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William S. Burroughs › Dead City Radio

  • 1990 - Island, 422-846 264-1 (1 vinyle)
  • 1990 - Island, 422-846 264-2 (1 cd)

cd | 17 titres | 51:47 min

  • 1 William’s Welcome (« What Are We Here For? ») [2:03]
  • 2 A Thanksgiving Prayer [2:22]
  • 3 Naked Lunch Excerpts (« You Got Any Eggs for Fats? »)/Dinner Conversation (« The Snakes ») [7:16]
  • 4 Ah Pook the Destroyer/Brion Gysin’s All-Purpose Bedtime Story [2:46]
  • 5 After-Dinner Conversation (« An Atrocious Conceit »)/Where He Was Going [11:40]
  • 6 Kill the Badger! [2:42]
  • 7 A New Standard by Which to Measure Infamy [1:47]
  • 8 The Sermon on the Mount 1 (« WSB Reads the Good Book ») [1:30]
  • 9 No More Stalins, No More Hitlers [1:00]
  • 10 The Sermon on the Mount 2 [1:22]
  • 11 Scandal at the Jungle Hiltons [1:41]
  • 12 The Sermon on the Mount 3 [1:23]
  • 13 Love Your Enemies [1:13]
  • 14 Dr. Benway’s House [0:40]
  • 15 Apocalypse [9:05]
  • 16 The Lord’s Prayer [0:45]
  • 17 Ich Bin von Kopf bis Fus auf Liebe Eingestellt (« Fallin In Love Again ») [2:30]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au studio Hairball, Lawrence, Kansas, par Hal Willner. Monté par Nelson Lyon et Hal Willner au Grossman Cottage, Bearsville, NY. Enregistrements supplémentaires effectués par Joe Ferla aux studios Acoustilog/Sorcerer Sound, New York ; Quadriphonic, New York et Sigma Sound, New York. Mixé aux studios Sigma Sound, New York, et Bearsville, New York, par Joe Ferla. Musique et effets sur A New Standard by Which to Measure Infamy enregistrés et mixés aux studios Bearsville, New York, par Chris Laidlow. Produit par Hal Willner et Nelson Lyon.

line up

William S. Burroughs (voix, textes), John Cale (musique sur 4, 9, 13), Allen Ginsberg (nourriture des piranhas sur 11), Maxine Neuman (violoncelle sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett), Lenny Pickett (musique, arrangements et bois sur 1, 8, 10, 12 ; clarinette sur 17), Bobby Previte (percussion sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett), Frank Simms (voix sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett), Sonic Youth (musique sur 1, 14, 16), Chris Stein (musique sur 16), Tom Varner (cor sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett), NBC Symphony Orchestra (2, 3, 5, 6, 15), Frank Denning (musique sur 3, 5, 15), Cherryl Hardwick (orgue sur 5, piano sur 17), Buryl Red (musique sur 6), Donald Fagen (musique et effets sur 7), Eugene Cines (musique sur 15), Billy Giant (musique sur 15), Ray Ellis (musique sur 15), Friedrich Hollander (paroles et musiques sur 17), Dennis Martin (voix sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett), Leslie Miller (voix sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett), Arlene Martel (voix sur les morceaux écrits et arrangés par Lenny Pickett)

remarques

Design : Kevin A. MacDonagh. Photos : Adrian Boot (recto), Nelson Lyon (verso). Textes : inédits de William S. Burroughs, 1990 (William’s Welcome, Dinner Conversation (The Snakes), Brion Gyson All-Purpose Bedtime Story, After Dinner conversation (An Atrocious Conceit), A New Standard by Which to Measure Infamy) ; extraits de Tornado Alley, 1989 (A Thanksgiving Prayern Where He Was Going), Naked Lunch, 1959 (Naked Lunch Excerpts), Ah Pook Is Here, 1982 (Ah Pook the Destroyer), The Cat Inside, 1982 (Kill the Badger!), La Bible (The Sermon on the Mount 1, 2 et 3), Interzone, 1989 (Scandal at the Jungle Hiltons), Ghost of a Chance, 1990 (Love Your Enemies), Apocalypse, illustré par Keith Harring, 1989 (Apocalypse). « This album is dedicated to Keith Harring, at the Apocalypse ».

