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Simple Minds › Street Fighting Years

cd | 10 titres | 61:13 min

  • 1 Street Fighting Years
  • 2 Soul Crying Out
  • 3 Wall Of Love
  • 4 This Is Your Land
  • 5 Take A Step Back
  • 6 Kick It In
  • 7 Let It All Come Down
  • 8 Mandela Day
  • 9 Belfast Child
  • 10 Biko

enregistrement

Produit par Trevor Horn et Steve Lipson de mars 1988 à mars 1989.

line up

Jim Kerr (chant), Charlie Burchill (guitares), Michael MacNeil (piano, claviers, accordéon)

Musiciens additionnels : Lisa Germano (violon), Lou Reed (chant sur "This Is Your Land"), John Giblin (basses), Steve Lipson (basse), Mel Gaynor (batterie), Manu Katché (batterie), Stewart Copeland (batterie - non crédité), Lorna Bannon (choeurs), Maureen Kerr (penny whistle, bodhran), Sidney Thiam, Abdul M'boup, Leroy Williams (percussions), William Lithgow, Sheena McKenzie (violoncelles), Roger Sharp (cornemuse)

chronique

Beaucoup d'auditeurs ont été trop expéditifs avec Street Fighting Years. Souvent les mêmes qui n'ont pas hésité à s'agenouiller devant le précédent. Ce qui était à l'œuvre sur Once Upon A Time tient de l'ersatz. Même techniquement irréprochable - puisque ce fût le cas - un ersatz reste un ersatz. Ce qui est à l'œuvre sur Street Fighting Years, passé le raz-de-marée étouffant des stades, c'est la plénitude, presque gospel, et légèrement mâtinée d'instruments traditionnels écossais, d'un groupe qui s'est fourvoyé loin de son berceau. Un groupe passé de cinq à trois têtes, mais revenu à ses Landes nourricières. Jim Kerr a, courageusement ou lâchement, abandonné ses envolées lyriques de narcisse doré qui faisaient le sel des jeunes albums, préférant l'épure soul ; il chante désormais des choses claires et compréhensibles, et comme il a souvent été dit, politiques, à propos du monde qui l'entoure, et des hommes d'exception qui le façonnent. Son groupe évoque aussi Le Boss, de Darkness on the edge of Town notamment, dès le premier titre éponyme. Une ferveur plus humaniste que romantique. Simple Minds sont, désormais, assis aux côtés de l'idole de jeunesse Peter Gabriel. Celui de la plénitude quadra, tourné vers les voix du Monde et le positivisme... et s'ils en reprennent le "Biko" avec des sabots un peu gros, sonnent parfois un peu comme le Sting de l'époque qui se découvrit avant eux porte-parole des causes humanitaires, ou se parent de faux-airs INXS ("Kick It In"), l'épaisseur mélodique et instrumentale est quand même d'un rang supérieur. Les nuances bien souvent à la lisière du sublime reviennent ("Soul Crying Out") et le caractère épique est prêt à resurgir (les riffs cinglants sur la fin de "Take a Step Back"). Et il y a souvent de nombreuses échappées des sentiers battus au sein d'un même morceau, mais encore faut-il ranger l'a priori qu'on a dégainé de son on étui à la vue du nom Trevor Horn dans les crédits... et puis ceux qui seraient tentés de reprocher à Street Fighting Years cet aspect "FM à plusieurs nappages" lorgnant vers la surproduction, que pourraient-ils alors dire d'un album comme Good News From The Next World ? D'autant plus que le casting quasi-hollywoodien de musiciens additionnels à l'œuvre ici (dont certains sont sans surprise partagés avec Peter Gabriel) est tout entier dévoué à enrober d'instrumentations denses ces chansons spirituelles. Ecoutez "This Is Your Land"... est-ce une pop si consensuelle ? Écoutez ces breaks lardés d'une guitare crimsonienne, et ce "money can't buy me" lourd de sens, lâchés par ce meneur-soleil aux airs de diacre magnifique... et puis, décidément, j'ai beau vouloir me dire que ça sent l'obligation citoyenne façon restos du coeur ou que c'est plus proche de Johnny Clegg que d'une chanson que je pourrais vous vendre "gutsienne" droit dans les yeux, mais bon sang, je ne peux pas m'empêcher de trouver "Mandela Day" absolument sublime, malgré ma méfiance habituelle à l'égard des chansons-colombes, celle-ci n'est jamais loin de me mettre les larmes aux yeux... Street Fighting Years est ainsi : un album fondamentalement bienveillant, façonné dans des matériaux nobles, plein de respirations, qui ne parlera décidément qu'à ceux prêts à vraiment l'écouter.

note       Publiée le mercredi 19 juin 2013

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Seijitsu › mercredi 14 mai 2014 - 22:52  message privé !

Je ne l'aime pas autant que les albums de la période Real to Real à Sparkle, mais je trouve quand même plein de charme à ce Street Fighting Years (bon c'est sûr que si vous détestez U2, c'est même pas la peine d'essayer). Plus qu'à la fausse usine à tubes qui le précède en tout cas.

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Dun23 › vendredi 21 juin 2013 - 10:08  message privé !

Yep, Mandela Day! M'a parlé à l'époque, et à priori, cela reste le seul truc que je retienne de l'album aujourd'hui mais maitre corbeau a suffisamment de talent pour me pousser à le sortir du placard.

Twilight › mercredi 19 juin 2013 - 12:16  message privé !
avatar

Tout l'album, j'ai du mal, mais je suis devenu suffisamment adulte pour prendre un certain plaisir à l'écoute de 'Mandela day' qui a effectivement une étincelle incroyable que j'ai boudée durant des années (pas assez daaark !) et 'Belfast child'...Je devrais peut-être réessayer tout le disque une fois mais contrairement au précédent, j'ai pas l'excuse de la nostalgie et ça pèse...

novy_9 › mercredi 19 juin 2013 - 10:13  message privé !

bah non je l'aime pas ... je préfére celui d'avant, même si je ne me suis pas agenouiller devant :)

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