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Sonic Youth › A Thousand Leaves

  • 1998 • Geffen GED 25203 • 1 CD

cd • 11 titres • 74:05 min

  • 1Contre Le Sexisme3:52
  • 2Sunday4:52
  • 3Female Mechanic Now On Duty7:44
  • 4Wildflower Soul9:01
  • 5Hoarfrost4:58
  • 6French Tickler4:50
  • 7Hits Of Sunshine (For Allen Ginsberg)10:59
  • 8Karen Koltrane9:18
  • 9The Ineffable Me5:18
  • 10Snare, Girl6:38
  • 11Heather Angel6:06

enregistrement

Produit par Wharton Tiers & Sonic Youth 1997/98 NYC. production additionelle par Don Fleming Enregistré à Echo Canyon, excepté "Female Mechanic", Sessions @ West 54th St

line up

Kim Gordon (guitare, voix, basse), Thurston Moore (guitare speaker droit, voix), Lee Ranaldo (guitare speaker gauche, voix), Steve Shelley (batterie)

remarques

Pochette réalisée par l'artiste Marnie Weber (mine de rien, c'est un fuck...)

chronique

Styles
rock
indie rock
post rock
Styles personnels
post-grunge > instrumental

« A Thousand Leaves ». Un titre qui pourrait évoquer l’automne, l’atmosphère du disque s’en approchant, pourtant, sur le cd est imprimé « mille feuille », barré d’une croix. Serait-ce une allusion à l’impression de mille-feuille sonore de certains enregistrements du groupe ? En tout cas, ce n’est pas le cas ici. Autre piste : Thurston Moore a déclaré à l’époque que chaque album de Sonic Youth pouvait être considéré comme une feuille, et que « 1000 Leaves » signifiait qu’ils en sortiraient mille avant de s’arrêter. Ce qu’ils pouvaient désormais faire, nantis de leur nouveau label SYR (pour Sonic Youth Records). Les voilas donc débarrassés du joug de l’horrible compagnie Geffen, délaissant leur noisy rock pour flirter avec l’atonalité sur ce disque charnière, qui pour moi, marque le passage à l’age adulte du groupe… “Contre le sexisme”, intro lénifiante, nous endort avant même de commencer. Ou bien peut-être s’agit-il de nous plonger dans la léthargie propice à la réception de cet album-concept. Que va donc faire Sonic Youth contre le sexisme (après le fascisme, le sexisme) ? Hé bien, tout simplement donner une guitare à Kim Gordon, et lui passer le micro un peu plus souvent qu’à l’accoutumée. Résultat : ceci est le disque le plus « riot-grrl » du groupe, plein d’imprécations hargneuses de la Gordon, feulant comme une chatte à qui on veut prendre ses petits. Une chatte qui chante faux, ceci dit. Ah, et la basse n’est présente que sur deux titres : « Sunday » et « Hits of Sunshine ». Jamais le groupe n’a laissé autant de place à Kim, elle se prend même pour Anna Karina dans Pierrot le Fou sur « Heather Angel », qui commence bien mais se termine de fort chiante manière. Il convient de signaler que le groupe – alors en pleine phase d’expérimentation dans son studio perso fraîchement inauguré – n’écrivait à l’époque quasiment que des instrumentaux, et « A 1000 Leaves » n’échappe pas à la règle. Le chant a simplement été ajouté en dernier lieux par-dessus. Et ça s’entend… Le groupe parle alors de « méditations improvisées sauvages » et de « structures subconscientes ». On constate surtout que « A Thousand Leaves » aurait très bien pu faire partie de la série des « SYR » (disques expérimentaux proches du post rock sortis sur le label éponyme), puisqu’il aurait du être un album instrumental à la base. D’ailleurs plusieurs mélodies sont extrapolées de « SYR 2 ». Pas vraiment un pur album de Sonic Youth, en somme. Doit-on en arriver à penser que c’est sous la pression d’une maison de disque peu compréhensive, avec un matériel et un son peu approprié, et un temps de studio limité, que Sonic Youth a produit ses meilleurs disques ? Bien sûr, il y a quelques bons moments : le rageur « Female Mechanic » (en réponse au « Bitch » de Meredith Brooks), le tendre et mélancolique « Hoarfrost », chanté par Lee Ranaldo, et le single « Sunday », seul tempo rapide, classieux au possible… Mais pour la plupart ce sont des moments de recueillement, d’introspection. « A Thousand Leaves » est un album d’intérieur, sur lequel seule Kim Gordon est encore énervée. Un disque automnal, pluvieux, discret, gris… et late-nineties. Ça sent un peu trop le coup de cœur inrockuptibles. C’est sûr, Allen Ginsberg et Karen Koltrane (avec des K), ça sonne cool, mais bon… L’ennui parfois ressenti peut s’expliquer par la durée de l’album (bien trop long). En effet, le groupe devait livrer ici un double album. Mais selon les dires de Kim Gordon l’idée a été abandonnée, car avec le support cd, cela n’avait plus de sens. Pourtant ils furent les premiers à fustiger les albums trop longs dans leurs interviews – arguant avec raison que la concentration auditive ne peut être optimale que sur une courte durée – genre 40 minutes. Le groupe aura défendu et privilégié le support vinyle jusqu’au bout (ils concevaient leurs disques en tant que 33t jusqu’à celui-ci), mais en 1997, la bataille semblait perdue. Alors, les Sonic Youth ont décidé de quitter le rock business, à leur façon, lentement. Ce disque est le premier pas vers le post-rock. Bientôt sortirait la video de Sunday, ou comment faire un fuck à MTV de la plus belle façon qui soit, bientôt le groupe allait-il enregistrer avec un certain Jim O’Rourke, rencontré en 98.

