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Mike Oldfield › Amarok

  • 1990 • Virgin CDV 2640 • 1 CD

cd • 1 titre • 60:04 min

  • 1Amarok60:04

enregistrement

Enregistré de Septembre 1989 à Mars 1990

line up

Paddy Maloney (cornemuses), Clodagh Simonds (voix), Julian Bahula (african drums arrangements), Bridget St.John (voix), Janet Brown (voix)

remarques

chronique

Styles
progressif
Styles personnels
expérimental et minimalisme

WARNING / AVERTISSEMENT: This record could be hazardous for the health of cloth-eared nincompoops. If you suffer from this condition, consult your Doctor immediately. Une expression difficile à traduire, mais qui veut tout dire sur l’état sarcastique de Mike Oldfield. Amarok! Ou l’album de la colère. Douzième album studio réalisé par Mike Oldfield, qui a signé un contrat de 13 albums avec un Branson qui, déjà, exploitait la timidité fragile de Mike Oldfield avec un contrat abusif. Amarok soulève les passions, engraisse le mythe, la légende Oldfield mais ne laisse personne indifférent. On hait ou on adore. Moi, j’adore. Un pur chef d’œuvre de je m’en foutisme hallucinant où MO nous défile près de 50 titres courts collés sur une immense mosaïque sonore.
Amarok est un violent défoulement, une crise culturelle de Mike Oldfiel à l’endroit de Virgin, de son président, Richard Branson et de l’industrie de disque qui s’intéresse plus aux formes qu’aux contenus. Mike Oldfield a trouvé une façon plus qu’originale de les envoyer paître, il a produit le disque le plus anti-commercial qu’il soit. Un album soigneusement déconstruit pour exprimer son haut le cœur. Des messages codés, des bruits irritants et incessants. Des paroles, des délires qui reviennent sans cesse. HAPPY? HEUREUX? Oui, et pour cause
Faut comprendre Oldfield, nous sommes à l’aube des années 90 et le guitariste Anglais perd peu à peu son public. Depuis Incantations, l’auteur de Tubular Bells tourne en rond en produisant des albums inégaux. Des albums qui sont beaux, mais pas inspirés. À chaque album, Mike Oldfield cherche le tube à la Moonlight Shadow ou Going to France et, d’album en album, la place pour les longs titres expérimentaux est de plus en plus courte. Par sur Amarok. Un titre! Un titre de plus de 60 minutes, sans coupures. En fait, c’est inexact ; 60 minutes pour 52 pistes qui se fondent en une longue piste travaillée, torturée et rafistolée avec un soin particulier pour le dégoût du conformiste. Un travail ardu, où Oldfield s’acharne avec ses 60 et quelques instruments, pour qu’il ne se vende aucune copie, histoire de faire chier l’industrie et tout ce qui se vautardise autour. Mais, sans le savoir, Oldfield créait son plus grand chef d’œuvre.
L'introduction est directe et frappe par coups. Dans la beauté et l’harmonie d’une guitare acoustique qui nous faisait rêver dans les années 70, Mike Oldfield tapisse son morceau de riffs métalliques et dévastateurs qui font sursauter l’auditeur. Pour chaque passage doux et mielleux, le riff frappe, direct et pernicieux. Ces éclats de violence musicale ponctuent l’ouverture avec une telle agressivité qu’il faut baisser le volume. Et une fois le volume baissé, il faut le remonter, car on entend rien, tant que c’est doux. Cette introduction est délibérément discordante et agressante, pour décourager les auditeurs qui écoutent les disques dans les magasins. De plus, il n’y a aucun segment d’assez long pour permettre à Virgin la réalisation d’un single. Dans sa haine, Oldfield compose une cinquantaine de petites pièces qui auraient fait les délices de Tubular Bells, Hergestridge et, surtout, Ommadawn. On ne pouvait pas être aussi délibéré et décidé de son coup. Une sublime, bâtie sur la haine, par la haine pour la haine qui caresse pourtant bien nos oreilles, une fois apprivoisée.
Amarok est une mer de moments doux, harmonieux qui nous font voyager jusqu’aux racines bohémiennes de Hergestridge et Ommadawn, mais la discordance est le prix à payer. À coup de sampler, Oldfield fait des collages tout à fait dénués de sens ; qui embrasse une folie psychédélique déjantée à hurler de rage ou de rire. HAPPY, qu’il demande à Richard Branson? Et ce il lui demande plusieurs fois. Il pousse même l’audace à utiliser les codes morses avec un synthé pour envoyer un message codé, très significatif à Richard Branson ‘’ F.U.C.K. O.F.F. R.B.’’, à la quarante-huitième minutes (48:05 précisément).
Mais, partout, surtout, Mike Oldfield nous entraîne dans des moments qui nous font sortir la chair de poule. Des moments aussi beaux que l’on trouve sur ses grandes œuvres. Comme à la vingt-sixième minute et 19 secondes, et le tendre piano qui rappelle l’ouverture de Tubular Bells Mis à part les quelques écarts névrosés et psychédéliques, la deuxième partie est plus mélodieuse avec d’incroyables solos de guitares et des rythmes africains sur des tambours tribaux, comme sur Ommadown et Incantations. Des tempos envoûtants, aux effets sonores dignes d’un trip d’acide à haute concentration hallucinogène. Des rythmes tribaux qui modulent leurs axes pour terminer avec une voix féminine qui délire. Et la finale ??? La plus belle que j’ai entendue. Et c’est à cause de cette conclusion que cet opus est un chef d’œuvre. Jamais une musique aussi violente n’aura été aussi harmonieuse. Oldfield réussi à être le Mr Hyde et le Dr Jekyll de la musique.
Et moi ?... Moi j’ai attrapé la piqûre et je réécoute avec délice et étonnement, même si ça doit être la quatre-centième fois que je l’écoute, cet Amarok. En fait, il suffit juste de passer au travers les cinq premières minutes!

