous sommes des babas
  • Antisocial (reprise de Trust)
  • New Orleans
  • Oui Oui et la voiture jaune
  • Club Med
  • HLM
  • Fistfuck playa club
  • Une minute de bruit
  • Paris brûle-t'il ?
  • Marche
  • Cannabis
  • Come on Boys
  • Sprint
  • 30 millions d'amis
  • Houla la !

Vers la moitié du set des français, comme il était difficile de se frayer un chemin plus proche de la fosse, on a décidé de nous rapprocher des Mainstage où Bring Me The Horizon assénait son néo-metal de facture un peu trop classique. Certes nous ne sommes pas du tout friand de ce genre, mais j'avais du mal à comprendre l'engouement ici tellement les compositions me paraissaient banales. Nous nous sommes demandés pourquoi ce groupe avait la possibilité de se produire à ce niveau, juste avant la tête d'affiche du jour.

Et cette tête d'affiche, c'était Twisted Sister. Je vous l'avoue, nous n'avons jamais été trop fan de la bande à Dee Snider. Certes, il y a bien évidemment quelques hits bien fun, mais dans l'ensemble, ce n'est pas trop notre truc. Le public est cependant au rendez-vous pour les adieux au groupe dont c'est "normalement" la dernière tournée mondiale. Un peu comme la veille, le monde est tel que de là où nous sommes, nous pouvons voir Napalm Death sous l'Altar. Au moins, il était aisé de faire un p'tit tour pour voir Barney s'époumonner sur "Mentally murdered" et autres "Scum" et se rendre compte que l'âge ne les atteint pas, tellement leur performance fut brutale et efficace.

Du côté de la Mainstage, nous avons été un peu déçus. Déjà, nous avons trouvé que le son était un peu faiblard par rapport aux autres groupes qui jouaient sur cette scène auparavant. J'ai trouvé la prestation générale du groupe plutôt mollassonne. Bien sûr, il y a eu les classiques comme "We're not gonna take it" ou "I wanna rock", repris par l'ensemble du public clissonnais. Aussi, vers la fin, le groupe a accueilli sur scène Phil Campbell de Motörhead pour deux morceaux dont le fameux "Born to raise hell" de son précédent groupe. Cela a permis de nous réveiller quelque peu mais dans l'ensemble, la performance fut clairement décevante, manquant vraiment de pêche.

Set-list Twisted Sister :

  • What You Don't Know (Sure Can Hurt You)
  • The Kids Are Back
  • Burn in Hell
  • Destroyer
  • You Can't Stop Rock 'n' Roll
  • The Fire Still Burns
  • We're Not Gonna Take It
  • The Price
  • I Believe in Rock 'n' Roll
  • I Wanna Rock
  • Shoot 'Em Down (avec Phil Campbell)
  • Born to Raise Hell (reprise de Motörhead - avec Phil Campbell)
  • S.M.F.

Ce fût ensuite au tour de l'hommage à Lemmy Kilmister, décédé 6 mois plus tôt presque jour pour jour. Après un petit clip de photos sur écrans géants du bassiste de ses jeunes années à ses dernières apparitions scéniques , on a eu droit à un sublime feu d'artifices le tout sur fond sonore de ses différents groupes (des Rocking Vicars à Motörhead en passant par Hawkwind ou Sam Gopal) avec "Silver machine", "Love me forever" ou bien entendu l'hymne "Ace of Spades" avec en final les lettres d'or "RIP" puis "LEMMY". Phil Campbell est alors ré-apparu sur la Mainstage pour un discours très touchant sur son ancien acolyte et où il ne manque pas non plus de remercier le Hellfest pour cet hommage vibrant à celui qui représente le mieux l'esprit du rock n' roll. Pour clore cet hommage, nous avons eu droit sur écran géant aux 25 dernières minutes du concert que le groupe a donné l'année précédente sur cette même scène. Cela faisait bizarre de revoir ces images quand on faisait partie du public un an auparavant, mais ce fut un vrai plaisir de voir que jusqu'au bout et avec panache, Lemmy a été fidèle au poste. Et quoi qu'on en dise, même 6 mois avant sa mort, Motörhead sur scène, ça défouraillait encore sévère ! Immense merci à l'équipe du Hellfest pour un tel hommage ! C'est vraiment la gorge serrée qu'on décide d'en rester là pour ce samedi avant de revenir pour la dernière journée de cette édition 2016.

Adieux légendaires

Cette dernière journée est vraiment celle que nous attendions le plus. Le programme était tellement alléchant et commençait tôt... peut-être même un peu trop tôt ! Il fut un peu difficile d'émerger à temps pour assister à la performance des français d'Hegemon sur la Temple. Nous avons hélas loupé leur set, mais nous vous encourageons tout de même à jeter une oreille à leur black metal guerrier si vous ne connaissez pas, ça vaut le coup !

