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Black Strobe › Paris Acid City

  • 1997 - Source, 7243 8 94795 2 2 (1 vinyle)

vinyle | 3 titres | 26:14 min

  • 1 Paris Acid City [07:05]
  • 2 Paris Acid City (Russ Gabriel mix) [07:55]
  • 3 Funk Is Not Always Where You Think [11:14]

extraits vidéo

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line up

Arnaud Rebotini, Ivan Smagghe

Musiciens additionnels : Russ Gabriel (remix 2)

chronique

Styles
electro
house
techno
Styles personnels
la french touch du côté obscur

Ah, la French Touch. Milieu des années 90. Ca déferle sur le monde à coup de bon vieux disco filtré. C'est bien marketé, c'est chic, c'est glossy, c'est catchy, c'est frenchy et ça se vend à la pelle. Le glorieux Hexagone aura pris sa revanche pop sur 40 ans d'humiliation et de domination culturelle du monde anglo-saxon. Ces types qui portent des casques parce que ça fait mystérieux (et aussi un super plan com auprès des journaux), ces gros boum boum avec refrains au vocoder, cette imagerie clichetonneuse d'un Paris branché, jazzy, loungy et électronique avec boule à facette version 2.0, c'est du pain béni pour l'exportation. Ca m'a toujours gonflé, dès le début. Jamais bien compris l'engouement, et cette électro-là ne me faisait pas envie. Toute cette clique hétéroclite qu'on a bazardé sous une appellation genre Label Rouge de la techno, du son bien de chez nous, de la House faite maison, ce triomphalisme patriotique refoulé con-con qui ressort chaque fois que deux péquins bien franchouillards se voient adoubés par les rosbifs n'allait pas me faire aimer cette musique un peu trop putassière, finalement très lisse, très efficace au point d'en devenir vulgaire, au sens commun du terme. De la techno pour les gens qui n'aiment pas la techno. Heureusement, dans la queue de la comète, en loucedé, s'étaient glissés deux ex-vendeurs de chez Rough Trade, armés d'un mauvais esprit salutaire et d'un goût autrement plus relevé en terme de beats et de sons synthétiques. Introducing Ivan Smagghe et Arnaud Rebotini. Surnageant dans cet océan de paillettes écoeurant, les deux compères sortent du bois avec la ferme intention d'aller à rebours. Ils te prennent une ligne de basse chez les ancêtres, en l'occurrence le "On the Floor" de Tony Cook remixé par le DJ Timmy Regisford, un des tout premiers tubes house, et là dessus développent un groove lourd et puissant, avec des sonorités aigrelettes et bien tranchantes qui fleurent bon le début des années quatre-vingt. Et comme une bonne blague, une grosse voix déformée ressasse incessamment un mantra moqueur : "Paris Acid City". Ah ah ah ! Les cons ! Moins "acid" que Paris à l'époque de la French Touch, fallait se lever assez tôt pour courir les afters. De la house, de la vraie, de la rêveuse comme dans le temps, Russ Gabriel en propose une bonne tranche avec son remix qui ne garde quasiment que cette ligne de basse ancestrale et une bordée de handclaps sur lesquels se greffent des claviers très acid, pour le coup, avec nappes éthérées en arrière, il ne manquerait plus que quelques vocaux bien soulfull pour se croire vraiment à Chicago quelques années plus tôt. En tant que tel, ça serait déjà un bon gros pavé dans la marre, que personne (sinon l'Angleterre) ne verra vraiment, cette techno là, cette décennie là n'est pas dans le viseur de "ce qui se fait" en cette période faste. Faut-il qu'ils en rajoutent avec onze minutes sublimes évoquant de façon distincte la matrice de toutes les matrices, Detroit l'industrieuse. Nappes sourdes qui vibrent en pulsations ralenties, synthés sombres ronronnant au coeur des usines désaffectées, voix-post humaines bien imitées par les machines, rythmique de chaines de montage qui groovent métronomique, arrière-goût de synth-pop cybernétique. Autant dire que ce n'était pas l'idée que le courant dominant ce faisait de Da Funk à l'époque, et pourtant, Smagghe et Rebotini disaient, eux, que "Funk Is Not Always Where You Think", et certainement pas dans cette électro un peu grosbill qui séduisait alors son monde, avec son côté "pouêt-pouêt, c'est la fête à la saucisse !" (dixit Rebotini himself, je ferai jamais mieux !!). Black Strobe (rien que le nom, putain, qui résonne comme un bon gros bourre-pif) est dans la place, lui aussi, pour rappeler un peu que la techno c'était avant tout une musique à la fois sombre et dansante, onirique et industrielle, funky mais inquiétante. Une alternative nécessaire en quelque sorte, qui ne trouverait un réel écho que quelques années plus tard, une fois que les eighties reviendraient en force.

note       Publiée le mardi 5 mars 2013

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london calling › mercredi 6 mars 2013 - 11:16  message privé !

Faut quand même faire gaffe ... des types capables de détourner le logo de Kiss sont capables de tout, voire du pire, mais restent sympathiques au premier abord ...