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Tom Waits › Frank's wild years

  • 1987 - Island, 842 357-2 (1 cd)

cd | 17 titres | 56:27 min

  • ACT I
  • 1 Hang on st. Christopher
  • 2 Straight to the top (rhumba)
  • 3 Blow wind blow
  • 4 Temptation
  • 5 Innocent when you dream
  • 6 I’ll be gone
  • 7 Yesterday is here
  • 8 please wake me up
  • 9 franks theme
  • ACT II
  • 10 More than rain
  • 11 Way down in the hole
  • 12 Straight to the top (Vegas)
  • 13 I’ll take new york
  • 14 Telephone call from istanbul
  • 15 Cold cold ground
  • 16 Train song
  • 17 Innocent when you dream (78)

enregistrement

Produit par Tom Waits. Enregistré par Danny Leake et Biff Dawes, mixé par Biff Dawes. Enregistré aux Sunsed Sound, Los Angeles, Sunset Sound Factory, Los Angeles, Universal Recording Corp., Chicago.

line up

Jay Anderson (basse), Michael Blair (batterie, conga, glockenspiel, percussions, marachas, marimba), Ralph Carney (saxophone, cor baryton, violon), Greg Cohen (cor alto, Leslie bass pedal, cor alto, basse), David Hidalgo (accordéon), Marc Ribot (guitare, banjo), Jeff Morris Tepper (Morris Tepper) (guitare), Francis Thumm (pump organ, piano préparé), Tom Waits (voix, optigon, conga, pump organ, guitare, melotron, tambourin, coq), William Schimmel (Leslie bass pedals, pump organ, piano, accordéon, coktail piano), Laru Tailor (upright bass, basse)

Musiciens additionnels : Angela Brown (choeurs [11]), Leslie Holland (choeurs [11]), Lynne Jordan (choeurs [11])

chronique

Alors… où en est-il notre Tom ? Ou plus précisément : qui est-il exactement, en cette année 1987 ? Après le glissement délirant de «Swordfishtrombones» et son parfait successeur «Rain dogs», l’artiste va-t’il s’enfermer, prisonnier de cet étrange et sublime univers difforme sorti de Tod Browning et Lynch réunis, dans lequel il semble être tombé tout à coup ? Réponse, en demi-teinte, avec ce «Frank’s wild years». En reprenant comme titre d’album celui d’un morceau de «Swordfishtrombones», le moins que l’on puisse dire c’est que Tom Waits ne cherche pas à s’extraire de ce nouveau théâtre musical dans lequel, désormais, il a décidé d’évoluer, et dans lequel il dirige tout. Plus précisément, il a même décidé de l’approfondir. Pas de doute visiblement, l’artiste s’est bel et bien trouvé en terme de vocabulaire, il a fait exploser les barrières des genres dans lesquels il voulait, mais en toute liberté, travailler, le blues, le jazz et les transes néo-orléanaises, et de plus en plus avant, la musique foraine, les ambiances de cirque, les fanfares incongrues. L’album prolonge ces mélodies zinzins, ces rythmes qui se cassent la gueule comme un homme trop bourré, ou un corniste perdu sous le poids de son instrument. Mais Tom Waits, sur le fond comme la forme, commence à révéler une nouvelle ambition. «Frank’s wild years : un operachi romantico in two acts » précise la pochette : la première eût lieu à Chicago le 22 juin 1986. Tom Waits ne fait plus des recueils de morceaux, aussi hallucinants soient-ils, il fait désormais des albums clos, des objets artistiques globaux et cohérents. Il va donc commencer dès ce « Frank’s wild years » a travaillé son son en esthète exigeant plus qu’en Géo Trouvetou. Ici, guidé par un concept narratif, Tom Waits signe son album le plus homogène à ce jour avec «Closing time», le plus soigné. L’unité est trouvée dans la prédominance des mélodies nostalgiques à l’accordéon, au cornet, aux sax et trombones bien sûr, dans le voile de fête foraine qui enveloppe l’atmosphère années 20 de cette histoire bizarre, dans un traitement récurrent de la voix passée au transistor, nasillarde et perçante, dans la finition de chacun des sons qui ne sont plus si éloignés les uns des autres et commencent à se rejoindre à l’aide d’une production luxueuse et d’une approche d’arrangements plus sobre, surtout comparés à la merveilleuse primeur des innombrables sons des deux chefs-d’œuvre précédents. L’album est plutôt calme, beau et tempéré, les rythmes les plus soutenus font tranquillement onduler de la nuque tandis que la majorité des pièces nous convie plutôt au spectacle, que sur une piste de danse. Plus sage aussi, toujours capable de nous faire chialer avec trois sous (Innocent when you dream, Cold cold ground, train song), il laisse volontiers la place à quelques pièces de genre, jazz et rhumba, et bien que Tom Waits ai définitivement franchi le cap du commun pour ne plus faire entendre que du saugrenu, ce «Frank’s wild years» repose, après les deux feux d’artifice passés. Annonciateur dans la forme de ses travaux concepts avec Brooks et Burroughs «The black rider», ou «Alice» auquel il est seul à possèder une atmosphère comparable, signifiant dans le son que l’homme a décidé d’œuvrer vers le parfait et la complétude, il a décidé de créer un véritable style, annonçant «Bone machine», «Mule variations» et «Blood money», de s’adjoindre de plus en plus le talent de sa compagne dans l’écriture des compositions, Kathleen Brennan, «Frank’s wild years» n’en demeure pas moins le troisième album d’une période qui s’achève : celle de l’émerveillement, de la découverte extatique. Tom Waits va maintenant devenir de plus en plus exigeant, et ( oui c’est encore possible ! ) sa musique avec lui. «Frank’s wild years», un peu entre-deux, est une excellente porte d’entrée au délire du grand Waits.

note       Publiée le dimanche 6 avril 2003

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Potters field › jeudi 31 janvier 2008 - 12:07  message privé !
je re-écoute la version de way down the hole qui figure sur healing the divide, avec le kronos quartet. putain quelle tourte...
Ayler › vendredi 14 septembre 2007 - 15:37  message privé !
Prolongement des deux albums précédents pourtant pas facile aux premières écoutes : Tom Waits ne se contente pas de recycler l'univers qu'il a créé. Magnifique là encore.
Note donnée au disque :       
saïmone › dimanche 1 février 2004 - 17:03  message privé !
avatar
Un de Waits que j'aime le moins avec Mule Variations et Black Rider...Je ne sais, je trouve qu'il part en couille trop souvent, et puis il est trop proche des deux précédents opus...normal pour une trilogie...mais ne dit-on pas d'une trilogie que le 3e est toujours le moins bien ? Swordfish était fabuleux, Rain dogs était très bon, Frank's wild Years est moyen...