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Chromatics › Kill For Love

cd | 16 titres | 91 :26 min

  • 1 Into The Black [ reprise de Neil Young]
  • 2 Kill For Love
  • 3 Back From The Grave
  • 4 The Page
  • 5 Lady
  • 6 These Streets Will Never Look The Same
  • 7 Broken Mirrors
  • 8 Candy
  • 9 The Eleventh Hour
  • 10 Running From The Sun
  • 11 Dust To Dust
  • 12 Birds Of Paradise
  • 13 A Matter Of Time
  • 14 At Your Door
  • 15 There's A Light Out On The Horizon
  • 16 The River

line up

Johnny Jewel, Adam Miller, Nat Walker, Ruth Radelet

chronique

Styles
electro
cold wave
new wave
Styles personnels
fenêtres fermées, crâne ouvert

Ok, quels sont les artistes actuels dont on attend encore les disques ? Avec le grand décloisonnement du net, il devient impossible de voir venir toutes les sorties potentiellement intéressantes de chaque mois, tant tout est devenu accessible. Les Chromatics, et de manière générale, tous les projets de Johnny Jewel sous sa bannière Italians do it better, échappent à la règle. Peut-être à cause des années écoulées entre chaque album... Peut-être à cause de leur qualité. Ce Kill For Love, je l’attendais, tout particulièrement depuis que j’ai rencontré le Johnny en question et entraperçu sa méthode de création, entre perfectionnisme idéaliste et artisanat do-it-yourself. Gageons que la sortie du film Drive aura incité Jewel à ne plus repousser l’échéance ; les Chromatics étant propulsés – même si ce n’est qu’un instru – dans tous les iPhone et les lieux branchés du monde. D’ailleurs, les Chromatics, en bon projet d’art total, ont toujours été liés à quelque chose de cinématographique : Kill For Love n’est-il-pas présenté explicitement sur le verso de la pochette comme une B.O. de film imaginaire, un film « interdit dans plus 7 pays » et qu’on imagine poisseux et sensuel, d’une violence sourde et surtout d’une détresse immense, comme la musique. Un linceul de détresse. Ruth Radelet, la petite mignonne aux yeux fantomatiques et à se damner, semble chanter, si ce n’est depuis la tombe, au moins depuis la morgue, la voix filtrée par des vapeurs médicamenteuses, lourds rideaux de fer cloisonnant tout rayon de lumière qui risquerai de s’infiltrer dans l’album. Il faut imaginer quelque chose de bien plus pudique et trouble que ce que mes mots patauds parviennent à dégoiser. Passé la première série de titres, quasiment tous des tubes justifiant sans problème ladite attente, on est parti pour une grosse heure d’angoisse et de solitude à couper au couteau. Kill For Love, c’est Lady Italo-disco qui, après des mois de dépression à ne plus voir le jour, finit – masochisme, ennui ou faiblesse aidant – par chercher la compagnie de Lord Cold Wave, un flirt qui la rapproche jour après jour de l’état de cadavre bien froid dont ledit Lord semble se délecter, dans son vertige esthétisant – lui-même étant au fond du même trou, ça va de soi. A vrai dire, dès le chef d’œuvre ‘Lady’ qui ouvre la face-b, ce disque nous a déjà foutu le bourdon pour la semaine... à un point que, oui, il semble inutile d’en aller jusqu’au bout, tant on sait déjà que l’humeur ne bougera pas d’un cil. Mais de la même façon que le glauque consommé de ‘Nightcall’ ne semble pas effleurer les foules, peut-on voir dans Kill For Love autre chose que cette chute libre dans les abîmes du désespoir ? Après-tout, le côté disco n’a pas disparu, plusieurs titres sont encore dansants... Et l’envers (l’endroit, en l’occurrence) de ce décor de cinéma, c’est bien sûr l’aspect strictement musical, et en ce sens, Chromatics, de par ses origines et sa culture, est Rock : Le verso de la pochette est donc cette gibson romantiquement prise en photo... Ou une référence osée à Loveless. De la même façon, Into the Black, la reprise de Neil Young qui nous accueille, cherche-t-elle l’héritage d’un certain esprit, ou est-elle le polaroïd de ses pitoyables restes ? Que reste-il du sens de ces paroles ? « It’s better to burn out than to fade away » n’est-il pas une phrase aujourd’hui plus connue pour être tirée de la lettre de suicide de Kurt Cobain que de cette chanson ? Sans parler du misérable Johnny Rotten, plus que jamais pourri à l’heure de la reformation de P.I.L. financée par une pub pour le beurre. La guitare qu’exhibent les Chromatics ne riffera pas ce soir, elle ne traînera que mollement ses yeux épuisés et sa carcasse le long des interminables instrumentaux qui jalonnent cet album (superbe Dust to Dust). Et la seule âme qui vive ici est la voix de Ruth, tantôt endormie dans son lit d’anxio (Candy), et bientôt hirsute et rendue à moitié folle par l’insomnie (le terminal A Matter of Time, façon Jane Birkin explosée au valium). Les titres suivants semblent conclure sur une note plus gaie – et peu convaincante – mais le titre bonus rajouté sur iTunes s’appelle No Escape, et il porte bien son nom. Cette histoire d’amour-là m’évoque plus un certain ‘Bug’ de William Friedkin (film claustro et sans espoir) que la romance de ‘Drive’. C’est à dire un truc qui ne finit pas simplement « pas bien », mais MAL. Je crois que je ne réécouterai plus jamais ce disque.

note       Publiée le lundi 25 mars 2013

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    L'original de "Into the black" (à l'origine intitulée hey hey my my) ouvre et clot cet album du Loner.

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(N°6) › lundi 4 août 2014 - 20:08  message privé !
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Tu veux un peu de Lexo avec ton Tranxène ? Mais qu'est-ce que c'est glauuuuuuuuuuuuuuuque.