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Sonic Youth › Kill Yr. Idols

cd | 6 titres | 25:04 min

  • 1 Protect Me You [5:28]
  • 2 Shaking Hell [4:06]
  • 3 Shaking Hell (Live) [3:15]
  • 4 Kill Yr. Idols [2:51]
  • 5 Brother James [3:17]
  • 6 Early American [6:07]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Sonic Youth et Warthon Tier

line up

Bob Bert (batterie), Kim Gordon (basse, voix), Thurston Moore (guitare, voix), Lee Ranaldo (guitare), Jim Sclavunos (batterie)

remarques

Les titres de Kill Yr. Idols sont disponibles en bonus à l'édition CD de l'album Confusion is Sex. Deux chansons - Protect Me You et Shaking Hell - étant communes aux deux disques, ladite édition reprend les titres du EP à partir de 'Kill Yr. Idols'. La version live de Shaking Hell est reléguée à la fin du CD.

chronique

Styles
avant garde
noise
punk
rock
noise rock
Styles personnels
coda rouge

Et quelques mois plus tard, le mal n’est pas retombé. Confusion is Sex avaient des allures d’extrême embardée ; on ne voyait guère, après celui-là, comment ils auraient pu aller plus loin ; dans la noirceur et les émulsions de fluides surchauffés. L’objet présent, pourtant, intrigue. La même pochette, à l’identique, que le susdit. Mais en rouge, cette fois. Un addenda ? Une mutation ? Une autre souche du même virus ? … Pour mieux nous tromper – ou mieux nous prévenir – nous jouer vicieusement l’air de la resucée, le disque s’ouvre sur deux titres tirés de l’album. Comme de juste à ses deux pôles sans doute les plus éloignés. Les râles de reproche et de supplique de Kim, histoire, psalmodie de fille paumée ou simplement au bout de l’épuisement, posée sur une boucle cabossée, guitares résonnées comme des gongs électriques, toms qui roulent, fatigue érotique : Protect Me You ; et puis la même à son plus dur, Ménade glaciale surmontant à voix blanche, attaquant à pleines griffes les grondements de Shaking Hell. On se dit alors que rien ne changera plus… C'est là que fond sur nous la version live du même morceau. Le groupe broie la chanson, lui fait dégueuler toutes ses charges corrosives. Kim s’écorche la gorge pour dépasser la déferlante. Une autre voix la rejoint pour le final, l’ultime tension ; et l’on comprend alors pleinement où le groupe nous entraine. De là, on ne peut redescendre. Seulement tomber. Les trois titres qui suivent sont une démonstration par l’absurde, une preuve par le pire. Que ceux-là pouvaient encore pousser la chose, la manière qu’ils avaient trouvé. A chaque plage et tout du long, la pression monte, le malaise, la hantise. Le groupe, comme pour s’en défaire, amène à son point d’incandescence finale l’espèce de punk hardcore fracassé, fracturé de l’intérieur, saturé de toxines, du disque précédent ; puis en alourdit, en englue la frappe, en enfonce le sillon, laissant brûler la rage en longues déchirures, en agonies certes hurlées mais qui jamais ne clignent des paupières ; pas si loin à vrai dire – le dédain mystique en moins – du pilonnage rituel de Swans à la même époque. Brother James s’emballe à nouveau, dernier coup de sang avant la retombée. Et la dernière plage n’est que martèlements. Métal lentement, méthodiquement, patiemment démoli. Tue tes Idoles, le message est clair. Fais table rase. Sauf qu’à la battue succède un carillon. Et que lorsque Kim pose en invocation son timbre hors la note et ses bouts de phrases énigmatiques, un drôle d’apaisement sourd, enveloppe, engourdit. Rien d’autre qu’une fille sauvage… Puis les tambours, enfin, chassent tout relent, toute question. Pour cette fois, la chose est expulsée… Viennent d'autres lunes et d’autres démenées.

note       Publiée le mercredi 31 août 2011

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chronique

Ayant comme beaucoup de monde pris la mauvaise habitude de la tracklist de la version cd, je trouve que cet EP démarre à merveille avec la chanson titre. Puisque Thurston Moore y vitupère un rock critic et surtout, ceux qui cherchent à l’impressionner, jouons justement au rock-critic en herbe pour déceler en quoi cette chanson dénote un changement d’époque… Le punk-rock n’a pas été la révolution tant vantée, comme on sait, et les musiciens ont continué à adopter une certaine attitude vis-à-vis de la presse et du public, qu’elle soit agressive ou juste provoc. Là où on entre de plain pied dans les années 80, c’est quand Moore dit tout haut ce que pas mal de gens commençaient à penser tout bas : pour que l’underground ait un sens, ce n’est pas la confrontation qu’il faut chercher, c’est l’indifférence. Attitude nouvelle amenée par la no-wave et le hardcore américain, mouvements nihilistes et n’ayant aucune velléité de "sauver le rock" ni quoi que ce soit d’ailleurs : "c’est la fin du monde, tuez vos idoles", c’est clair non ? L’ironie voudra que une fois que la bise Nirvana fut venue, la presse se trouva tellement fort dépourvue qu’elle érigea Sonic Youth en grands précurseurs nobles et intelligents, et en fera de nouveaux gardiens du temple, alors que le propos, en 80, était bien de le réduire en poussière à coup de barre à mine, le temple. C’est que à l’abri de regards, on en fait des confidences, et pas forcément en chuchotant… Pour preuve ce Shaking Hell en live, au son encore plus caverneux que l’original, et qui coupe toujours autant le souffle. On peut aussi se passer Kill Yr. Idols, la chanson, en boucle et pogoter contre ses murs, ces gros cons de murs de merde. PUISSANCE !!!!

note       Publiée le lundi 17 octobre 2011

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Dioneo › jeudi 1 septembre 2011 - 18:26  message privé !
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Ouaip !

Complètement pas cool, le truc.

Powaviolenza › jeudi 1 septembre 2011 - 18:24  message privé !
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le morceau titre est une tuerie absolue..

dariev stands › mercredi 31 août 2011 - 10:26  message privé !
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j'ai toujours pensé que la pochette de Goo était un petit clin d'oeil du groupe (jpense pas que Pettibon l'ait fait exprès) à ces débuts chaotiques... jme rends compte que je les ai autant écoutés que les autres, ceux-là, finalement...