C'est donc avec Nightmare sur la Mainstage que notre journée débute. Alors Nightmare, j'avais l'occasion de les voir 16 ans plus tôt (!) lors du Wacken Open Air 2000 sans que je ne suive leur évolution par la suite. Le chant est maintenant occupé par une demoiselle qui se débrouille vraiment super bien avec une très bonne attitude bien metal et des vocaux puissants et justes. Le groupe est bloqué dans le heavy/power metal traditionnel des années 80, mais à aucun moment nous n'avons trouvé leur set has-been. Nous avons été très agréablement surpris. La fin du set a été particulièrement speed et énergique avec en guest Kelly Sundown sur un morceau inédit de Nightmare. La journée débutait bien !

Changement de registre sur l'autre Mainstage avec les américains de Municipal Waste. Je ne connaissais que de réputation et à la vue de leur dégaine, il n'y avait que très peu de doutes à avoir sur ce qui allait suivre. La formation est bloquée dans le thrash metal années 80 à la Nuclear Assault auxquels auraient été greffés des vocaux hardcore. Donc, ça va bien vite, ça n'a pas la lourdeur du hardcore, mais niveau chant, Biohazard n'est pas loin ! Nous ne nous attendions pas à tel mélange et le début de leur set nous a un peu embêtés d'autant plus que les compositions manquaient de l'efficacité qui fait le succès du thrash metal. En fait, assez vite, nous nous sommes rendus comptes que Municipal Waste, c'était surtout fait pour les petites salles qui puent la sueur et pas les grandes scènes sous le soleil à midi ! Et là, quand on a compris ça, la musique passe mieux, même si nous n'avons pas été réellement conquis par leur performance. A revoir dans d'autres conditions plus propices au genre.

Ensuite, nous patientons au calme le temps de bien recharger nos batteries pour la suite car elle sera assez intense ! On revient sur le site pour la performance de The Vision Bleak. Le groupe que j'avais eu l'occasion de voir en première partie de Therion il y a une dizaine d'années, et que j'avais perdu de vue depuis, nous a offert un show vraiment bien ficelé avec de bonnes influences de Rammstein sans le côté visuel et de Type O Negative pour le côté gothique. Les ambiances horrifiques sont plutôt bien retranscrites mais il leur manque vraiment un truc pour vraiment sortir de la masse, mais leur concert fut plaisant et m'a rappelé quelques bons souvenirs.

Nous enchaînons ensuite sur l'Altar avec un groupe que nous ne connaissions pas, Brodequin et là, à nouveau, on a droit à un groupe qui joue avec une boîte à rythmes du death metal ultra-bourrin dans le veine d'Agoraphobic Nosebleed. Mais ici, la différence, c'est que c'est totalement stérile. Leur death metal est ultra-technique et ne laisse pas la brutalité et l'agressivité s'exprimer. On ne comprend rien aux enchaînements et on se fait tout simplement chier. Peut-être aurait-il fallu connaître pour apprécier (et encore, je doute que je puisse supporter un seul de leurs albums en entier !), mais là, en simples novices, nous avons détesté !

C'est la suite des hostilités qui nous intéressait tout particulièrement. Tout d'abord, il s'agissait sur la Temple des polonais de Mgla que l'on retrouve à tous les râteliers depuis quelques mois ! Pas de grosses surprises ici, un set propre et précis, on n'a pas ressenti la même intensité que lors de leur passage au Throne Fest un mois plus tôt, mais ça restait quand même très bon, toujours avec cette mise en scène statique avec cagoules noires et perfecto ! Les polonais ne réinventent rien, mais en terme de black metal, ils ont trouvé l'inspiration pour développer des morceaux assez longs et prenants avec des riffs tout bonnement imparables !

On a alors tout juste le temps de quitter la tente de l'extrême pour retrouver les allemands de Kadavar sous la Valley. Le trio nous joue du hard rock 70's totalement jouissif. Tout chez eux est anachronique, leur musique, leur son, leur production, leurs barbes et leur accoutrement ! Vous cherchez les dignes héritiers de Led Zeppelin, Deep Purple et Black Sabbath ? Kadavar est fait pour vous ! Certes, leur show n'atteignait pas l'intensité de leur précédent passage parisien quelques jours après les attentats, mais la formation possède un groove imparable qui te donne envie de te déhancher et de sauter dans tous les sens !

