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Sonic Youth › The Eternal

cd • 12 titres • 56:34 min

  • 1Sacred Trickster2:11
  • 2Anti-Orgasm6:08
  • 3Leaky Lifeboat (For Gregory Corso)3:33
  • 4Antenna6:13
  • 5What We Know3:54
  • 6Calming the Snake3:36
  • 7Poison Arrow3:43
  • 8Malibu Gas Station5:39
  • 9Thunderclap for Bobby Pyn2:39
  • 10No Way3:53
  • 11Walkin Blue5:22
  • 12Massage the History9:43

informations

Enregistré en Novembre et Décembre 2008 à Echo Canyon West, NJ et Bisquiteen, MA. Produit par Sonic Youth et John Agnello.

Couverture : John Fahey

line up

Kim Gordon (chant, guitare), Thurston Moore (guitares, chant), Lee Ranaldo (guitares, chant), Steve Shelley (batterie, production), Mark Ibold (basse)

chronique

Rien n’est éternel (et nous ne sommes pas immortels). Rétrospectivement c’est bien sûr ironique que le dernier album officiel de Sonic Youth s’intitule ainsi. D’autant plus quand on sait pourquoi et comment tout ça s’est terminé, un simple et banal divorce. Le problème de l’éternité, ce n’est pas que ça soit long surtout vers la fin, c’est que tout dépend du moment où on se positionne une fois que ça a commencé. Sonic Youth, en 2009, c’est un groupe qui sort des albums depuis plus d’un quart de siècle. Et qui dans le même laps de temps s’est taillé une place de choix dans le canon de la musique pop occidentale, c’est une référence, à fort taux qualitatif culturellement. Toute liste de « Les 100 albums que vous devez avoir écouté dans votre vie » qui se respecte comprend un album de Sonic Youth. Ils font partie du paysage, ils sont un passage obligé et tout le monde doit plus ou moins se situer par rapport à eux, et pour les plus pointus, par rapport à leur catalogue (on parle catalogue dans le domaine de l’art, ce qui tombe bien, Sonic Youth est l’image même du groupe toujours concerné par l’avant-garde underground ou institutionnelle). Sonic Youth a d’ailleurs fait ce chemin, né dans l’underground d’avant-garde new-yorkais hérité du Velvet, lié à la scène no-wave (Branca, Swans, Lydia Lunch et consorts), il est devenu une institution au sens propre en passant par la case « icône de l’alternative nation sur grosse majors » dans les années quatre-vingt dix. Quand Sonic Youth sort un seizième album (officiel, sans compter les projets annexes) vingt-six ans après leur premier, son écoute dépend forcément d’où on se situe sur cette éternité-là. Avec un peu de bol, c’est le premier Sonic Youth qu’on écoutera et forcément, il sera bien différent pour celui qui se le tape par simple habitude, s’étant poliment emmerdé pendant les années Jim O’Rourke, ou celui qui considère qu’au-delà de Daydream Nation c’était déjà plié et qu’ils se sont vendus (on ne ricane pas devant ce cliché éculé et bien candide) avec la vague grunge, ou du fan attentif et inconditionnel dont l’enthousiasme n’a jamais faibli depuis le jour où il a vu le clip de « Kool Things » sur MTV.

Et Sonic Youth eux-même là-dedans, c’est quoi leur place dans leur propre série avec cet album ? Un retour aux sources en quelque sorte (en voilà un autre bon vieux cliché au passage, semble-t-il obligé lui aussi), alors qu’ils signent sur Matador, label indépendant qui pèse, après quasiment quinze ans chez David Geffen. Doublé d’un autre retour aux sources, mais pas les mêmes, alors que le départ de Jim O’Rourke (remplacé d’abord sur scène puis en studio par Mark Ibold de Pavement, autre figure, un peu moins prestigieuse, du rock alternatif des nineties) semble les libérer de leur rôle de grands tenanciers d’un rock forcément très expérimental, avec moult impro noisy et atonales. The Eternal est plein de chouettes mélodies partout. C’est le Sonic Youth concis et direct du début des années quatre-vingt-dix (et donc, en mode « major »), du Sonic Youth qui ressemble au meilleur de lui-même (pour peu que ce Sonic Youth là soit considéré le meilleur). Le son est fidèle à lui-même, aussi, c’est à dire que si on aime les interactions noisy en accordage alternatif qui ont toujours fait le son de Sonic Youth, ça coule tout seul. Y a de la référence à la poésie beat et au punk underground. Y a Kim Gordon qui chante un peu mal et c’est cool. Y a Lee Ranaldo qui signe surement un peu les meilleurs morceaux sans qu’on le sache. Y a Steve Shelley qui joue de la batterie comme Steve Shelley et Thurston Moore qui joue de la guitare comme Thurston Moore. C’est un bon, un très bon album de Sonic Youth, en tout cas du point de vue où je me situe sur leur ligne d’éternité, c’est à dire ayant picoré ici et là, beaucoup dans leur période eighties, un peu moins ensuite, souvent émerveillé par leur capacité de mélanger mélodie entêtante avec dérive abrasive, le drone de noise parfois pur et dénué de direction intégré dans un format pop-rock. Et puis ce son, toujours ce son, reconnaissable entre mille (si si, je demande une validation en blind-test) qui pour une raison qui me reste parfaitement inconnue, un peu magique sans doute, fait qu’écouter Sonic Youth c’est souvent un immense plaisir évocateur de périodes rien qu’à moi, sans rapport aucun avec leur propre zeitgeist, détaché du catalogue, hors-ligne, hors-temps. Éternel, enfin tant que ça dure…

note       Publiée le mercredi 9 mars 2022

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Note moyenne        11 votes

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No background Envoyez un message privé àNo background

Première écoute très agréable. Comme beaucoup j'avais lâché la disco à partir de mi-90's (hormis Murray Street qu'on m'a offert) et donc chouette découverte que ce The eternal. Et sinon je trouve What we know très proche d'un morceau qu'aurait pu écrire QOTSA.

Pierre-Arnaud Envoyez un message privé àPierre-Arnaud

Le nouveau Kim fait bien de l'effet de mon côté : https://www.youtube.com/watch?v=IZ3i80B0qKg Album le 8 mars.

born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Hé, mais il est pas si dégueu, lui. Je crois que je le connaissais tout simplement pas, et le confondais avec l'épouvantable Rather Ripped.

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Alfred le Pingouin Envoyez un message privé àAlfred le Pingouin

T'es dur Gulo, y a Anti-Orgasm sur celui-ci. Rien que pour ça, 4 boulettes végé d'Ikéa.

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Chris Envoyez un message privé àChris
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Plus je l'écoute plus je l'apprécie. Bon en même temps c'est souvent comme ça avec Sonic Youth. Pas le plus énervé de la bande mais assurément l'un des plus prenants. Tout simplement excellent. Il entre direct en seconde position dans mon top 2009 !

Message édité le 21-08-2022 à 15:00 par chris

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