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KoЯn › Issues

cd | 17 titres | 57:08 min

  • 1 Dead
  • 2 Falling away from me
  • 3 Trash
  • 4 4 U
  • 5 Beg for me
  • 6 Make me bad
  • 7 It's gonna go away
  • 8 Wake up
  • 9 Am i going crazy
  • 10 Hey daddy
  • 11 Somebody someone
  • 12 No way
  • 13 Let's get this party started
  • 14 Wish you could be me
  • 15 Couting
  • 16 Dirty
  • 17 Jingle balls

line up

Jon. Davis, Fieldy, Munky, Head, David

remarques

La pochette a été sélectionnée après un concours auprès des fans dessinateurs. Les quatre autres ayant remporté le plus de suffrages ont été reproduites au verso du livret.

chronique

Poursuivant leur petit bout de chemin là où personne ne les attends, Korn se permettre de nous sortir ce que l'on peut sans nul doute désigner comme l'album le plus sombre, le plus décalé, le plus mélancolique et le plus torturé de toute leur discographie. Les compostions sont dérangeantes à souhait. Le son des guitares, très lourd, et les basses atomiques, mariés à des sonorités plus étranges qu'aiguës, au chant de maniaque de Jonathan Davis et ses cris nasillards, nous édifient un disque vraiment intriguant. L'ensemble s'articule autour de deux types de structures. D'un côté, des morceaux bien foutus, type couplet / refrain / couplet, dans lesquels on peut ranger "Falling away from me", "Beg for me", "Make me bad" et autres, de l'autre, des petites ouvertures aléatoires et sinistres, "Am I going crazy", "It's gonna go away", le tout enchainé de manière alternative pour empêcher l'auditeur d'y retrouver ses marques. La résultat est un disque vraiment déconcertant, à la fois très simple et très compliqué, un disque que les fans de première heure ne se priveront pas de désigner comme un vautrage complet... Mais "Issues" est pesant et besogneux, c'est un pantin articulé qui dévoile une facette de Korn jusqu'alors inconnue, un Korn intelligent, mature, qui se fout du qu'en dira t'on, et qui s'impose en maître absolu de sa musique.

