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Sonic Youth › Confusion is Sex

cd • 9 titres • 35:44 min

  • 1(She’s in a) Bad Mood5:36
  • 2Protect Me You5:28
  • 3Freezer Burn/I Wanna Be Your Dog3:39
  • 4Shaking Hell4:06
  • 5Inhuman4:06
  • 6The World Looks Red2:43
  • 7Confusion is Next3:28
  • 8Making the Nature Scene3:01
  • 9Lee Is Free3:37

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au studio de Warthon Tiers ; I Wanna Be Your Dog enregistrée live, The Pier, Raleigh, N.C., pendant la tournée conjointe avec les Swans, nommée Save Blunder Tour, en novembre 1982 ; Lee is Free, enregistrée sur cassette chez Lee Ranaldo.

line up

Bob Bert (Bob Bert (batterie sur 3, 8)), Kim Gordon (basse, voix), Thurston Moore (guitare, voix), Lee Ranaldo (guitare), Jim Sclavunos (batterie sur 1-2, 4, 5-7)

remarques

L'édition CD regroupe sur un même disque l'album Confusion is Sex et le E.P. suivant, Kill Yr. Idols. Ledit E.P. fait l'objet d'un chronique à part.

chronique

Styles
avant garde
noise
punk
no wave
rock
noise rock
Styles personnels
orgie anthracite

Et puis soudain la crasse déborde. Elle envahit. Les rues, le studio, les scènes au fond des caves. Une nuée toute oxydée qui s’infiltre pour corrompre les bobinages, s’échappe en vapeurs qui corrodent aux jointures des taules rivetées. L’air se sature de particules qui font mal à la plèvre. On pourrait prétendre que la lumière, l’angle des faisceaux, le grain des textures, n’ont pas tellement changé : une question de rares degrés, de nuances imperceptibles… Mais rien n’y fait : par quelque bout qu’on la prenne, cette musique agresse, oppresse, ronge et frotte. Certes, les moyens sont les mêmes, sensiblement, que sur le premier disque. Grincements, carillons décentrés, martelages obsessifs. Ce n’est pas non-plus – oh non ! – que la jubilation se soit même émoussée, de balancer dans les airs des masses de ferraille pliée puis de crier Timber les yeux fixés sur la foule alentours ou bien rivés au sol pour mieux entendre le boucan qui cascade ! … Mais au fond des prunelles, la lueur a changé. De teinte, d’intensité… De motif, peut-être. De brut, simplement, le son s’est fait vicié, troué, contaminant. Une rage explose, en décharges plus puissantes, plus méchantes, mieux contrôlée désormais ; douloureuses, là où cingler, précédemment, n’était guère plus qu’un jeu, une malicieuse adresse aux semblables. Une frustration semble distendre les surfaces, aux points exacts d'imminente crevaison ; un élan de riposte qui ne se soucie jamais du mur (I Wanna Be Your Dog... Qui nous explose à la face à la seconde même où l’on émerge de la marre de cambouis qui lui fait guise d’introduction). Kim a trouvé sa voix de furie froide, qui dompte l’hystérie pour nous l’enfoncer aux entrailles. Et puis s’approche aussi, dangereusement, quand l’heure n’est pas aux cris, des râles magnétiques qui deviendront sa marque. Celle de Thurston, toujours blanche et sèche, tend tour à tour à la harangue déboussolée ou à l’extrême épuisement ; tous deux racontent des trahisons, des rancœurs, des reproches ; des mauvais coups qui se fomentent, se fantasment ; des fantaisies et des torpeurs qui se délitent entre des murs écaillés ; tandis que les guitares – et ce bûcheron de batteur qui n’est plus celui d’avant – nous assènent d’autres bleus et nous laissent des traces louches en sus des écorchures. La basse nous englue dans sa poix figée. Il y a ces emballements, maintenant, comme si les jeunes gens se sentaient talonnés – une menace peut-être sourde, sans nom et sans contours précis ; mais indéniable ; et qu’ils nous repassent comme une fièvre. Il y a une panique dans ces soudaines accélérations – comme dans le hardcore naissant un peu partout dans l’Amérique autours à peu près à la même époque, mais en plus tordu, en plus souillé qu’ailleurs. Sans diatribes, sans indignation formulée mais la mâchoire pareillement serrée, l’organisme entier, de même, bandé jusqu’à craquer. La séduction du foutoir au sens plein – Confusion is Sex, on vous dit – la tentation de l’abandon prise au pied de la lettre ; cette ombre qui les course, faut il encore qu’ils la fuient, sans espoir réel d’échappée, par entêtement de résistance ? Doivent-ils s’y enfoncer à la recherche des flammèches, en ruée sans halte vers le matin d’après ? Eh bien… Sonic Youth, à cet instant précis où l’affolement culmine, touche à ce geste miraculeux où l’un et l’autre – fuite et assaut, donc – se confondent. Et la noirceur des angoisses se mue en réjouissant Taulé. C’est une sorte d’extrême, oui, qu’on pense indépassable et dont l’on jouit aussi pour ça. Le véritable faîte, pourtant, restait encore à venir, de cette manière nouvelle par essence éphémère. Elle porterait même face… Mais cette fois, rougeoyante.

