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Genesis › Selling England by the pound

  • 1999 • Virgin VJCP-68095 • 1 CD

8 titres - 53:21 min

  • 1/ Dancing With the Moonlit Knight (8:02)
  • 2/ I Know What I Like [In Your Wardrobe] (4:03)
  • 3/ Firth of Fifth (9:36)
  • 4/ More Fool Me (3:10)
  • 5/ The Battle of Epping Forest (11:43)
  • 6/ After the Ordeal (4:07)
  • 7/ The Cinema Show (11:06)
  • 8/ Aisle of Plenty (1:31)

enregistrement

Londres, Angleterre, 1973

line up

Tony Banks (guitare douze cordes, claviers, orgue, mellotron), Phil Collins (batterie, percussions, chant), Peter Gabriel (chant, flûte, hautbois, percussions), Steve Hackett (guitares électrique et acoustique), Mike Rutherford (basse, sitar électrique)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Difficile de parler d'un disque de Genesis en toute objectivité quand, malgré les railleries que cela provoque, on ne peut que constater l'étendue des dégâts ; une fois qu'elle vous a absorbée, cette musique, impossible de s'en décoller. Ce cinquième album studio de nos compères, mais troisième de la formation dite "classique", n'est pas loin du chef-d'oeuvre. Tout simplement parce que Genesis n'aura jamais sonné (et ne sonnera jamais plus) aussi solennel et baroque. C'est à dire, progressif. Car oui, quelque part "Selling England by the Pound" incarne l'album le plus progressif du groupe stricto sensu (le plus progressif tout court ?), à mettre aux côtés du "Lizard" de King Crimson ou du "Close to the Edge" de Yes. Pour la première fois, ils focalisent toute leur attention sur un raffinement qui confine à l'extrême, aidés par une production impeccable. L'entrée en matière emphatique de "Dancing with the Moonlit Knight", et son écho papier carbone, "Aisle of Plenty" qui referme le disque, en sont les étendards. Grandiloquent, chatoyant, mais en même temps mélancolique, ils renferment ces éléments essentiels qui, selon nos affinités, nous séduisent ou nous répugnent. Mais pour arriver d'un point à l'autre de ce disque qui rend hommage à la littérature britannique, il aura fallu traverser quelques fabuleux paysages que seul un être issu du bestiaire de Rudyard Kipling aurait pu vous décrire avec le plus d'acuité. Après un "I Know What I Like", sympathique, et qui démontre déjà, en 1973, de leur farouche volonté d'être écoutés par le plus grand nombre, se cache un joyau dont plus de mille écoutes n'arriveront jamais à me lasser : j'ai nommé "Firth of Fifth". La plus belle pièce écrite de la main glacée de Monsieur Tony Banks, une petite pièce subtile, fine et sensible qui réussit peut-être le plus beau compromis entre musique classique et musique rock, sans verser pour autant dans les descentes de violons ou les cascades de guitares. Un bijou qui, à lui seul, vaut l'achat du disque. Il faudra attendre "The Cinema Show", sur la fin, pour atteindre ce même niveau de perfection ; une mélodie imparable guidée par une ligne de guitare acoustique irrésistible, pour se conclure sur un long dialogue claviers - batterie qui, là aussi, plutôt que de privilégier les coups d'éclat, préfère jouer sur les contrastes et maintient l'auditeur alerte de bout en bout. Si "Selling England by the Pound" ne peut raisonnablement pas s'élever au rang de réussite totale, c'est que, malheureusement, elle a son talon d'Achille. On passera encore sur le dispensable instrumental "After the Ordeal", qui a toutefois sa place ici, puisqu'il contribue grandement à l'atmosphère intimiste du disque. On aura du mal, par contre, à passer sous silence, le second essai vocal de Phil Collins (après "For Absent Friends" sur "Nursery Cryme"), "More Fool Me", plus neuneu que ça tu meurs. Non, le gros faux pas reste la longue pièce montée, "The Battle of Epping Forest", douze minutes interminables mettant en scène l'histoire imaginaire d'une bataille rangée et cocasse dans un parc anglais. S'il s'inscrit en droite ligne d'autres contes tels que "Get'em Out by Friday" ou "Supper's Ready", il représente un genre en soi que Genesis semble déjà avoir éprouvé et auquel il ne peut plus rien apporter. Pour sortir de ce piège qui finit par devenir, bien malgré eux, auto parodique, ils vont devoir considérer la chose sous un autre angle. Peut-être dans une perspective plus large... Il va falloir voir plus grand.

note       Publiée le vendredi 14 juin 2002

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Note moyenne        50 votes

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Nicko › lundi 7 janvier 2019 - 16:36  message privé !
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Mon préféré de la période Gabriel, quasi-chef d’œuvre ! Une claque mélodique et une richesse de composition tout en douceur, du grand art !

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mercebel › mardi 10 novembre 2015 - 20:18  message privé !

Je reste profondément amoureux de Battle of Epping Forest. Jamais contraste n'aura été aussi saisissant entre niaiserie et suprème gravité, ce qui en fait un morceau à proprement parler unique dans le genre. Je vous invite à écouter la version remastérisée, facilement trouvable sur Youtube. Avec une bonne chaine, toute la partie centrale du morceau me fout de sacrés frissons, finesse, émotion et folie se mêlent dans un maelstrom indescriptible, énigmatique et déconcertant. On se surprend alors à tordre la bouche, mimant les vocalises du gab lorsqu'il évoque le verdict du juge. Firth of Fifth est une chef-d'oeuvre également, sa mélodie vous hantera à tout jamais.

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Walter Smoke › mercredi 26 février 2014 - 13:02  message privé !

Virez plutôt "The Battle of machinchose", et on obtient un chef-d'oeuvre du prog ! J'aime même "More Fool Me", tiens. Et bien sûr, "Firth of Fifth", avec son solo signé Hackett qui déboite des mâchoires.

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bubble › lundi 8 juillet 2013 - 14:15  message privé !

virez moi "more fool me" et "after the ordeal" et on a un très bon album .

Ramon › lundi 8 juillet 2013 - 13:40  message privé !

Et oui seulement...

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