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Mike Oldfield › Ommadawn

  • 1975 • Virgin CD Virgin MIKECD4 Remastered HDCD • 1 CD

cd • 2 titres • 36:31 min

  • 1Part One19:14
  • 2Part Two17:17

line up

Mike Oldfield (guitares, basses, mandoline, harpe, banjo, grand piano, claviers, synthétiseurs, glockenspiel, percussions), Paddy Moloney (cornemuse)

remarques

chronique

Styles
progressif
Styles personnels
rock progressif Électronique

Pour plusieurs, Tubular Bells est l’œuvre charnière de Mike Oldfield. Certes, c’est un splendide album créé par un jeune homme sain d’esprit et aimant la musique. Hergestridge nous montre un Oldfield mordant et incisif, sur une œuvre colossale, alors que la folie dans laquelle s’enlisait ce jeune musicien mystérieux est totalement perceptible sur Ommadawn, de loin l’œuvre la plus sombre et lourde de Mike Oldfield. Après Tubular Bells et Hergestridge, le jeune Anglais semble au sommet de son art et la pression de son succès lui est insoutenable. À 22 ans, il s’enferme dans un manoir isolé, en pleine campagne Anglaise pour y travailler Ommadawn, signifiant idiot en langage gaélique. Un album qui progresse sur les délires paranoïaques de Mike Oldfield.
Pourtant la douce intro est loin de nous démontrer un caractère perturbé. Une belle guitare qui accompagne un synthé aux chœurs ambulants qui se dandinent sur les accords de la six-cordes acoustiques. Un départ d’une douceur bohémienne où le vent, les voix se bercent sur un synthé aux modulations basses, libérant nos pensées nostalgiques. Nous sommes dans un folklore Anglais ou Irlandais, qui cache de superbes passages d’une beauté torturée. Sublime, la guitare d’Oldfield multiplie les boucles et croise des instruments aussi oniriques que des flûtes à bec, flûte à bois, instruments celtiques et autres beautés musicales qui charmaient la bourgeoisie d’antan. Sur la version remasterisée, les voix sont plus claires et on entend nettement une voix d’homme marmonner aux travers les chœurs. Moins minimalisme, la structure rythmique est très variée, allant de tempos saccadés à des passages très atmosphériques, en passant par des rythmes tribaux. Des tambours amérindiens d’ailleurs clôturent Ommadawn I, sur un hymne folklorique qui semble clanique.
La 2ième partie nous frappe comme une tonne d’émotions qui nous déchire les entrailles. Une sonorité intensément sombre démarre avec un synthé aux strates lourdes et poignantes. En un tour de clavier l’angoisse de Oldfield nous désarçonne sur un lent mouvement lourd qui s’étire comme les notes de la basse, sur des modulations marquantes et très sombres, aussi sombre que triste. Une tornade sans vibration. Une impulsion statique d’une force de désespoir qui nous courbe l’échine. Des cloches accompagnent ce mouvement dense, en parfaite symbiose, jusqu’à ce qu’une flûte aigue honore son souffle sur une flûte plus médiane, dans un vallon monstre et sans écho. Sublime, la guitare acoustique de Oldfield sculpte de belles formes sur un fond sinistre qui introduit un superbe passage de cornemuse. Cet instrument des patriotes qui émeut et honore les esprits, vieux comme les plus jeunes. Encore une fois, un divin moment qui ramollit la plus dure des écorces, surtout lorsque les strates violonées viennent y verser leurs derniers trémolos. Un morceau intense qui se termine dans des rigodons folklorique Irlandais.
On a Horseback est une petite comptine bien innocente qui deviendra le premier vrai single, non édité, de Mike Oldfield. Une belle chanson, innocente et resplendissante, qui cache une amertume insaisissable, tout comme Ommadawn d’ailleurs.
Incompris, trop puissant émotivement, honteux de se sentir à nu devant une œuvre d’un tel caractère, d’une telle puissance? Ommadawn n’est pas considéré à sa juste valeur devant le cercle des grands penseurs et régisseurs des pensées sociales. Et pourtant, aucune autre œuvre de Mike Oldfield n’atteindra la puissance émotive de cet album. Pour moi, et plusieurs, Ommadawn est le classique d’Oldfield. La version remasterisée de 2000 est foutrement bien réussie. Si vous avez une chance….

note       Publiée le lundi 5 mars 2007

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Dead26 › mardi 14 avril 2020 - 10:44  message privé !

Cette pochette Jésus souvent je l'ai aperçu, jamais ouverte. Je sais pas pourquoi, mais les pochettes avec une tronche en gros plan ça m’a jamais attiré. Quelle erreur. Album fabuleux. La 1ère partie est parfaite en tout point, ça papillonne dans les hautes sphères de l'esprit. La 2ème partie c'est un doux gazouillis qui sonne agréablement beau. Paix à mon âme.

Le truc que j'aurais voulu découvrir en même temps que JMJ ou bien Vangelis dans mes années 80... Bah !

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Wotzenknecht › samedi 21 janvier 2017 - 18:57  message privé !
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Ca c'est de la niouze ! Merci, je vais checker ca. Pour moi Ommadawn reste le sommet de Mickou.

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Aladdin_Sane › vendredi 20 janvier 2017 - 20:34  message privé !

42 ans après ce chef d'oeuvre, Mike Oldfield sort une suite "Return to Ommadawn" (que je découvre en ce moment). Ca fait un peu bizarre d'écouter cette sorte musique quelque peu anachronique en 2017 mais l'esprit de la lettre est respecté dirais-je.

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zugal21 › jeudi 30 janvier 2014 - 21:09  message privé !

idem (je me le remets de suite)

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Wotzenknecht › jeudi 30 janvier 2014 - 20:51  message privé !
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Elle est trop marrante cette chanson, arrête ! Et tellement bucolique, après plus d'une demi-heure d'échappées sauvages... aaah, je vais me le remettre de suite

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