note       Publiée le mardi 30 août 2011

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chronique

"Confusion is next and next after that is the truth". Sont-ce les mots d’un jeune sectaire à une groupie paumée ? Qu’est ce qui passe par la tête de Thurston Moore pour qu’il décide, après un 1er EP nowave mais encore présentable, d’enregistrer tout un album avec un son infâme, plus proche de l’industriel que du rock de l’époque, hardcore inclus ? Le changement est radical : exit Hamilton, toute assise rythmique stable est abandonnée au profit d’une pulsation à la Moe Tucker. Résultat : on passe du post-punk à un sommet de radicalité et d’expérimentation pour l’époque. Ça grince, ça geint, ça meule, et la dédaigneuse Kim Gordon, joliment introduite par le She’s in a Bad Mood de Thurston, vient pointer son joli minois sur Protect Me You. Sauf que cette s… est frigide comme la dame blanche, ramassé au bord d’une départementale nocturne, celle-là même qui fait que demain ta mère appelle la police… Je serai vous, je ne mettrai pas un membre dans ce marécage opaque et bouillonnant. Argh, trop tard, ‘Freezer Burn/I Wanna Be Your Dog’, gloups, d’accord mademoiselle, je vais brûler mes disques de Diamanda Galak, d’accord, mais par pitié, ne me regardez pas comme ça, et puis vous avez du sang sur votre jolie robe à fleurs, et puis vous risquez de vous blesser avec ce couTEEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRGGGGGGGGHHHHHhHgggghHHHHHHHHh………………………… Je reviens d’entre les morts juste pour vous dire que Shaking Hell retourne les tripes (une fois le couteau planté, c’est moins facile pourtant ça fait des grumeaux) mais que après, un morceau pareil, tout aussi bonne soit la suite, y’a plus grand-chose à dire. Kim is the law.

note       Publiée le lundi 17 octobre 2011

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Note moyenne        15 votes

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boumbastik › jeudi 21 avril 2016 - 22:53  message privé !

J'ai cru défaillir quand j'ai ouï (she's in a) Bad Mood pour la 1ère fois. Miraculeux de dissonnances maîtrisées sans aucun effet tapageur. Un énorme choc artistique et esthétique.

Note donnée au disque :       
Solvant › mardi 18 octobre 2011 - 22:28  message privé !

Peut-être mon préféré de toutes ces années.

Note donnée au disque :       
ericbaisons › mardi 18 octobre 2011 - 00:45  message privé !

2011, the year SY broke?

Note donnée au disque :       
torquemada › lundi 17 octobre 2011 - 23:39  message privé !

Marrant cette avalanche de chros alors que l'avenir du groupe semble compromis depuis quelques jours.

Note donnée au disque :       
yog sothoth › lundi 17 octobre 2011 - 23:24  message privé !
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Bref tout ça pour dire que je viens de le retrouver coincé entre un Mudhoney et un Cranberries (...), et que ça fait bien longtemps que j'ai pas retenté le truc... c'est parti !