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Protomartyr › Ultimate success today

  • 2020 • Domino WIGCD464 • 1 CD digipack

cd • 10 titres

  • 1Day without end
  • 2Processed by the boys
  • 3I am you now
  • 4The aphorist
  • 5June 21
  • 6Michigan hammers
  • 7Tranquilizer
  • 8Modern business hymns
  • 9Bridge & crown
  • 10Worm in heaven

extraits vidéo

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remarques

https://protomartyr.bandcamp.com/

chronique

Styles
post punk

L’aube, les bêtes piaffent dans un halo de vapeur; racées, la robe noire, elles ont été entraînées pour la course dans ses modalités les plus dures. Elles secouent la tête nerveusement projetant leur crinière de bas en haut, mâchant frénétiquement le mors, des filets de salive écumeuse leur coulant des lèvres. C’est qu’elles ne demandent qu’à s’élancer d’un coup sur la piste, galoper comme le tonnerre mais pour doubler leur efficacité, cultiver leur rage, on les retient car dans la tension et la souffrance s’épanouit la passion. Ces bêtes, ce sont les morceaux de ‘Ultimate success today’, un disque noir, âpre, bande-son d’un jeu tordu de relâchement, d’étouffement, de nervosité, riche et varié également. ‘Day without end’ donne le ton, un climax que l’on pressent, qui enfle imperceptiblement, trompe par sa mélodie, son saxo frais inattendu et bienvenu, car le lâcher-prise n’arrivera jamais. On a beau mâcher le mors, l’explosion espérée n’arrive pas. Il y en a d’autres, ainsi ‘Processed by the boys’ éclatant dans son entrée qui se révélera au final toxique et étouffant. Ce n’est qu’avec ‘I am you now’ que la tension se libère un brin mais seulement un brin car les roulements tribaux de la batterie demeurent dans la retenue, les éclairs lacérants de la guitare ne suffisent pas, il faudra s’y faire, apprendre à souffrir de l’intérieur. Un cheval, même écumant, c’est noble, difficile de ne pas avoir envie de lui flatter l’encolure malgré ses mouvements de tête nerveux; ce sont ‘The aphorist’ et ‘June 21’ (ce dernier enrichi d’une voix féminine), les moments de paix dans la tension de l'avant-course, étonnamment lumineux malgré le trouble inconfortable sous-jacent dégagé en permanence. Avec ces contrastes cohérents, Protomartyr prouvent une fois encore leur génie, mêlant post punk torturé, grisaille cold wave, miettes punky, zeste de no wave noisy, assaisonnés d’une belle louche de mélodies. S’agirait-il d’un chant du cygne ? Les textes, le titre le laisseraient à craindre. On s’en fout parce que si c’est le cas, par delà les larmes, ce sera un sans-faute pour ce groupe qui parvient encore une fois à renouveler sa formule (le saxo, le chant féminin) sans perdre l’urgence écorchée des débuts, la mélancolie post-désastre économique, les arrangements subtils et une putain d’électricité qui lamine la gueule. Toujours intranquille, pas complètement inconfortable, jamais facile mais terriblement jouissive. Si Protomartyr n’ont pas inventé leur style, ils ont clairement dégagé le truc en plus, écrasant sans pitié les concurrents qui les talonnent souvent avec peine. Les harnais ont été ôtés, les chevaux se sont rués dans un nuage d’écume et de poussière, réduits déjà à un simple point à l’horizon, tandis qu’un terrible sentiment de solitude monte à la gorge sur le triste ‘Worm in heaven’. ‘So it’s time to say goodbye. I was never keen on last words’, chante Casey…

note       Publiée le mardi 14 septembre 2021

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Note moyenne        3 votes

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allobroge › vendredi 17 septembre 2021 - 21:32 Envoyez un message privé àallobroge

Oh le beau baudet, enfin bardot, album génial pour ma pomme, exceptionnel !

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Shelleyan › mercredi 15 septembre 2021 - 21:17 Envoyez un message privé àShelleyan
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J'ai toujours fait abstraction des pochettes relativement peu à mon goût à part celle de 'Relatives in descent'...mais ça m'a fait marrer d'imaginer ça en écoutant au casque pour un disque avec un bardot sur la couverture effectivement ^^

Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 15 septembre 2021 - 14:46 Envoyez un message privé àDioneo
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Mais sinon je viens de faire "play" sur la page du disque sur leur bandcamp, histoire d'arrêter de faire complètement dans le HS... C'est normal qu'à l'ouverture je pense à Léo le Rigolo plutôt qu'à quoi/qui que ce soit d'autre ??!

EDIT : bon, dès le deuxième morceau beaucoup moins... Par contre j'accroche assez bien, je ne m'attendais pas forcément à cette musique là, je ne sais pas pourquoi je voyais ça comme un truc plus hardcore-punk, fruste. Les touches de sax/clarinette insufflent un truc bien particulier, entre autres. (Et du coup je pense à Blurt, ce coup... Mais non, c'est encore autre chose). Et la voix passe très bien, aussi (avec ce genre de timbre, chez moi, soit ça prend direct soit ça me rebute d'emblée... ben là ça marche).

Message édité le 15-09-2021 à 14:54 par dioneo

Dioneo › mercredi 15 septembre 2021 - 14:36 Envoyez un message privé àDioneo
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Bardot Pont => nom de groupe alcoolique (et comtois) imaginaire... Direct.

Raven › mercredi 15 septembre 2021 - 14:33 Envoyez un message privé àRaven
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Ne serait-ce pas plutôt un bardot ? Demandons à Brigitte.