Sans transition, nous revenons vers la Temple qui prend soudainement un coup de froid avec Taake ! Le groupe de Hoest a cette capacité impressionnante de nous plonger en quelques notes dans les contrées montagneuses et enneigées de Norvège. A chaque fois, on se fait avoir et l'effet est garanti. La formation n'a pas déçu, elle représente l'une des rares actuellement à garder le flambeau bien haut et intact du black metal norvégien des années 90. La set-list a privilégié l'avant-dernier album de la formation, "Noregs vaapen", avec des classiques des norvégiens. Hoest possède un charisme impressionnant sur scène et comme toujours, il vit chaque instant de sa performance. Les 45 minutes sont passées à la vitesse grand V pour un résultat imparable !

Set-list Taake :

  • Nordbundet
  • Du ville ville Vestland
  • Fra vadested til vaandesmed
  • Orm
  • Hordalands Doedskvad, Part I
  • Umenneske
  • Myr
  • Nattestid Ser Porten Vid, Part I

Le timing différent entre les Mainstage et les autres scènes nous permet d'assister aux 2 derniers morceaux de la prestation de Slayer. Il est clair que suite au décès de Jeff Hanneman, les californiens sont l'ombre d'eux-mêmes (que ce soit en studio ou en live) et même "Raining blood" et "Angel of death" nous ont laissé de marbre. Tom Araya a des problèmes pour garder son chant intact et le rendu manquait grandement de groove. Cette petite dizaine de minutes nous a conforté dans l'idée d'avoir choisi d'aller voir Taake à la place !

Nous reprenons un peu nos esprits avant de revenir vers les Mainstages pour la fin de cette édition du Hellfest. C'est donc avec Megadeth que débute cette dernière ligne droite. Sans trop de surprises et dans la même veine que lors du Download, on assiste à un show très pro de la bande à Dave Mustaine avec un Dirk Verbeuren particulièrement en verve derrière ses fûts et un Kiko Loureiro content d'être là. Donc pour faire simple, les nouveaux venus sont les plus convaincants sur scène alors que Dave et David sont en pilotage automatique. Leur set aura véritablement manqué de passion et nous aurons même trouvé Mustaine peu impliqué. Et ce dernier qui ne manque pas de toupet en demandant au public de se réveiller ! Sacré Dave, toujours le mot pour rire !! Pour le reste, heureusement que nous avons quelques "Sweating bullets", "Peace sells" et bien évidemment "Holy wars" qui nous permettent de passer de bons moments. Et puis bon, c'est clair, les titres du dernier album ne passent vraiment pas l'épreuve de la scène !

Set-list Megadeth :

  • Prince of Darkness
  • Hangar 18
  • The Threat Is Real
  • Tornado of Souls
  • She-Wolf
  • Post American World
  • Sweating Bullets
  • Poisonous Shadows
  • Trust
  • Dystopia
  • A Tout Le Monde
  • Fatal Illusion
  • Symphony of Destruction
  • Peace Sells
  • Holy Wars... The Punishment Due

Ghost investit ensuite la Mainstage 2 avec tout son décorum. Le groupe a acquis une popularité grandissante ces derniers mois, depuis la sortie de leur dernier album en date, "Meliora", et le public est en nombre pour leur set. Les suédois ont sorti le grand jeu avec une grosse mise en scène de leurs morceaux, un défilé de religieuses, des chœurs d'enfants, bref tout est fait pour mettre une ambiance mystico-satanique de pacotille digne des films de la Hammer. Papa Emeritus s'est lui aussi mis sur son 31, abandonnant au début du set sa cape pour un costume tiré à 4 épingles en noir et blanc dans un style années 50, que nous avions déjà vu une semaine plus tôt au Download. Le problème ici, c'est déjà que le groupe a beaucoup évolué depuis sont premier album et pas forcément dans le bon sens pour nos goûts. La formation a mis beaucoup d'eau (bénite ?) dans son vin avec une set-list très calme et axée sur les titres les plus pop de son répertoire (aucun titre du premier album ne sera interprété) et deuxièmement, le rythme du concert aura été super chiant, avec des blancs et des transitions interminables entre les morceaux. Pour faire simple, on s'est clairement ennuyé pendant l'heure qu'aura duré leur set.

