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Genesis › Duke

  • 1984 • Virgin CBRCD 101 • 1 CD

12 titres - 55:09 min

  • 1/ Behind the lines 5.43
  • 2/ Duchess 6.25
  • 3/ Guide vocal 1.21
  • 4/ Man of our times 5.34
  • 5/ Misunderstanding 3.13
  • 6/ Heathaze 4.57
  • 7/ Turn it on again 3.46
  • 8/ Alone tonight 3.54
  • 9/ Cul-de-sac 5.06
  • 10/ please don’t ask 4.00
  • 11/ Duke’s travels 8.39
  • 12/ Duke’s end 3.08

enregistrement

Produit par David Hentschel et Genesis, assistés par David Bascombe. Enregistré par David Hentschel de Dukeslodge enterprises LTD. Enregistré aux Polar Studios, Suède.

line up

Tony Banks (Claviers, chœurs, 12 cordes, canard), Phil Collins (Batterie, voix, boîte à rythmes, canard), Mike Rutherford (basses, guitares, chœurs)

remarques

chronique

Styles
pop
Styles personnels
pop progressive

Que voilà un bel album… et oui, malgré cette note, qu’il faut voir comme inscrite dans une immense carrière, «Duke» est pour moi un album de très bonne musique, une pop intelligente et parfaitement foutue, servie par un trio qui troque de plus en plus sa complexité créative au profit d’un savoir-faire «professionnel». On arrive dans la pop pure, mais, pour la dernière fois de son histoire, Genesis est encore un groupe de prog. En 1980 tout juste, année charnière, le trio traçait avec ce «Duke» la voie de ce qu’aurait pu être le néo-prog ; elle ne sera pas suivie, et cet album est d’autant plus précieux qu’il propose un style à la fois très défini et resté unique. Une musique aux arrangements largement sobriéfiés (pardonnez-moi cet n-ième néologisme…), mais dont l’objectif principal reste purement musical, à la recherche de l’ambiance émotionnelle, et surtout de la plastique formelle et sonore. Rythmiques irréprochables, fines, sobres à l’écoute et solides, et on l’apprend sans détour dès l’intro, symptomatique, de «Behind the lines». Une entrée instrumentale porteuse mais résolument simple, thème minimum exposé au synthé, couplet calme et syncopé, piano electrique… le détail de construction de l’ensemble de la pièce force incontestablement le respect. Le groupe pratique l’aller et retour entre le dynamique et le tempéré, pré-refrain, pont, break instrumental structurel… l’enchaînement se fait sans rupture avec «Duchess», peut-être la meilleure composition de l’album. Le poids dramatique de cette deuxième pièce est ici contrebalancé par le saugrenu du traitement d’arrangements, les inflexions dissonantes disséminées et le décidément indispensable Tony Banks… car force est de reconnaître que la guitare de Mike Rutherford est tout aussi respectable qu’inaperçue ( ? ?) ; bassiste toujours percutant sur cet album, il reste un simple guitariste de sessions, malgré ses saillies de lead aigu mais purement atmosphérique, une petite couleur, finesse mélodique supplémentaire, dans un espace sonore entièrement géré par Tony, le Buster Keaton du clavier. «Guide vocal» semble une troublante et anecdotique larme inquiète au piano et voix, mais se révélera prélude secret aux apothéoses de «Duke’s travels». Dans ce recueil aux appâts commerciaux d’excellentes factures («misunderstanding» le tristounet et «Turn it on again» l’énervé), Genesis continue au fond comme avant de présenter des fresques, marquées, mouvantes et contrastées, des pièces finalement sophistiquées dans la cohérence très variée qu’offre à l’arrivée l’écoute globale de l’album. Mais tout cela se fait désormais sous le haut commandement de l’efficacité et du «juste à sa place», et c’est que le bas… monte ! Tout cela fonctionne sans échec : les montées, les hauts-plateaux, les petites choses agréables que l’on appelle couplets, les relances efficaces et pertinentes que l’on appelle refrain… les contrastes visuels et l’émotion subtile, mélancolie un peu pathétique, qui émane de ce disque. Je reste personnellement un grand admirateur des «Behind…, Duchess, Man of our times, Heathaze, et autres Cul-de-sac», sans parler des deux instrumentales terminales qui fonctionnent à 200% sur mes oreilles, peut-être un peu complaisantes… et pour la dernière fois de sa carrière, et c’est ce qui distingue largement cet album déjà 80’s des suivants, Phil Collins est un grand batteur. Ce disque est-il réellement la parfaite réussite pop progressive 80’s que j’entends ? Ne pouvant en être sûr j’objective mon 5/6 convaincu en un 4 incontestable… tout comme il est incontestable qu’il s’agit là du meilleur album de la formation triangulaire. La suite, néanmoins, va commencer à rapporter beaucoup de blé…

note       Publiée le dimanche 23 juin 2002

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notes

Note moyenne        27 votes

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stankey › mercredi 17 juin 2015 - 21:06  message privé !

Derniere pierre à l'édifice. Après, il ne restera qu'un mythe.

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zugal21 › mercredi 17 juin 2015 - 21:04  message privé !

Un peu indigeste, mais riche en perles

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Ramon › lundi 8 juillet 2013 - 12:19  message privé !

Genesis revient avec de meilleures intentions mais il y a comme un Misunderstanding comme on dit outre Manche. Duke a mal vieilli en plus.

Note donnée au disque :       
bubble › mercredi 8 juin 2011 - 11:41  message privé !

non mais c'est vrai que beaucoup de monde trouve des qualités a duke que je n'arrive pas a trouver malgré mes efforts . je reconnais que c'est un disque vraiment à part dans leur disco

Jean Rhume › mardi 7 juin 2011 - 18:02  message privé !

Je me doute que tout le monde ne partage pas ce point de vue. D'ailleurs cet avis est tout récent car je n'avais pas remis le pif dans Genesis depuis des années et encore moins dans la période Collins. J'ai beaucoup plus écouté la période Gabriel et c'est bien celle-là qui m'a foutu une baffe à l'époque mais 30 ans après, j'ai un mal fou à réécouter des trucs comme "Foxtrot" ou "Lamb Lies...", alors que j'ai été plutôt agréablement surpris par "Duke", c'est juste ça. Je crois surtout que je ne peux plus écouter Gabriel, que ce soit avec Genesis ou en solo, alors que j'étais fou de tout ce que faisait ce gars. Comme quoi, parfois...

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