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The Residents › Tweedles!

cd • 16 titres

  • 1Dreams 3:50
  • 2Almost Perfect 4:04
  • 3Mark Of The Male 2:14
  • 4Life 3:35
  • 5Isolation 4:17
  • 6Stop Signs 6:04
  • 7Elevation 4:51
  • 8Forgiveness 1:29
  • 9Insincere 2:06
  • 10The Perfect Lover 3:30
  • 11Brown Cow 5:18
  • 12Sometimes 3:07
  • 13Ugly (At The End) 3:19
  • 14Keep Talkin' 3:47
  • 15Shame On Me 6:45
  • 16Susie Smiles 2:36

extraits vidéo

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remarques

Existe en format standard et en Digibook avec des artworks et des textes supplémentaires.

chronique

Noooon ! Assez ! Les Residents et le cirque dans le genre combinaison indigeste, cela se pose là ; comme un gâteau camembert-chocolat saupoudré de cocaïne. On y avait eu droit avec leur Freak Show, et voilà qu'ils remettent le paquet avec les aventures d'un pervers sexuel qui rêvait d'être un clown. Regardez bien la pochette. Maquillage ? Las ! C'est sa bite et ses couilles, grotesquement peinturlurées ; "une belle grosse queue" comme dirait Tyler Durden, avec un nez rouge au bout du gland. "I'm gonna tell you my clown name... are you ready? TAA TAA! Presenting THE GREAT TWEEDLES! Cool, huh? You see when I was a kid, my brother and me, we used to called 'em our tweedles... our dicks, that is. We called 'em our tweedles... so, THE GREAT TWEEDLES!!" Quel programme ! Et c'est lui dont nous allons suivre une heure durant les aspirations secrètes, les désirs les plus profonds (sic), les secrets et les regrets. Un lecteur avait écrit quelque part qu'écouter les Residents lui faisait l'effet d'entrer dans la tête d'un psychopathe ; c'est ici précisément le cas. En utilisant ce personnage immoral et antipathique, le groupe libère la négativité humaine de ses restrictions et, tel dans les dessins pervers du schizophrène paranoïaque Roland Claude Wilkie, les images débridées se forment dans notre esprit à travers les monologues percutants de ce vampire moderne. La qualité des textes est remarquable et j'aurais presque envie de vous les citer ligne par ligne. On pense parfois à It-Clings si ce dernier avait un quelconque recul (et talent) dans sa prose d'adolescent, avec une pointe d'ironie et d'auto-dérision qui rend parfois le personnage de Tweedles désagréablement sympathique. La musique revisite d'anciens thèmes des Residents, remixés avec talent mais sans grande prise de risque. C'est sur une trame rappelant vaguement un cabaret orchestral (avec la participation de l'orchestre de film de Bucharest sur certains titres, renforcant cette image) que se déroule l'album, avec une production plus ample et professionnelle qu'à l'accoutumée, le groupe, semble-t-il, ayant emprunté le studio d'un ami en République Tchèque pour enregistrer le disque tandis que le leur était en réparation. L'histoire se suit donc à nouveau comme un spectacle glauque, frôlant par moments l'ambiance de chez Lynch ('Elevation', 'Brown Cow'), souvent parlé, parfois chanté ou encore accompagné de ce choeur étrange qui, tels des petits angelots omniscients, sont venus rythmer les histoires des Residents depuis Freak Show. Après leur série de RMX au début du millénaire le dub et le trip-hop sont aussi venus poser leur marque, comme sur la rythmique Techno-Animalesque de 'Life'. Plus impressionnant, le 'Keep Talking' monté comme une garde à vue musclée, confrontant Tweedles à une histoire rocambolesque (et sexuelle) dans laquelle il s'est empêtré ; enchaîné à un intense et sinistre 'Shame on Me' en différentes parties et s'achevant sur un choeur féminin chantant la morale de l'histoire. Nous sommes à nouveau confronté à la solitude d'un individu marginal et heureux de l'être (l'est-il vraiment ?...) dont les ambitions sont telles qu'il est difficile de trouver un véritable angle d'attaque pour apprécier la portée du disque. Certes, les Residents s'écoutent toujours les dents serrées, mais ils donnent ici libre cours à un tel déferlement de misogynie et de nihilisme qu'il est difficile d'apprécier (sinon de constater) le moindre effort de rédemption de la part de Tweedles. Peut-être en paie-t-il le prix par sa grandissante solitude ? En tant que one-shot le disque est une réussite mais il ne nous portera pas plus loin dans la complexité de la psyché humaine que ne l'a fait God in Three Persons ou The Gingerbread Man ; et la musique bien que solide manque un peu d'ambition hors-normes, surtout après les décennies d'excentricités qu'on leur connaît.

note       Publiée le samedi 10 mars 2012

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Winslow › dimanche 8 mai 2016 - 22:50  message privé !

Un peu longuet sur le finish non (seul Sometimes parvient un tant sois peu à sauver les meubles)? Le charme des premiers morceaux passé je trouve qu'on décroche rapidement. On ne reste pas sur sa faim, on fait une overdose.

Note donnée au disque :       
A.Z.O.T › dimanche 11 mars 2012 - 16:35  message privé !

Très bon album, très prenant et facile à comprendre, la pochette complète l'ambiance.

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › samedi 10 mars 2012 - 23:45  message privé !
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mauvais je ne sais pas, redondant certainement.

saïmone › samedi 10 mars 2012 - 18:12  message privé !
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C'est quand même le groupe malsain ultime, alors que les types sont ce qu'il y a de plus strict opposé à la faune locale. Dommage que le disque soit mauvais (aucune accroche - lol - et oui, tellement en dessous d'avant !) ; le suivant, Bunny Boy, est bien meilleur (quoiqu'en live c'est à pleurer...)