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Tom Waits › Bad as Me

  • 2011 - Anti, 7177-2 (2 cd digipack)

cd | 13 titres | 44:44 min

  • 1 Chicago
  • 2 Raised Right Men
  • 3 Talking At The Same Time
  • 4 Get Lost
  • 5 Face To The Highway
  • 6 Pay Me
  • 7 Back In The Crowd
  • 8 Bad As Me
  • 9 Kiss Me
  • 10 Satisfied
  • 11 Last Leaf
  • 12 Hell Broke Luce
  • 13 New Year's Eve

cd bonus édition limitée | 3 titres

  • 1 She Stole The Blush
  • 2 Tell Me
  • 3 After You Die

line up

Marc Ribot (guitare), Casey Waits (batterie), Tom Waits (chant, guitare, piano, percussion, banjo, tablas, harmonium), Clint Maedgen (saxophone), Dave Hidalgo (guitare, violon, percussion, accordéon, basse, chœurs)

Musiciens additionnels : Les Claypool (basse), Flea (basse), Chris Grady (tp) (trompette), Dawn Harms (violon), Charlie Musselwhite (harmonica), Keith Richards (guitare, chant), Gino Robair (percussion, vibraphone), Larry Taylor (guitare, basse), Will Bernard (guitare), Ben Jaffe (trombone, clarinette basse, tuba), Zack Summer (basse), Marcus Shelby (basse), James Whiton (basse), Patrick Warren (claviers), Augie Meyers (orgue Vox, piano, accordéon)

chronique

Styles
blues
ovni inclassable
rock
Styles personnels
tom waits inc.

Papy La Grogne, qui sonne ironiquement plus que jamais ivrogne depuis qu'il est sevré du pousse-café (ça remonte à quoi - dix, vingt, trente ans ? D'façon ce mec n'a jamais eu d'âge) revient nous pomper l'air avec ses blues d'aristochat pseudo-clochard... On est déjà fatigué rien qu'en voyant la pochette avec ce rictus à la Whoopi et ce titre tout moisi... Mpffff... Badaboum ! Démarrage en trombe, façon course-poursuite cartoonesque, avec ce "Chicago" mué par un feeling Foetus-Cop Shoot Cop pas dégueulasse, comme un clin d'œil à une progéniture farouche. Poum-poum : enchaînement sans temps mort avec l'âcre-hocheur "Raised Right Men"... Vlaom, glissement habile vers une ambiance à la Lynch-Wenders sur "Talking at the Same Time" et son grain de vieux film enfumé (Jarmouche ?)... Et puis Papy Graou-Grognou enfile les nippes du King, y "wanna go get lost", et tout coule comme une glaire parfaitement moulée dans le gosier. Très vite on pige le principe de Bad as me : dérouler la crémerie sans chichi, parfois un peu trop calé en pilote rototomatique, mais ne dérouler que du bon, même si les passages les plus matelots à la Pogues d'hospice ("Pay me", "New Year's Eve") ou ceux qui forcent un peu trop le grain "jazz-bar en noir et blanc" ("Kiss me") auront raison des allergiques. Pur bastringue-contrôle. Aucune envie d'expérimentation avant-gardiste ou quoi que ce soit de nouveau ou surprenant (on a passé l'âge de ces fariboles) : Tom Waits fait du Tom Waits, du Tom Waits compassé et compacté, à l'os, au plus près de l'outillage artisanal, avec l'aisance crâneuse des vioques. Chaque raclement de cette gorge forgée au Pappy Van Winkle est plus calibré que le milliardième big mac. La fanfare s'affaire as usual, touffue mais sans excès de nawak. Les musiciens savent saucer les rognons. Y a sûrement Ribot dans un coin, fidèle au poste, si si, je l'entends, comme dans ce Tricky, peut-être même plus que les invités de marque. L'horlogerie est millimétrée à coups de poings. On est à la maison, Papy Waits régale ! Installez les enfants dans la machine à laver, entrechoquez les chopines : ça va swinguer en tenue de Mister Hyde, danser des slows tout seul en dégueulant sur l'épaule de sa partenaire, chanter des blues - car c'est ce qu'on fait le mieux, des blues, à écouter très fort en rôdant dans la nuit noire comme un loup-garou en chien... Le spleen toujours bossu, la gueule toujours de traviole pour beugler ses quatre vérités au muet d'en haut, engueuler la Lune, tomber dans des fossés plein de lucioles... Bad as Me ne sert à rien dans la discographie de Tom Waits, n'ajoute rien d'indispensable, ne change rien. Mais Bad as Me s'écoute tout seul, avec une banane non feinte, comme un best of du late Tom 100% constitué d'inédits aux tronches de classiques. C'est bien simple : j'ai l'impression d'avoir déjà entendu tous les morceaux de cet album, sans exception. Dans des films avec des gangsters qui traînent avec des putes, ou dans plein de ses albums précédents, ceux des années 80, 90... Ah, je précise que c'est un compliment, hein, mais y avait-y besoin ? On tient, ex-æcquo avec le tubulaire Mule Variations, l'album le plus facile de Papy La Grogne depuis Bone Machine (dont la rustre et belliqueuse "Hell Broke Luce" semble tout droit sortie). Et une auto-parodie autrement plus commode que le fatiguant Real Gone. Le disque d'un vieux butor qui fait ce qu'il sait faire, ni plus ni moins : fabriquer des chansons cabossées. Concasser et fracasser. Et chouiner, quand il est épuisé. Parce qu'il s'appelle Tom Waits et qu'il sait rien faire d'autre.

note       Publiée le mercredi 14 août 2019

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Raven › jeudi 15 août 2019 - 00:28  message privé !
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Olive ?

Note donnée au disque :       
born to gulo › mercredi 14 août 2019 - 17:45  message privé !

Qu'est-ce qu'il attend, Tom, au fait ? On le sait, depuis le temps ?

Raven › mercredi 14 août 2019 - 17:36  message privé !
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"Hey, what didiou expect ?"

Note donnée au disque :       
born to gulo › mercredi 14 août 2019 - 16:52  message privé !

Du Tom Waits tel qu'on l'attend, en somme ?