chronique

Tonton Bill, au micro… William S. Burroughs, écrivain beat à part des ses acclamés pairs – plus dur, porté sur la crasse des rues basses plutôt que sur les highways cosmiques. Cité depuis trente ans – à l’époque de la sortie de ce disque ; ça ne s’est pas arrangé depuis – à tous bouts, recoins d’underground. Culte « partout » mais presque jamais lu, on soupçonnerait – à parcourir en vrac ou en détails les laudes et les critiques. Légende vivante qui se trainera toujours, en même temps, une réputation d’Illisible. Une espèce de Vanité sur la pochette – en décor vaguement vaudou-squat. Le revers du livret qui clame : "Avec John Cale, Donald Fagen [de Steely Dan], Sonic Youth, Chris Stein [de Blondie]"… Évacuons d’emblée ce point : la liste des invités – il fallait s’y attendre – tient bel et bien de la semi-arnaque. Cale compose trois des dix-sept plages, d’accord – mais la somme de leur temps n’atteint même pas les cinq minutes. Fagen et Stein, eux, n’écrivent et ne jouent qu’une piste chacun – là aussi des plus brèves. Quant à Sonic Youth… Leur contribution se résume à quelques « interruptions » sur l’ouverture du cycle, un interlude instrumental et une intro. Alors, quoi d’autre ? Eh bien… Burroughs. Sa voix si particulière – timbre et diction –, un peu flippante et curieusement, insidieusement séduisante ; suprêmement détachée mais étrangement chaleureuse, aimable. L’impression d’une intelligence posée, impassible – mais armée. Le vieux Bill et son amour des flingues. Antimilitariste, ennemi de tous flics, de tous uniformes – mais certainement pas pacifiste, martyr qui se laisserait descendre sans tirer. Paranoïaque autoproclamé – trop conscient que le « Contrôle » nous refile sans cesse, sous toutes ses formes, ses maladies : manie de la surveillance, de la ruse incessante pour échapper, semer son œil malpropre, ses indics. Les mots… Limpides quand il les lit ainsi, à haute voix – même quand il s’attaque à ses textes réputés les plus opaques (le Festin Nu…). Des lectures, donc – avec en fond, en mise en scène, en espace sonore, quelques compositions (pour petits ensembles orchestraux) d’un certain Lenny Pickett, d’une part. Des extraits d’œuvres, par ailleurs, prélevées dans les archives du NBC Symphony Orchestra, choisies par Hal Willner et Nelson Lyon. Habillage ? Montage. Fictions enchâssées. D’après Willner : dix heures d’enregistrements (de la voix de Burroughs), réduites à trois, puis aux cinquante et quelques du disque. Gros boulot, et pari pas gagné d'avance. Et il faut admettre : quand ça prend, ça prend. Certaines plages – curieusement, pour moi, ce furent d’abord les plus longues, qui m’ont accroché (Naked Lunch, encore ; Where He Was Going – avec l’orgue de Cherryl Hardwick qui infuse son ambiance, proche de Carnival of Souls, l’unique et très étrange film d’Herk Harvey, sa fin Dia de los Muertos ; Apocalypse). Le débit attrape, la musique fait contraste ou contexte, matière illustrative ou bien ironique, commentaire, presque, plan de perspective. « D’authentiques musiques américaines », insiste Willner dans ses notes – et en effet, superposer la composition d’un certain Frank Denning, très néoclassique de chez (penser Aaron Copeland, ce genre) et le texte sardonique d’A Thanksginving Prayer (anathème ruminée), ça fait sacrément touche. C’est vrai aussi : certaines des plages courtes (Ah Pook…) font de jolis aphorismes, saillies, haïkus-à-revers bien dignes de l’esprit retors du Vieux. D’autres (Dr Benways House, le « fameux » interlude joué par Sonic Youth) tombent à mon sens complètement à plat, sonnent tout au plus jingles. Et puis, Burroughs qui lit la Bible… La blague peut amuser, d’accord, aux premières écoutes – après quoi, admettons, le tour peut vite lasser. Bon… Après tout, c’est dans le titre : la Radio des Villes Mortes. À l’antenne, quelque soit la fréquence, ça ne peut pas être à tous coups passionnants, à toutes les heures et pour tous enchanteur. Certains s’emmerderont là où d’autres, se fixeront sur le flot, hypnotisés, bercés – barrière ou pas de la langue. Puis la fin du programme, c’en est cette fois une vraie bonne : William qui annone en allemand ce vieux tube – qu’il tombe une fois de plus en amour. (« Love’s always been my game/Played it how I meant… », disent de plus célèbres versions). Drôle de partie ? Sans doute. Et l’Oncle B. encore une fois, ne laisse rien sourdre qui vous dira s’il bluffe – ni ou ni quand ni quoi. Une manière comme un autre de vous tenir l’esprit dans cette sorte d’alerte – où le calme apparent lui souffle en fait : « ne reste pas tranquille ».

note       Publiée le jeudi 2 août 2018

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Dioneo › vendredi 3 août 2018 - 17:08  message privé !
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Eh eh, ouip, pas facile à vrai dire de se faire une idée sur simple description. En tout cas si tu veux y tâter, ça se trouve assez facilement tout ou partie en streaming (et en téléchargement - pas forcément légal, hein)... Pas du tout obligé de débourser ou de fouiller outre mesure pour pouvoir y jeter une oreille. (Ceci-dit - malgré la disparité d'intérêt selon les plages, je répète, pour ce qui me concerne - je trouve tout de même que ça s'écoute plus volontiers d'une traite que par bouts isolés... Une fois qu'on s'y est fait et/ou pour peu qu'on goûte un minimum la voix du gars).

Note donnée au disque :       
Twilight › vendredi 3 août 2018 - 00:31  message privé !
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Je ne sais pas trop si ce genre de disque va m'accrocher dans son entier mais il est certain que la chronique titille ma curiosité.