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Sonic Youth › Goo

cd • 11 titres • 50:02 min

  • 1Dirty Boots5:28
  • 2Tunic ( Song for Karen )6:22
  • 3Mary-Christ3:11
  • 4Kool Thing4:06
  • 5Mote7:37
  • 6My Friend Goo2:19
  • 7Disappearer5:08
  • 8Mildred Pierce2:13
  • 9Cinderella's Big Score5:54
  • 10Scooter + Jinx1:06
  • 11Titanium Expose6:24

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Sorcerer Sound et Greene Street par Nick Sansano et Ron Saint-Germain, New York, 1989

line up

Don Flemming (percussions/chant sur Dirty Boots et Disappearer), Kim Gordon (basse/chant), Thurston Moore (guitare/chant), Lee Ranaldo (guitare/chant), Steve Shelley (batterie)

Musiciens additionnels : Chuck D (voix parlée sur Kool Thing), J Mascis (chant sur Tunic, Mote, My Friend Goo), Nick Sansano (Percussions)

remarques

Il existe une version deluxe absolument indispensable, et pas seulement pour ceux qui ont des Goo Deluxe. On y trouve des versions alternatives au son beaucoup plus proche de Daydream Nation, et un remastering superbe. Pour en savoir plus sur la pochette : http://img40.imageshack.us/img40/2619/goocover.jpg

chronique

Styles
rock
shoegaze
noise rock
indie rock
Styles personnels
craneur mais ultime

Le disque le plus classe du groupe le plus classe du monde. Tout simplement… Du moins, à l’époque de sa conception. J’en ai longtemps reculé la chronique, comme par peur de n’en avoir pas encore bien assimilé la moindre parcelle de larsen… Car oui, Goo, que j’appelle « My Friend Goo » car on est intimes, fut l’un de ces disques qui m’accompagnèrent lors des heures grises et sales de l’adolescence. Un disque d’amertume, un peu comme le premier velvet, lui aussi commandé sur simple foi d’une pochette plus cool que la mort elle-même (je croyais que c’était les frères Gallagher, ce qui ne s’invente pas). Une œuvre qui pue la classe à 3 kilomètres, exsudant littéralement un doux parfum de testostérone et d’hormones féminines mêlées, de rage rentrée et de neurasthénie terminale… Quelque chose comme la perfection en ce bas-monde, et au diable l’objectivité. De toutes façon il était hors de question de commander un cd avec une pauvre bougie dessus. Ce sera donc celui-là. Pas la peine de chercher plus loin, il n’existe pas guitares distordues plus délavées, dépressives et crevant d’ennui que celles de Tunic, plage 2, dédiée à Karen Carpenter, une pop-star déchue qui cultive son anorexie dans sa tour d’ivoire, devant son miroir forcément déformant (pléonasme toujours bon à rappeler). « Feel like i’m disappearing, getting smaller everyday / but when I look in the mirror, I’m bigger in every way ». Plus grand morceau de Sonic Youth ? ça devrait en tout cas être distribué à tous les futurs ex-morveux de 12 ans pour leur indiquer ce qui les attend… Un long tunnel que Kim Gordon et Lee Ranaldo, avec leurs vieilles traces d’acné gravées au burin sur la gueule, ont du arpenter plus que de raison. Quelque part vers la fin du morceau, des voix étranges et narquoises se font entendre en sourdine, avant que Kim Gordon n’évoque enfin cette tunique qui l’attend dans l’armoire, idée de l’enfer incarnée dans un objet. On se sent pris au piège, terrassé comme Lolita dans les griffes de son amant-papa, ou comme Harry Angstrom au volant de sa bagnole, sentant venir l’ennui comme un serpent lové au creux de son propre estomac. Après ça, il reste bien sur une bonne poignée de chansons mémorables, toujours nimbées de cette même aura, de ces cascades de guitares aigres comme le vomi sortant de la bouche de cette mort-vivante de Karen C. (on y revient), mais seules Disappearer, Mote (et son pont qui glace les sangs) et dans une moindre mesusre Cinderella’s Big Score font perdurer cette angoisse impénétrable, avilissante, embrumée mais si douloureuse… Disappearer en particulier, errance nocturne sous les réverbères, peut raisonnablement prétendre au titre de meilleur morceau shoegaze de tous temps, sans en être vraiment. Cette agonie-là ne vous achève jamais, se contente de vous caresser dans le sens du mal et de vous laisser sur le bas-côté, mais non sans avoir donné une épaisseur à toute cette lassitude que vous croyiez inutile. Et après toute cette haine de soi seulement suggérée (comme toute bonne haine de soi digne de ce nom, mais ceci n’engage que le chroniqueur/expert en la matière), qui constitue avouons-le, la poche à venin de l’album, que peut-on trouver ? Sonic Youth, plus que jamais digne de son nom, a choisi d’être honnête avec cet age « ingrat », en insufflant quelques morceaux ouvertement « trop cools pour toi », qui hésitent entre descente fatale chez le fripier du coin pour une razzia sur la sape qui vous rachète une estime de soi, et rodéo mortel pour de bon façon Florence Rey, comme sur la pochette. Si les ultra-sexués Titanium Exposé et Dirty Boots penchent clairement pour l’option bonnie & clyde, Kool Thing et le morceau titre sont clairement des déclarations d’amour et d’admiration immature devant une figure adolescente prise en modèle… Le passage central de Kool Thing voit un mini-tabou se briser : la petite blanche paumée (ou juste en rut et en rage ?) qui traverse la rue pour aller causer au mauvais blackos d’en face, l’ennemi public numéro un (Chuck D, figure très contreversée en 1990). Et tout ça en gardant toujours la même unité de ton, la même homogénéité parfaite, la même distance qui les ferait passer pour des frigides à côté d’un Nirvana ou d’un Jeff Buckley plus faciles à adorer. Eh bien oublie-les, car Goo est le plus grand disque jamais pondu sur l’adolescence, filles et garçons compris, tout pareil, et c’est dans ses coulées de guitares à l’aigreur lacrymales que réside le truc, pas dans les paroles. Alors aujourd’hui, tu ne vas nulle part, gamin, prosterne toi dans un coin, bow down to the queen of noise, comme le chantera le grand escogriffe ci-présent, et prostre toi face au mur blanc, cogne-y toi jusqu’au sang si ça te chante, et regarde défiler toute ta no-life devant tes yeux. « You aren’t never going anywhere / I ain’t ever gonna anywhere ». Quand la musique s’arrête, tu tireras.