note       Publiée le vendredi 9 mars 2007

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notes

Note moyenne        18 votes

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Wotzenknecht › jeudi 14 avril 2016 - 09:50  message privé !
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"Jamais une musique aussi violente n’aura été aussi harmonieuse." Oui ! Ce truc c'est Ommadawn posé sur Metal Machine Music. Un disque vraiment sui generis, turgescent et en ébullition, qui explose de colère tout en passant pour de la world suave. Ca se calme sur la seconde partie, qui semble nous dire "merci d'avoir fait l'effort de me comprendre, maintenant on peut y aller", et où Oldfield se permet de prolonger un peu ses plans pour plus longtemps qu'une minute chaque. Et quel final ! Il faut vraiment se l'envoyer d'une traite, ce bestiau, qui se pose là comme ovni gutsien, genre le Commercial Album des Residents version celtique.

zugal21 › vendredi 31 janvier 2014 - 18:36  message privé !

Oui, c'est bien. Sauf que perso je me passerais bien des "happy,happy" quand meme, et de la nana qui dit vouloir danser à la fin.

Phaedream › vendredi 31 mai 2013 - 12:56  message privé !
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Petit conseil @ zugal21. Commence à l'écouter à partir de la 10ième minute. Les premières minutes peuvent sembler indigestes mais ce qui suit est une pure merveille. Je dis ça, tant qu'à l'avoir avec toi...

zugal21 › jeudi 30 mai 2013 - 18:01  message privé !

Entre cette chro et tous ces commentaires élogieux, j'ai fini par aller le choper. Ca me laisse de glace. Quant aux "happy happy", j'ai trouvé ça un peu débile.

Amarok › jeudi 23 mai 2013 - 14:11  message privé !

Avec un tel pseudo, difficile de ne pas mettre 6 boules :)

Note donnée au disque :