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King Diamond › House Of God

cd • 13 titres • 51:18 min

  • 1Upon The Cross
  • 2The Trees Have Eyes
  • 3Follow The Wolf
  • 4House Of God
  • 5Black Devil
  • 6The Pact
  • 7Goodbye
  • 8Just A Shadow
  • 9Help!!!
  • 10Passage To Hell
  • 11Catacomb
  • 12This Place Is Terrible
  • 13Peace Of Mind

line up

Glen Drover (guitares), David Harbour (basse, guitare), King Diamond (chant), Andy Larocque (guitares), John Luke Hébert (batterie)

remarques

chronique

Il me faut le confesser avant de brûler dans l'enfer des succubes maquillées : King Diamond a été un de mes premiers frissons métal - via Mercyful Fate quasiment en même temps que la découverte des albums en solo. Avant que je ne réalise pleinement la dimension plus grotesque que réellement gutsienne de ce guignol singeant autant Alice Cooper qu'il ne préfigure les peintures de guerres trve black, House Of God - soit-disant un banal concept-album de plus - faisait réellemement partie des albums les plus glauques de ma discothèque, tout en étant l'un des plus ridicules. La pochette seule, ajoncée en rayon entre Kiss et Korn comme du cheddar entre deux tranches de pain d'épices, a suffi a déclencher un frisson glacial dans mon échine. J'avais déjà vu le Christ en fâcheuse posture chez Marduk, mais là... un Christ avec une mâchoire de xénomorphe ! Ajouté à cette texture de peau morte et de sang séché... c'était juste ULTRA occulte pour mézigue ! Gothique même. Une fois que j'ai lançé le disque, effet limpide : j'ai eu l'impression d'entendre du Black Sabbath période Dio, mais chanté par une drag queen qu'on aurait laissé s'échapper d'un asile... une hystérique vocale à cape qui n'aurait pas fait tâche dans un Phantom Of The Paradise refait par la Hammer, oscillant entre intonations batcave / dark wave (voire des effets à la Skinny Puppy dans quelques vocaux) et hululements halfordiens désinhibés traditionnels du heavy-metal à cuir moulant. Les riffs d'Andy LaRoque font de l'acupuncture sur des statues de chapelle. Occulte pour le moins, coupant, tranchant, "inox" oserais-je ! On pourrait toutes les citer à ce niveau riffu : les imparables "Black Devil" et "The Pact", "Help" (meilleure que celle des Beatles) ou le presque doom "Catacomb". Autant de riffings efficaces comme des crucifix brandis sur le front fiévreux d'une gamine hyperactive vomissant de la purée verte, qui provoquent toujours un vilain rictus treize ans après. Comme tout King Diamond, c'est un pur produit pour l'amateur qui sait depuis longtemps qu'au rayon métal du Leader Price, Diamond est bien le Roi- le Danois Discount des Carpates, en quelque sorte. La classe d'un heavy-metal de contrebande ouais, mais excécuté par de purs paladins du genre. Bien sûr, l'aspect "sérieusement écoutable" de la chose est nettement remis en question par le caractère central et vocal, complètement hystérique, qui met mal à l'aise autant qu'il fait ricaner - double ressenti sur lequel King Diamond a toujours tablé j'en suis certain. Car comme nous le savons, ce beetlejuice à rouflaquettes ne peut pas se contenter d'en faire des caisses : il en fait des caissasses ; il jubile de sa propre extravagance de baron des chauve-souris en plastique...se prenant pour dix démons à la fois et ne réussissant comme d'habitude à en incarner qu'un : lui-même, au terme d'une bacchanale heavy riffue, griffue et aussi théâtrale que la Cage aux Goules. Le fil de l'histoire - éternel pastiche de ses propres contes horrifiques tenu par des interludes cheap et des paroles reprenant un obscur scénar éroticosatanique qu'aurait pu mettre en images Jean Rollin - n'a évidemment aucun intérêt, mais cette précision était-elle bien utile ? En tout cas vu ce que j'ai écouté par la suite du King (dans la limite de ma capacité digestive), en connaissance de la richesse d'un Abigail par rapport au côté moins alambiqué et plus direct de celui-ci, je peux tout de même le dire sans sourciller : il s'agit sûrement d'un de ses tout meilleurs disques, en tout cas son album le plus tranchant, l'un des rares avec lesquels je n'ai pas juste la sensation d'écouter du hard rock sponsorisé par le manoir de Disneyland, mais quelque chose d'un peu malsain, limite transylvanien.

note       Publiée le vendredi 31 janvier 2014

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DesignToKill › dimanche 23 mars 2014 - 16:52  message privé !

Plutôt bon, mais inégal je trouve... Je le préfère chez Mercyful Fate

Rocky Turquoise › lundi 3 février 2014 - 20:57  message privé !

Je le connaissais pas celui là, c'est vrai qu'il est plutôt cool ! Après un peu comme tout ce qu'a pondu le King hors MF, il en fait tellement des tartes que j'ai du mal à rester assidu jusqu'au bout

torquemada › samedi 1 février 2014 - 00:24  message privé !

C'est à partir de là que j'ai décroché du King mais il faudra que je l'essaie.