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Arnaud Rebotini › The Wood EP

mp3 | 2 titres | 16:18 min

  • 1 The Wood [08:00]
  • 2 Leviathan [08:18]

extraits vidéo

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chronique

Styles
electro
techno
Styles personnels
dark techno mélancolique

Arnaud Rebotini devrait être le parrain de Guts of Darkness. C'est vrai quoi, un ancien dealer d'albums de chez Rough Trade, un type qui est capable de parler aussi bien de Burzum, Slayer, Debussy ou Johnny "Guitar" Watson, avec la moustache de Lemmy et la carrure de Peter Steele, un passage à l'IRCAM pour y tâter de la musique contemporaine, des collaborations avec le versant le plus sombre ou expérimental de la chanson française (Alain Bashung, Philippe Poirier), et bien sûr un côté geek technoïde assumé dans son amour pour les machines, les vraies, celles qui ronronnent quand on leur caresse les douilles. Dans sa chronique de Music Components, la nouvelle bible de la techno organique française, mon éminent collègue le Grand Corbeau comparait Rebotini à un alchimiste et l'image est on ne peut plus juste. Un alchimiste du côté obscur de la force, sa formule c'est la Pierre Philosophale opaque, c'est la puissance et la mélancolie au service du dancefloor et des ruminations solitaires nocturnes. C'est pas un hasard non plus si il signe cet EP, ou plutôt ce single, sur le label de The Hacker, l'ombrageux grenoblois batcave et cyberpunk qui a contribué aux heures de gloire d'un electroclash dans lequel Rebotini lui-même c'était plongé au début de son projet Black Strobe, alors avec Ivan Smagghe. "The Wood", le morceau, ressemble d'ailleurs fort à une version minimaliste des tourneries obscures du duo originel, sonorités de plastique en ébullition en plus, ça crépite du latex dans la casserole de Rebotini qui fait revenir son or noir aux petits oignons abrutis de pulsations forcenées. C'est cuit sans fioriture, ça se sert refroidi et saignant, ça a un goût de truc à mâcher pendant longtemps, à ruminer idiotement. Quelle techno, la vache. La face B est largement plus longue en bouche. C'est même là que se cache la substantifique moëlle du grand chef. De longues trames linéaires qui s'étendent, parallèles et le nez dans le guidon, au son de beats qui saccadent juste assez pour pousser le rythme au cul sans jamais avoir à bourriner, c'est la force tranquille comme un vol d'oiseaux qui se gonfle à vu d'oeil, une migration sonore insidieusement croissante qui ressasse ses mêmes motifs aux élans aériens avec chaque fois plus de tension, plus de couleurs et de lignes. En d'autre terme, c'est une putain de boucherie en terme de techno à la fois texturée et mélodique tout en gardant cet aspect de ligne aussi claire et précise qu'un trait d'écriture zen. La quintessence de l'art de Rebotini dans le genre, un long envoutement qui monte aussi implacable qu'une marée, chaque notes comme une vaguelette sous la lune froide, chaque beat comme un clapotement nouveau sur les galets. "Leviathan", ou huit minutes et quelque de perfection.

note       Publiée le mardi 11 mars 2014

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