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Voivod › Angel Rat

cd • 12 titres • 44:06 min

  • 1Shortwave Intro00:26
  • 2Panorama03:14
  • 3Clouds in My House04:48
  • 4The Prow03:50
  • 5Best Regards03:51
  • 6Twin Dummy03:07
  • 7Angel Rat03:46
  • 8Golem04:47
  • 9The Outcast03:19
  • 10Nuage Fractal04:00
  • 11Freedoom04:42
  • 12None of the Above04:16

enregistrement

Produit et enregistré par Terry Brown, Metalworks Studios, Canada.

line up

Michel Langevin (batterie), Snake ([Denis Bélanger] chant), Denis D'Amour (guitare, claviers)

Musiciens additionnels : Jean-Yves Thériault (basse, claviers), Ray Coburn (claviers), Ivan Doroschuk (claviers).

remarques

Sorti en cd, vinyle, cassette. Rééd. cd par Metal Minds en 2011. Illustration par Michel Langevin.

chronique

Dire que ça m’a fait drôle d’écouter ce disque, c’est pas peu dire... le choc quand même ! Cette impression d’avoir un tout nouveau tout lifté Voivod sur beaucoup de points... 2e album chez feu MCA, c’est à dire sur une major, Angel Rat c’est un virage, ou une épingle à cheveux : il n’en reste plus que trois, ils signent maintenant de leur nom à l’état civil, ils ont des tronches plus sorties sur photo des sixties LSD que des eighties cuir et clou, donc finito terminato le punk, plus une seule goutte. Bienvenue au hard rock de l’espace encore, un peu. Le morceau d’entrée c’est du Motörhead période Robertson mais en encore plus pop, et ce « Panorama », avec « The Prow » feront partie des standards du groupe, et sont, faut le reconnaitre, des méga hits, épurés de toute complication, avec des refrains catchy comme pas deux, et cette voix du Snake, pardon de Denis Bélanger qui s’est maintenant tellement adoucie qu’on a l’impression d’écouter un groupe de reprise de Pink Floyd qui s’essaye à des compos originales. Donc, je dis pas, ces tubes, OK. Mais alors le reste a tendance à me gonfler les aéroglisseurs parce que souvent bien trop clairs, bien trop beaux, trop collés au hard rock prog AOR sur les bords, trop convenu pour me dire « tiens je vais décoller au loin avec mon Voivod ». Vraiment à part dans leur discographie pour moi, Angel Rat c’est mon dédaigné quand je veux m’en envoyer un aussi sec, juste derrière le Negatron des familles, parce qu’il me chagrine. Il me crée du manque. C’est vrai, on est des moutons, tous, des fois, et c’est pareil pour moi : je veux MON Voivod. Comme je veux mon Morbid Angel, mon AC/DC ou mon Guns n’ Roses, c’est à dire celui qu’il faut, pas l’autre qui s’est essayé à faire autre chose que ce à quoi on s’attend. Et même : cette expression lissée me lasse, à l’image de l’illustration qui sort des voivoderies habituelles pour nous balancer du bleu violet de partout avec des pirates « of the seven seeeeeeeeeeeeeeeeeeeeas » ; oui, vous l’avez dans la tête maintenant, et c’est ça qui est bien avec Angel Rat, ce sont les tubes, et ces moments, parsemés de ci de là, qui ressembleront à du proto progo grungeo psychédélico type Jane’s Addiction ou Meat Puppets vraiment plaisants ; le reste sera un peu goret à m’envoyer, c’est sucré, c’est doux, c’est un peu gavant, c’est comme écouter par exemple des groupes de prog que je n’aime pas, je ne donnerai pas de nom, comme ça vous mettrez ceux que vous voudrez comme référence... il me manque ma dose d’angoisse en fait ; des regards absents de droïdes maniaco-dépressifs ; des chambres capitonnées à N dimensions, hantées par des utopies fracassées sur l'autel du complexe militaro-industriel ; des bombes biomécaniques, des golems de plastique faits musique, moins « obscured by clouds », plus « Voivod » enfin - même si les thématiques insufflées ici sont toujours aussi fantastiques mais, quoi, il manque la lettre à l’esprit sur celui-ci, qui me laisse un peu seul face à un objet que je ne comprend pas. Peut-être le plus expérimental, en un sens, de la carrière de Voivod, Angel Rat peut être la porte de sortie comme d’entrée d’un groupe surprenant et qui a dû aussi se surprendre à chantonner tel un Anthony Kiedis de l’espace (« Fredoom » !), à brosser dans l’autre sens du poil non pas la première, ni la deuxième génération de leurs fans, mais tous en même temps, ils ressortent avec la crête, les cartouchières et la veste à patches toutes de travers. Ce qui en fait une curiosité, une parenthèse stylistique entre un Nothingface schizo et un Outer Limits en désintox d’antipsychotiques... et malheureusement une parenthèse que je regarde souvent de l’extérieur, avachi sur le sofa à m’écouter autre chose.