note       Publiée le samedi 18 septembre 2010

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Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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killer cool ? enfin moi je les trouve classe comme ça ces... gens (z'ont de belles lunettes et une coupe au bol quoi).

Message édité le 10-08-2022 à 15:29 par Rastignac

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(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Enfin le dessin de Pettibon est une évocation des "meurtres de la lande", une affaire de serial killer des plus affreuses (les détails sont abominables) dans les 60's en Angleterre, reprenant une photo de presse où on voit le beau-frère du couple de tueurs, celui qui les a dénoncé, en compagnie de sa femme (la soeur de la tueuse donc), sortant du tribunal à l'issu du procès. Donc cool, euh, moyen tier. (Libé a justement fait un article là-dessus y a quelques jours)

titre de l'image

Message édité le 10-08-2022 à 15:14 par (N°6)

Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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Ah oui, on dirait une pochette de power electronics comme ça... vachement plus glauque (alors que celle de Pettibon fait très "ford mustang" cool comme dans la chanson de Gainsbourg, de loin alors que l'album, oui, est bien plus "sale" qu'il n'y parait quand on l'écoute et qu'on tire la tronche)

Message édité le 10-08-2022 à 14:20 par Rastignac

Note donnée au disque :       
Sartoris Envoyez un message privé àSartoris

Au détour d'un bac d'un disquaire d'occasion, je suis tombé sur "Goo Demos". La pochette est au premier regard moins attractive que la description que fait Dariev de la version Geffen : plus adulte mais d'une inquiétante étrangeté

Et le son ? Et bien, pour des démos, c'est déjà quasi abouti. Si le disque était sorti tel quel à l'époque, peu aurait eu à redire. Plus lo-fi évidemment, mais un son moins étanche, moins blanc. Comme un léger grain, un grondement : imaginer qu'il s'agit d'un chat prêt à bondir et qui grogne doucement dans le fond de sa gorge. Et la version Geffen est captée juste après le saut, en plein flou dû à la vitesse. Bref, comme dit en chapeau de la chronique, c'est un complément indispensable.

Message édité le 10-08-2022 à 12:50 par Sartoris

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo  Dioneo est en ligne !
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Pi allez tiens, sixième boule. Longtemps que j'ai cessé de le snober, celui-là, donc tant qu'à faire...

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