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Mike Oldfield › Tubular Bells II

cd • 14 titres • 58:34 min

  • 1Sentinel8:06
  • 2Dark Star2:16
  • 3Clear Light5:47
  • 4Blue Saloon2:58
  • 5Sunjammer2:32
  • 6Red Dawn1:49
  • 7The Bell6:55
  • 8Weightless5:43
  • 9The Great Plain4:46
  • 10Sunset Door2:23
  • 11Tattoo4:14
  • 12Altered State5:12
  • 13Maya Gold4:00
  • 14Moonshine2:20

line up

Sally Bradshaw (vocale principale), Jamie Muhoberac (claviers, effets et percussions), Mike Oldfield (claviers, programmation, Grand Piano, hammond, guitares, mandoline, banjo, percussions, glockenspiel, vocales et… tubular bells), Eric Cadieux (programmation et procession sonore digitale), John Robinson (batteries sur Altered Sate), Susannah Melvoin et Edie Lehman (vocales), P.D. Scots Pipe Band et Celtic Bevy Band (cornemuses)

remarques

chronique

Libéré du joug et des contraintes juridiques de Richard Branson et Virgin, Mike Oldfield poursuit sa croisade musicale avec une suite, tant espérée par Branson et cie, de son œuvre titanesques; Tubular Bells. N’étant pas différent des autres, j’appréhende toujours les effets collatéraux d’une suite, tant cinématographique que musicale, d’une œuvre originale; pâle imitation, manque d’inspiration et travail bâclée sont trop souvent au cœur des débats eu égard à ses continuations dont l’argent est généralement la source première d’une justification artistique. Ceci étant écrit, je vais sans doute étonner la galerie en disant que cette revisitation de l’œuvre charnière du blondinet guitariste m’a étonnamment ravi. Et ce, à plusieurs niveaux.
Premièrement; ça prend un indéniable talent de compositeur et de musicien pour faire une suite à une œuvre sans tomber dans un plagiat facile, tout en y respectant ses grandes lignes. Au niveau de sa structure, Tubular Bells II est tout à fait conforme à son prédécesseur. Deuzio; même en respectant ses structures, Oldfield parvient à enjoliver l’approche mélodieuse d’un Tubular Bells qui se nourrit toujours du mouvement minimalisme, mais avec d’étonnantes mélodies qui crèchent dans un univers sonore autrefois très sombre. Troisièmement; TBII peut aisément s’écouter en boucle avec TBI sans qu’une quelconque redondance n’affecte l’intérêt auditif.
La 1ière partie débute avec un doux piano qui traîne sa mélancolie avec des accords très près du terroir de TBI. Après cette courte et douce intro, les accords minimalistes scintillants glanent tel un carrousel musical familier. Petites insertions d’un clavier dont l’écho freine un élan qui outrepasse les lois musicales et nous plongeons dans une douce quiétude qui a tant charmé sur la 1ière mouture. Guitares éthérées, parfois incisives, dont les solos se perdent dans une divine brumeuse vocalisée, Sentinel est une douce ouverture que même les résonnances d’une basse hachurée n’arrivent pas à corrompre. Une ouverture où les douces vocales, bien que différentes, coulent avec une mélodieuse harmonie qui diffère de l’originale, quoique la nuance y soit très apparente. Et, de titres en titres nous plongeons dans un univers Tubularien subdivisé, où tout se ressemble et tout semble différent, selon les points de vue et les souvenirs. Les approches sombres, paranoïaques et doucement endiablées de Dark Star illuminent une folie fragmentée que Clear Light apaise. Et c’est la plus grande des nuances sur cette continuité. Mike Oldfield a réussi à faire ressortir une approche plus mélodieuse, dans un univers en constant duel entre le sombre, le mélancolique et une forme de joie de vivre. Des petites douceurs comme Clear Light et Red Dawn alimente une 1ière partie qui se conclut comme sur l’authentique, soit avec un descriptif vocal sur une basse ondulante et troublante de The Bell.
Sur TBI, la 2ième partie était ma préférée. J’aimais cette concomitance entre la tendresse de la guitare acoustique et l’explosion infernale où les dédoublements vocaux nous projetaient dans un effroyable monde de paranoïa. Weightless nous y introduit avec une guitare accompagnée de chœurs d’une soumission fanatique. Une douce intro qui suit la tangente de l’originale avec une utilisation massive de chœurs éthérés, une guitare où la complémentarité des rythmes diffère, une structure plus flûtée (The Great Plain) et clanique (Tattoo). L’explosion tant entendue se produit avec Altered State et je n’en suis pas déçu, quoique très dissemblable à cause de la clarté de certaines phrases (totalement incompréhensible lors de TBI) et de l’approche très rock avec une batterie explosive et une guitare aux riffs et aux solos mordants. La lourdeur schizophrénique de TBI fait place à une approche harmonieuse coulée dans un rock bétonné plus nuancé, moins sombre et tout aussi déchaîné. Maya Gold calme les esprits, exactement dans une approche structurelle parallèle à TBI, alors que Moonshine conclût avec cette étrange mixture de goblins méphistophéliques qui dansent un rigodon luciférien.
Avec Tubular Bells II, Mike Oldfield ne réinvente pas le triangle musical. Il a pris le pari d’actualiser son œuvre charnière sans rien enlever de son originalité, mais en y apportant un aspect mélodieux bien différent de TBI. Si les premières écoutes m’avaient laissé perplexe, sinon de glace, plus j’écoutais TBII et plus je comprenais le défi qui s’était dressé devant Oldfield; soit de recréer son œuvre, tout en y respectant ses structures, avec une approche légèrement différente mais dont la finalité demeure d’une exquise musicalité qui n’a rien à voir avec un déconcertant plagiat. Je peux faire le snob et dire que ça ne vaut pas de la merde, comme je peux être honnête et dire que c’est une très belle suite qui ravive l’envie de réécouter l’original. J’ai le goût d’être honnête!

note       Publiée le vendredi 16 avril 2010

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AlainTernet › mardi 21 septembre 2010 - 22:01  message privé !

Après plusieurs réécoutes, je n'aime sans doute pas beaucoup plus, mais ça a au moins le mérite de sonner très bien.

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ForceMajeure › mercredi 21 avril 2010 - 10:26  message privé !

@Phaedream "Sur TBI, la 2ième partie était ma préférée. J’aimais cette concomitance entre la tendresse de la guitare acoustique et l’explosion infernale où les dédoublements vocaux nous projetaient dans un effroyable monde de paranoïa" Je préfère également la "face B" de TB1 à la A. Pour TB2 c'est l'inverse, il manque ce petit quelque chose... Cela dit TB2 est un très grand album qui donne envie de réécouter le 1.

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AlainTernet › vendredi 16 avril 2010 - 14:53  message privé !

Jusqu'ici, je n'ai pas beaucoup aimé TB II. Je serais plutôt du genre à penser qu'Oldfield aurait dû s'abstenir d'un tel exercice. Mais la chro me donne tout de même le goût d'y prêter l'oreille une fois de plus, au cas où je succomberais...

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Traummadawn › vendredi 16 avril 2010 - 08:28  message privé !

Très bon en effet, au départ je suis resté un peu distant puis j'y ai vraiement accroché quand je l'ai vu en concert. C'est probablement le disque d'Oldfield qui propose le meilleur équilibre entre abordabilité et intérêt.

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