note       Publiée le jeudi 23 février 2017

chronique

Styles
metal
progressif
Styles personnels
relation longue durée

Je n'ai jamais tout à fait compris Angel Rat, à l'image du paquet de fans tout désarçonnés et déçus d'un Nothingface bis qu'il est tout sauf un, et qu'il fut pourtant légitime d'attendre au vu des déboires d'enregistrement. Sa jaquette toute abstruse me fait l'effet d'un coup de foudre pour une fille moche : j'en suis tout chose mais tout passionné. Sa production, pourtant aux petits oignons d'un ex-prestidigitateur de chez Rush, sonne comme une eau de douche déminéralisée dont Phil Collins serait l'irresponsable plombier intérimaire. Son rond de basse - ailleurs véritable exosquelette de la période prog de Voivod - donne tout son sens au vilain "Angel Fart" de surnom que Blacky aima lui donner avant de se claquer la porte pendant le mix. Mais son songwriting de mazette, simple comme une histoire d'amour impliquant l'adolescence de Stephan Hawking, sa radiophonie étroite et contenue de décroissance, son reniement de l'alpinisme stellaire au profit de romans SF de hall de gare, ses refrains de canard radioactif à trois pattes, ses multiples et charmantes attentions - tels ces arrangements au clavier plus absents qu'une lune de la Lune ou ce roulement de rrrrrr de Snake sur le titre éponyme (à rappeler en loucedé qu'un jour y'a eu Rrröööaaarrr), ses dissonances en digestion et ses modulations acides comme un renvoi de bile font que : à l'inverse du paquet de fans tout désarçonnés et déçus d'un Nothingface bis qu'il est tout sauf un, j'en suis singulièrement amoureux. Angel Rat est le plus shower music des albums de Voivod. Toutes ses mélodies sont fredonnables à l'infini. Prog de cour, d'une infaillibilité papale, mordant comme un coiffeur, il est la négation et l'essence de Voivod tout à la fois. Album ni de morceaux à tiroir ni de morceaux de placard, il a l'évidence et le romanesque d'une commode pleine de chaussettes à motifs et vidée en apesanteur : toujours à vous étonner qu'un losange soit à la fois si proche et si éloigné d'un carré.

note       Publiée le jeudi 23 février 2017

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bubble › vendredi 1 mars 2019 - 21:35  message privé !

Ça m’etonnerais pas que voïvod évolue dans un espace non euclidien et dans ce cas là un changement de sens à 360° est tout à fait envisageable ;-)

fallon › vendredi 1 mars 2019 - 20:32  message privé !

360 degrés :D Tu m'étonnes que les mathématiques ont empoisonné ma vie scolaire

Note donnée au disque :       
Dioneo › vendredi 1 mars 2019 - 20:15  message privé !
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Bah "180 degrés", du coup, sinon ils se seraient retrouvés dans le même axe qu'avant le mouvement... Mais pinaillage/taquinerie à part, ça me rappelle que j'ai encore même pas poussé sérieusement jusqu'à celui-là, avec eux, juste quelques écoutes distraites, sur cette période post-dimension-hätross... Et que je m'y re-collerais volontiers un peu plus "sérieusement" un de ces quatre, allez. (EDIT : ah merde, grillé sur la ligne par nicola... Ça m'apprendra, à me relire).

nicola › vendredi 1 mars 2019 - 20:14  message privé !

Hi hi, un virage à 360°, c’est revenir à la direction originale.

fallon › vendredi 1 mars 2019 - 19:52  message privé !

ah il est bon celui-là....Nos frapadingues québécois opèrent un virage à 360 degrés. Finies les ambiances claustro et schizophrènes de "Nothingface", finies les séquences thrash Sci-fi de Killing technology et Dimenssion Hatross, Voivod ose le rock, parfois même la pop et vicieux comme jamais désarçonne ses admirateurs acharnés avec des titres étonnamment aériens. Panorama, Clouds in my house , the prow en sont les exemples les plus connus mais impossible d'occulter une perle méconnue comme Best regards, niveau basse et guitares, c'est géant. Quelle maîtrise, quelle classe. Et puis, soyons francs, la noirceur n'est pas si loin notamment dans la 2ème partie du disque: le titre éponyme transpire la mélancolie, Freedom donne la chair de poule ,émotion accentuée quand on sait qu'il fut joué aux funérailles de Piggy, Golem trouble avec ses dissonances si caractéristiques du groupe tandis que Nuage Fractal est la bande-son idoine pour un voyage dans une galaxie bien mystérieuse. Harmonica, claviers, ce "Angel Rat" est dense et riche. A réhabiliter. Jusqu'à Outer Limits, Voivod a eu l'immense mérite ne jamais faire le même album et la qualité fut leur seule constance!

Note donnée au disque :