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Lou Reed › Berlin

cd • 10 titres

  • 1Berlin3:25
  • 2Lady day3:39
  • 3Men of good fortune4:37
  • 4Caroline says3:57
  • 5How do you think it feels3:43
  • 6Oh Jim5:12
  • 7Caroline says II4:12
  • 8The kids7:51
  • 9The bed5:51
  • 10Sad song6:59

enregistrement

Morgan Studios, Londres, Royaume-Uni, 1973.

line up

Michael Brecker (saxophone ténor), Randy Brecker (trompette), Jack Bruce (basse), Aynsley Dunbar (batterie), Bob Ezrin (piano, mellotron, chœurs), Steve Hunter (guitare électrique), Tony Levin (basse), Lou Reed (voix, guitare acoustique, chœurs), Dick Wagner (chœurs, guitare électrique), Steve Winwood (orgue, harmonium), B.J. Wilson (batterie), Allan Macmillan, Blue Weaver (piano), Gene Martynec (guitare acoustique, synthétiseur, voix), Jon Pierson (trombone basse), Dennis Ferrante, Steve Flyden, Elizabeth March (choeurs).

remarques

chronique

Styles
rock
Styles personnels
théâtral

Cet album est peut-être le chef-d'oeuvre du père Lou. C'est en tout cas le plus torturé, le plus dépressif. Pire que dépressif : suicidaire (y compris sur le plan commercial d'ailleurs). Il y a bien sûr un vague concept, à base de tableaux cafardeux et de misère sociale. Les compositions, dont beaucoup datent semble-t-il de l'époque du Velvet (Lou en avait un certain nombre encore en réserve), vont bien au-delà de la "tristesse" revendiquée : elles sont à la dérive, blocs de beauté entachés de cruauté, cris aux distorsions baroques et hallucinogènes hurlés ou étouffés au grand théâtre de la désespérance. Pour ne rien arranger, Lou Reed fait appel à Bob Ezrin pour la production, connu alors pour ses méfaits avec Alice Cooper. Ainsi, avec Ezrin, qui convoque une brochette de musiciens extraordinaires (les frères Brecker, Aynsley Dunbar à la batterie, Steve Hunter à la gratte, Tony Levin, Allan Macmillan, Steve Winwood...), le cauchemar sera mis en scène dans des décors fastueux, filmé en 70 millimètres et en multicolor. Donner à ces chansons une telle rutilance... ultime paradoxe. Mais on en prend bien vite conscience au fil des écoutes : Lou Reed s'en sort intact, et l'auditeur détruit. Si la plongée dans le noir démarre dès les premiers sons atroces et vaporeux du sublime "Berlin" (reprise transfigurée du premier album éponyme), c'est véritablement dans la seconde partie du disque que les lumières s'éteignent complètement. "Sad song" en conclusion majestueuse est pour ainsi dire chantée post-mortem. Pour l'anecdote, les pleurs et les hurlement poignants des enfants que l'on entend à la fin de "The kids" furent produits par les enfants de Bob Ezrin lui-même : il leur avait fait croire que leur mère les avait quittés pour toujours et il avait enregistré leurs réactions à leur insu. Voilà qui vous donnera une bonne idée de l'atmosphère régnante dans cet album aux sombres éclats, aussi beau que triste, aussi indispensable que dégueulasse.

note       Publiée le lundi 19 décembre 2005

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notes

Note moyenne        34 votes

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Rastignac › mercredi 6 juin 2018 - 13:34  message privé !
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Pareil, les ritournelles qui collent à l'occiput mais avec la plus-value déchéance dépression pathétique et tragédie à tous les étages, du début à la fin. Idéal pour faire des mauvais choix dans la vie. D'ailleurs, Bobby Biebling, chanteur de Pentagram, disait bien que Lou Reed (notamment dans White Light/White Heat) était une des raisons pour laquelle il a tellement kiffé certaines drogues. Et on sait maintenant que Bobby Liebling a fait beaucoup de mauvais choix. J'arrête les analogies, je résume : cet album tient tout seul quand on le pose par terre tellement il suinte le désespoir.

(N°6) › dimanche 25 juin 2017 - 01:58  message privé !
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Le combo Berlin/Lady Day, c'est terrible. La porte des Enfers.

nowyouknow › mardi 10 février 2015 - 19:23  message privé !

RockinDave: perso je préfère Berlin aux 3e et 4e Velvet... En tout cas meileur que Loaded c'est clair. Et puis c'est l'album qui représente le mieux Lou Reed je trouve.

Note donnée au disque :       
Consultant en informatique › mardi 10 février 2015 - 14:37  message privé !
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Je trouve que ça tire un peu trop en chaussettes sur la fin, mais les trois quatre premiers morceaux c'est un vrai strip-tease.

RockinDave › mardi 10 février 2015 - 11:42  message privé !

L'album est bien, il fait partie des principales oeuvres solos de Lou Reed! Au-dessus, il y a Transformer et à côté Coney Island Baby que je préfère même à Berlin ! Mais, le problème c'est qu'on fait tout un foin autour de cet album, alors qu'il est nettement inférieur à la période Velvet underground, très nettement inférieur ! Le mythe de l'album Berlin est bien mis en place, mais il ne tient pas la route !