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Arnaud Rebotini › Someone Gave Me Religion

cd • 9 titres • 57:29 min

  • 1The First Thirteen Minutes of Love13:14
  • 2Another Time, Another Place06:45
  • 3Personal Dictator04:19
  • 4Another Dictator04:48
  • 5Echoes06:11
  • 6All You Need Is Techno05:25
  • 7Who Gonna Play This Old Machine?05:20
  • 8Extreme Condition Demand Extreme Response03:22
  • 9The Choir of the Dead Lovers08:06

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré quelque part à Paris.

line up

Arnaud Rebotini (Arp Odyssey, E-mu SP1200, Korg MonoPoly, Eminent Solina, Korg PE2000, Oberheim 2 Voice, Roland Juno 60, Roland SH-101, SH-1000, TR 303, TR 808, TR 909, VP 330, Sequential Circuits Pro One)

remarques

chronique

Styles
techno
house
musique électronique atmosphérique
Styles personnels
techno mélancolique

Entrer en techno comme on entre en religion. Ca aura été le cas pour le grand (et pas que physiquement) Arnaud Rebotini. Si il est revenu aux machines des origines, ce n'est pas un hasard. Et si il déclamait avec sa formation electro-métalo-boogie Black Strobe qu'il fallait brûler sa propre église, ça ne l'empêche pas de continuer à porter haut l'étendard d'une techno qu'il veut organique plus que tout. L'excellent Music Components sentait à plein nez le fétichisme des vieux synthés vintage mais ce n'était ni par posture mode ni par snobisme, le bonhomme la percevait ainsi sa techno, jouées sur des vrais instruments, avec leurs personnalités, leurs imperfections et une patine que le temps aura déposé sur eux leur conférant comme il le dit lui-même un voile métaphorique propice à développer l'imaginaire. Car c'est bien cette qualité là qui l'intéresse le plus. Pas seulement de produire du beat indiscutable pour ravager les pistes des clubs, la techno des origines portait aussi en elle une sourde mélancolie rêveuse se prêtant à l'introspection et aux divagations noctambules. Ajouter à ça le goût de Rebotini pour le krautrock le plus spatial et planant et les treize premières minutes de l'album coulent presque de source, de l'électronique envoutant flottant en apesanteur, aux arpèges sub-aquatiques et aux irisations sonores changeantes comme un ciel de pluie, de la techno réduite à sa substance la plus caressante, sensuelle, dénuée de force de frappe, uniquement lignes de synthétiseurs se dépliant au gré de courants invisibles tels de longues méduses translucides parcourues de sillons électriques luminescents. Une mise en bouche à contre-courant de tout stéréotype techno, tout en douceur onirique. Il est partout ce vague à l'âme-là et la volonté de se cantonner à l'analogique en découle aussi, non dans un mouvement de revivalisme un peu vain, Rebotini ne fait pas de la techno passéiste "comme au bon vieux temps", mais dans une optique de réutiliser ces sonorités à travers des compositions bien actuelles, singulières, en bon artisan amoureux du geste et de la matière. C'est qu'on les sentirait presque toutes ces machines fabuleuses, listées à l'intérieur de la pochette, elles ronronnent de plaisir, elles grésillent, elles sont reliées physiquement entre elles par des câbles solides, des prises pas toujours correctement enfilées, elles réagissent aux vibrations les unes des autres, elles vivent quoi ! Bordel, faire de la techno, c'était pas fourrer des disquettes pleines de plug-ins dans des laptops et empiler des sons dans un logiciel, c'était faire vrombir des engins de science-fiction qui sonnaient comme le futur ! "Remember when we were young" vocodérise une voix robotique sur "Another Time, Another Place", tournerie redoutablement efficace qui donne autant envie de bouger son cul que d'onduler paresseusement la tête en regardant les lumières citadines. "Who's Gonna Play this Old Machine ?", magnifique techno plaintive sur laquelle Rebotini fait soupirer ses engins qui semblent eux aussi avoir conscience de leur âge avancé. Mais il en tire des merveilles, même quand il fait monter l'agression d'un cran sur un "Personnal Dictator" sombre et râpeux et sa suite instrumentale hypnotique et glacée. Ils sont encore capables de cracher de l'acide bien corrosif, pour peu qu'on sache les triturer avec savoir-faire, et rugir aussi puissamment que tous ces petits techno-kids aux sonorités über-compressées et bastonneuses, l'expérience des antiques boites à rythmes se frottant sans complexe aucun à la jeunesse, comme dans le dernier round de Rocky, couturées de vieilles soudures, sorties de leur pré-retraite pour aller au front de la rave une nouvelle fois. Et cette élégance sonore absolue quand il s'agit de faire planer une atmosphère cotonneuse de coup de blues, sublime "Echoes", ou évoquer un chant électronique polyphonique assourdissant comme des vagues d'ondes d'au-delà. Rebotini est l'homme qui fait pleurer les synthés et chavire l'âme de la techno.

note       Publiée le mercredi 3 juillet 2013

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Note moyenne        6 votes

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born to gulo › samedi 3 mars 2018 - 13:24 Envoyez un message privé àborn to gulo

Pas mieux. On l'imagine pas si fragile, le fils de Mitchum et Noiret. Même si j'aurais dû être préparé, en le voyant récemment live sur fb, bouger comme Gahan dans sa grande carcasse.

(N°6) › samedi 3 mars 2018 - 09:59 Envoyez un message privé à(N°6)
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Ca m'a fait quelque chose de voir ce grand bonhomme ému aux larmes de recevoir un César.

Note donnée au disque :       
Alfred le Pingouin › mercredi 3 juillet 2013 - 17:56 Envoyez un message privé àAlfred le Pingouin

J'adore le mec, vu deux fois, en solo et avec Black Strobe. Il a tout mon respect, et en plus il a une classe assez incroyable.