Les voilà enfin !! Pour le coup en ce dimanche soir, l'excitation est à son paroxysme ! Certes, nous avions déjà vu Black Sabbath au même endroit, au même moment du festival deux ans plus tôt, mais là, le quatuor de Birmingham fera ses adieux scéniques sur le sol français lors de cette dernière journée du Hellfest 2016 !! Et là, c'est caviar ! Certes le poids des ans se lit sur les visages d'Ozzy, Geezer et Tony. Certes les trois musiciens ne bougent quasiment plus sur scène. Oui, la maladie de Tony l'a énormément usé ces derniers mois. Mais les voilà devant nous une dernière fois pour 1h30 d'un show impeccable. Il ne remplacera pas mon premier concert du groupe, mais quelle classe ! Et quelle set-list !! Elle sera focalisé sur les 4 premiers albums (entre 1970 et 1972) du groupe avec en plus, la petite surprise du chef, un "Dirty women" phénoménal datant de 1976. Pour le reste, que des grands hits avec une classe monumentale ! Je n'arrive toujours pas à comprendre ceux qui critiquent les qualités vocales d'Ozzy tant elles sont toujours d'un très bon niveau. Quel pied de voir le groupe monter sur scène pendant les bruits de pluie de leur tout premier morceau "Black Sabbath" ! Tout de suite, je me suis retrouvé plus de 20 ans plus tôt dans mon adolescence quand j'ai découvert ce morceau quand j'ai mis pour la première fois la compilation "We sold our soul to rock n' roll" ! 1h30 hors du temps avec du rythme, de la classe et surtout de la puissance (pour le coup, Tommy Clufetos est un choix particulièrement judicieux derrière les fûts, et son solo de batterie sur "Rat salad" en aura mis d'accord plus d'un !). Le final sur "Paranoid" aura laissé quelques traces nostalgiques sur nos visages. Mais aussi, bien que le concert ait été une réelle réussite, nous comprenons la volonté du groupe d'arrêter ces tournées éreintantes. On sent le groupe vraiment fatigué par toutes ces années d'excès en tout genre. Merci encore pour tout Messieurs, merci pour tous ces moments et cette musique intemporelle !

Set-list Black Sabbath :

  • Black Sabbath
  • Fairies Wear Boots
  • After Forever
  • Into the Void
  • Snowblind
  • War Pigs
  • Behind the Wall of Sleep
  • N.I.B.
  • Rat Salad
  • Iron Man
  • Dirty Women
  • Children of the Grave

rappel :

  • Paranoid

Et ce n'est pas fini !! La fatigue se fait sentir et c'est bien le seul bémol à cette fin de festival vraiment grandiose, parce que pour clore les hostilités, King Diamond a la lourde tâche d'enchaîner sur la deuxième Mainstage pour un show spécial incluant un best of de ses meilleurs titres, "Melissa" et "Come to the sabbath" de Mercyful Fate puis l'album "Abigail" dans son intégralité ! Et là encore, quelle classe ! Le Danois est à nouveau venu avec un décor très travaillé, des lumières et drapures permettant de retranscrire les différentes atmosphères de ses morceaux. On retrouve plus ou moins la mise en scène présente au même endroit il y a 4 ans. Et musicalement, c'est à nouveau du très haut niveau. L'interprétation est optimale avec des vocaux toujours aussi incisif et haut perchés. Cette édition 2016 se conclut de la plus belle des manières avec peut-être les deux meilleurs sets des 3 jours !



Conclusion : un cru particulièrement bon !

On se répète chaque année, mais le Hellfest s'impose année après année comme un festival exceptionnel, autant par la programmation, par les conditions d'accueil que par l'organisation de l'événement. C'est une immense chance d'avoir ce festival nous permettant à ce point de profiter d'un grand week-end totalement dédié aux musiques extrêmes. Quelle qualité et quelle diversité dans les groupes proposés ! Nous avons pu voir année après année les améliorations réalisées sur le site pour un confort toujours plus grand. Nous ne pouvons que féliciter et remercier les organisateur pour le travail titanesque qu'ils réalisent chaque année. Le bilan musical est lui aussi extrêmement positif avec un qualité d'ensemble vraiment très haute. Bien évidemment, nous garderons en tête l'immense Black Sabbath pour un concert d'adieu fabuleux. King Diamond, The Offspring, Taake, Archgoat et Vader nous auront aussi fait forte impression ainsi que le show hollywoodien de Rammstein même si nous l'avons vu de loin et seulement en partie. Aussi, ce que l'on observe ces derniers temps, c'est que les groupes légendaires des années 70 commencent petit à petit à tirer leur révérence. Motörhead et Mötley Crüe l'année dernière, Black Sabbath et Twisted Sister qui sont sur leur dernière ligne droite (et je ne pense pas que ce soit de faux adieux, surtout pour les premiers cités). Il n'y aura pas encore beaucoup d'occasions de voir ces légendes sur scène encore longtemps. Il faut en profiter et ne pas bouder ces opportunités parce qu'une fois partis, nous n'aurons que nos yeux pour pleurer ! Encore merci au Hellfest de nous proposer ces affiches ! Nous avons tellement hâte d'être au mois de juin de l'année prochaine pour la 12ème édition du festival !

Mots clés : festival, Hellfest, Nicko, concert, black metal, death metal, hard rock, metal industriel, heavy metal, thrash metal, stoner, punk, hardcore, rock et Clisson

Dernière mise à jour du document : dimanche 31 juillet 2016

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