note       Publiée le mardi 12 septembre 2006

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Note moyenne        11 votes

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Gouzi › mercredi 16 septembre 2020 - 13:47  message privé !

Premier faux pas dans leur discographie,tant en terme d'inspiration, ou la longueur de la plupart de morceau ne suffit pas à masquer un flagrant manque d'inspiration, qu'en terme de pratique et il suffit d'entendre le chant fatigué de Kim gordon pour s'en convaincre.

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Alfred le Pingouin › vendredi 6 novembre 2015 - 11:23  message privé !

En fait non. Il est cool, douillet, et bien branlant-nonchalant. C'est vrai que le côté "on plaque des chansons sur les SYR" est carrémnent audible, mais en fait on s'en fout.

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Alfred le Pingouin › mercredi 30 avril 2014 - 12:07  message privé !

C'est vrai qu'il est long. Y a des super morceaux, pas que Sunday, Karen Coltrane, par exemple. Mais ceux chantés par Kim deviennent franchement lourds.

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merci pour le fusil... › jeudi 9 août 2007 - 13:07  message privé !
Une bien bonne surprise pour mon premier sonic youth , moi qui cherche des disques désertiques ,je suis servis !!! doom , un brin rampant et gras (c'est pas censé être contre le sexisme ?!?) , et les morceaux qui s'étendent , s'étendent toujours plus telle une route paumée et délabrée à travers le désert , une route qui ne semble pas avoir de fin.
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MorYsOn › mardi 24 octobre 2006 - 17:59  message privé !
Je ne l'ai pas encore beaucoup écouté, mais c'est interressant un tel album. Sonic Youth fait partie de ces artistes (à leur niveau, le mot n'est pas pompeux je pense) qui ont tout expérimenté musicalement et non musicalement :-) Ils gardent une incroyable liberté, se refusent à toute compromission et étiquette. Cet album est un peu un plébiscite à la liberté d'expression, tentant, là, des morceaux plus longs. Un m'avait bien accroché (je saurais plus dire lequel, c'est un de ces albums où tout est lié). C'est génial de voir les influences positives s'accumuler au fur et à mesure de leur carrière. C'est un peu le disque de gens libres, expérimentant un peu de tout dans un labo, un peu comme Zappa, Nine Inch Nails, Bowie, Lou Reed (ces comparaisons peuvent sembler inadaptées, mais ici je retiens leur point commun avec la liberté musicale). Ces artistes qui sortent des disques depuis des décennies sans se compromettre en gardant leur liberté. Comme ne m'étant pas plongé complètement dans l'ambiance du disque, je ne préfère pas le noter tout de suite, par honnêteté ;-)