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Tom Waits › Real gone

  • 2004 - Anti, 6678-2 (1 cd digipack)

15 titres - 72:04 min

  • 1/ Top of the hill
  • 2/ Hoist that rag
  • 3/ Sins of the father
  • 4/ Shake it
  • 5/ Don't go into the barn
  • 6/ How's it gonna end
  • 7/ Metropolitan guide
  • 8/ Dead and lovely
  • 9/ Circus
  • 10/ Trampled Rose
  • 11/ Green grass
  • 12/ Baby gonna leave me
  • 13/ Clang boom steam
  • 14/ Make it rain
  • 15/ Day after tomorrow
  • 16/ piste càchier

enregistrement

Produit par Waits/Brennan, enregistré et mixé par Mark Howard.

line up

Les Claypool (basse), Harry Cody (guitare, banjo), Brian "brain" Mantia (percussions), Marc Ribot (guitares, banjo), Larry Taylor (basse), Casey Waits (batterie, percussions, platines), Tom Waits (voix, guitares, percussions, chamberlain, shakers)

Musiciens additionnels : Mark Howard (claps [4]), Trisha Wilson (claps [4])

chronique

Inégal, et fondamentalement décevant. Voilà mon humble et anodin avis sur "Real Gone". Et puisque qu'une chronique, contrairement à ce que certains internautes ont l'air de penser, n'est qu'un avis perdu parmi les autres qui ne saurait prétendre à l'objectivité, allons droit au but : ce disque est vraiment super chiant. Pourtant je pense le connaître le bonhomme, j'y suis rompu, et puis c'est vrai : une majorité de ces nouvelles pièces signées Waits est bonne; "Real Gone" présente de fait une importante collection de pièces mélancoliques inspirées, à la Tom Waits, où culminent "sins of the father", "green grass" ou "trampled rose"... seulement voilà : le disque souffre du syndrôme Clang-Boom-Steam. Clang Boom Steam, ce n'est pas simplement la piste 13 de ce disque longuissime (72 minutes), c'est l'incarnation de ce qu'il a d'horripilant. Ce petit titre de 40 secondes est une sorte blues primitif et lent, jusque là ça va, dans lequel Tom Waits gueule sans charme, c'est déjà un souci, sature sa voix (le résultat est juste pénible), pratique la percussion vocale simpliste à coup de "boom" et de "clang" surmixés et sursaturés (on entre dans le franchement relou), le tout sans le moindre petit frisson ni mélodique, ni harmonique, ni groovesque, ni étrange, ni émotionnel, ni... rien. Même s'il semble tristement évident que l'objectif est celui-là : on n'est ni dans "Kommienezuspadt", ni dans "What's he building in there"... et même si ce "Real Gone" se situe esthétiquement entre les deux monuments "Bone Machine" et "Mule variations" : il n'en atteint les fascinantes mystiques qu'en de très très rares occasions. CLANG!! BOOM!! KABOOM!! "CLAANNGG!!"... Tom Waits en fout partout, n'importe où, sature tout ce qui passe et dissonne à outrance. "Top of the hill", "shake it", "metropolitan guide", "baby gonna leave me"... il se vautre dans la caricature. Parce que le bonhomme qui fait des "kaboom keclang ketchiss kaboom kaboom keclang ketchiss" déchirés de saturation et mixé devant tout le reste comme si cela pouvait suffire à provoquer un groove violent et imparable, quand par ailleurs la moitié des compos ne sont que des dissonnances convenues du style "t'as vu comme je suis barré?" qui ne provoquent ni malaise, ni étonnement, ni curiosité, juste l'ennui s'il elles n'avaient été en plus réhaussées de la touche "Clang boom steam", qui les rende tout simplement insupportables... et bien c'est très, très, très pénible. Si Tom Waits est un des plus grands maîtres de la déformation, il a fini, sur une partie de ce disque en tout cas, par en oublier le préambule : trouver quelque chose à déformer. Et puis pourquoi hurle-t'il autant? Tout le temps? Et qu'est-ce qu'il a cherché à faire avec cette saturation ultra crue, systèmatique et aggressive dans laquelle tous les sons se désagrègent après nous avoir bêtement dérangé? Le pompon c'est la piste cachée, la 16ème : 1 minutes 10 de Clang-Boom-Steam, parce qu'après le docile et agréable "day after tomorrow", faut bien montrer que quand même : on est d'abord des gros dérangés débordant de groove. Et bien non... et moralité : on n'a pas envie de sauver le reste. Le reste, ce blues mélancolique et imbibé, enluminé de country et de jazz, Tom Waits nous en a déjà tellement servi du sublime, qu'on ne voit pas pourquoi on irait le chercher sur ce disque, au milieu des chardons. Ce disque, je l'ai tellement écouté, vieux routier du Tom Waits persuadé qu'il finirait, un jour, par se dévoiler comme les autres. Je me suis tellement forcé qu'il a fini par me fatiguer du bonhomme tout entier. Je trouve ce disque surfait, facile, prétentieux, et je doute même de la sincérité de l'artiste qui, me semble-t'il, ne cherche ici qu'à s'adonner au culte, totalement légitime, dont il est l'objet. " CLANG! BOOM!! T'as vu comme j'en ai rien CLANG!!à foutre de séduire tellement CLANG!! KABOOM!! je suis barré et dans mon trip?"... ouai j'ai vu, Tom, j'ai vu...

note       Publiée le lundi 19 janvier 2009

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SEN › mardi 6 décembre 2011 - 19:04  message privé !

Moi il parle véritablement cet album, bien plus que son dernier enregistrement "Bad as me" qui est une vrai déception... Allez, on va pas chicaner : il mérite ses 6 boules !

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saïmone › jeudi 17 décembre 2009 - 12:58  message privé !
avatar

Ca me rappelle ce titre sur Soul of a Man, qui réussi à la fois à sonner Waits et Johnson

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Reflection › mardi 15 décembre 2009 - 22:11  message privé !

Hoist that rag, Hoist that rag ! Quand même ! Et ce Solo de gratte absolument génial ! Ribot is GOD.

Potters field › jeudi 22 janvier 2009 - 12:21  message privé !

sins of father ou don't go into the barn sont quand même deux titres qui tuent tout. et pis, ribot's return quoi...

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Nerval › mercredi 21 janvier 2009 - 12:35  message privé !

Oui enfin ce n'était pas à prendre au sens littéral

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