note       Publiée le samedi 6 avril 2002

chronique

Souviens toi l'Eastpack dernier... et celle du premier pack qui y était caché. L'odeur de ce sac à dos orné de graffitis au marqueur (noir, forcément) me revient à la gueule moi aussi, si tu es de ma génération, et si tu n'en es pas je vais pour toi tâcher d'y voir plus clair à travers ce purulent charbon de souvenirs, obscène comme le son de Issues, album le plus obscène de Korn. Bon, déjà, le constat de rigueur, adulte. Vous l'avez sûrement remarqué depuis le temps : Korn ne jouissent pas d'une réputation reluisante avec le recul, sensés être réservés aux adolescents mal dans leur peau, alors que c'est tout connement réservé à ceux qui aiment la musique gothique ! Korn c'est ce bouton d'acné tenace dont on a fini par venir à bout en le laissant éclater tout seul sous la pression du sébum, alors que Deftones a résisté aux attaques du biactol en l'absorbant pour créer une liqueur nouvelle, bleutée et fraîche. Korn est sébum noir, sa fraîcheur est relative... Et mélodiquement beaucoup plus darkwave de bac (à lauréat et à linge). Genre "prôt, je m'ah fait mon mal-de-vivre dessus, et je m'y vautre avec complaisance jusqu'à devenir dangereusement magnétique". L'alternatif en moins acceptable socialement, en plus encombrant, le Helmet ouin-ouin Brian Warner des vestiaires hantés de Columbine, le Helmet in the Bush junior era, la dépression des kids narcissiques armés du fusil volé à papa, les riffs comme des snickers enfournés deux par deux dans une bouche d'ado obèse au duvet de moustache courageux et au duvet de doudoune épais comme cette prod, et les chœurs qui mentholent l'haleine à volonté avant de re-glairer... Issues est aussi cette usine à tubes de Korn plus qu'aucune autre, tout en étant l'album le plus chargé, complaisant, androgyne mi-dread-metal mi-goth-sensible, le plus corbac aussi, un peu leur Pornography toute proportion gardée. L'aura pâle-mûre qu'ils dégagent sur "Trash" parle d'elle-même. Le son des guitares est toujours aussi lourdinguement lourd, capable à sa façon d'un charbonneux aussi pesant que du Godflesh (choqués ? après tout Neurosis portaient des dreads aussi, alors dites plutôt "logique"). Trouvez-moi un skeud de neo-metal, ou de metal tout court, ou puisque qu'on y est de gothique, qui sonne comme Issues, en dehors des Korn... J'en connais pas, je cherche encore. Pourquoi comparer bêtement à Deftones ? Parce que c'est pas du tout bête : les deux sont fortement inspirés par la new wave, fragrance évidente dans les mélodies. Mais Korn n'est que solitude. Deux spleens complémentaires d'une certaine façon, l'un signé d'un fan de Duran Duran et l'autre d'un gothique de l'ère Scream capable de tout gémissement d'outre-tomberland pour attirer l'attention. Et Issues, qui fût mon tout premier Korn je crois, reste mon préféré, car c'est sans nul doute leur plus envoûtant et leur plus massif (question son), et la fin d'une trilogie évidente si on fait fi du léger Follow The Leader. Plus directement efficace que Untouchables qui fût une déception à sa sortie. Avec ce relent de nausée dépressive typiquement américaine qui jaillit sur les mélodies, avec ce son de guitare plus bourratif qu'une pâtisserie marocaine : écoutez le groove monstrueux de "Beg For Me", ou "Somebody Someone", ce riff qui prouve que Korn c'est aussi lourd que relou, ici un peu genre Unsane et Kyuss embourbés dans un funk qu'il peuvent pas maîtriser, et la basse plus que jamais en rut. Réécoutez "Make me Bad", ces voix androgynes typiques de Davis quand il sait plus s'il est John ou Geena, cette façon de claquer un tube alt-metal à partir d'un refrain rigoureusement Britney Spears. Mieux : "No Way" et ce malaise teen, cette complaisance dans sa propre nausée, ses chuchotis, la contemplation ébahie de sa tronche et de sa voix qui mue, le sentiment d'avoir atteint le climax dans son malaise - et puis la dernière charge de Davis après son énième minauderie trans-suicidaire tandis que le riff mute en son synthétique ultra-bourrin... Quel groupe sonnait comme ça ? Toute la mystique Korn tient presque dans ce son, cette amplitude tape-à-l'oreille directement issue de Dirt et ici omniprésente, ces gimmicks d'intro chelous-accrocheurs. Møjo a ci-dessus gratifié l'album d'un "ovni inclassable" qui en dit assez long et qui confirme si besoin que je ne délire pas : si ce disque rentre dans la case neo-metal, c'est surtout pour des titres bourrinement crétins comme "Wake up" ou "Let's get this party started", car son ambiance et son grain sont bien particuliers, malgré quelques gimmicks qui le situent dans son époque (le trip-hop "4 u", où ils montrent pour la première fois une évidente influence Depeche Mode qui sera encore plus flagrante sur certains passages de Take a look in the mirror). La note de Møjo est justifiée, et la mienne n'a pas à appuyer outre-mesure, car j'ai déjà une remontée de bile dans l'oesophage arrivé à la moitié. Mais si ce disque putasse rentre par objectivité historique dans la case nu-metal, son ambiance, son grain, sa... fusion ?... sont singulières, rappelant qu'un cul est aussi personnel qu'une empreinte digitale, et ne se réduisent certainement pas au carcan de leur public-cible travaillé par les hormones. Comme un sanglier suicidaire fashionista à qui on aurait fait enfiler un baggy de force.

note       Publiée le samedi 30 mai 2015

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Note moyenne :        72 votes

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Lord Tom › mercredi 9 octobre 2019 - 11:56  message privé !

Si monsieur Likorn c'est ton nom de couverture, on est dans de beaux draps ..

Raven › mardi 8 octobre 2019 - 16:27  message privé !
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On dirait cette scène dans OSS, sur Monsieur Li...

Note donnée au disque :       
(N°6) › mardi 8 octobre 2019 - 12:12  message privé !
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Comment on dit "avoir un problème avec Korn" en anglais ?

Réponse : "To have a Korn beef."

born to gulo › mardi 8 octobre 2019 - 12:01  message privé !

Ces vannes sur Korn m'usent.

Note donnée au disque :       
bubble › lundi 7 octobre 2019 - 22:23  message privé !

c’est pas un peu trop pop korn ?