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Hellfest 2012 par Stéphane

par Stéphane › mercredi 20 juin 2012


Style(s) : hardcore / metal / metal extrême / metalcore / old school / post-hardcore / screamo / sludge / gothic metal / heavy metal / metal alternatif / metal atmosphérique / black metal / dark metal / death metal / doom metal / drone

Le Hellfest inaugurait cette année un nouveau site plus grand et aux infrastructures nouvelles, le faisant entrer dans une dimension supérieure. Ce sont ainsi 115000 personnes qui se sont croisées sur l'ensemble des trois jours avec un pic de fréquentation de 45000 festivaliers le samedi pour Guns n' Roses. Récit d'un week-end chargé.

Le Hellfest est toujours un moment particulier de l'année. Véritable messe métallique, chacun y va avec sa manière propre de vivre l'évènement. Pour ma part, cette année je me suis contraint à enchaîner beaucoup plus de groupes, tout simplement parce que dans l'ordre où tout était prévu, j'avais vraiment beaucoup de choses qui m'intéressaient.

Nous sommes donc arrivés sur le site dès jeudi soir, bravant les embouteillages autour de Nantes puis à l'entrée de Clisson pour récupérer nos pass après 9 heures (!!!) de route entre Paris et le Hellfest. Le premier contact avec le nouveau site est déroutant, mais plus que prometteur. Le camping parait vraiment immense, ce qui promet à ceux qui y séjournent un peu plus de confort que les années précédentes. La zone du metal corner est elle aussi bien plus vaste ce qui permet de passer une première soirée quasi idéale attablée avec une belle bande d'amis. Pour découvrir le reste, il faudra attendre le lendemain.

Un vendredi particulièrement chargé, let's rock !

Celeste

La nuit fut très courte, à peine 4 heures de sommeil, car dès le lendemain à 10h30 Celeste prenait place sous la tente "valley". Un groupe que je ne connais pas depuis très longtemps, mais dont je suis rapidement devenu assez friand. Évidement, pour ceux qui les ont déjà vu, jouer en plein air à 10h30 oblige les lyonnais à laisser de côté toute leur mise en scène habituelle. Qu'importe, cela ne les empêche pas de tout emporter sur leur passage avec déjà la première claque du festival. Trente minutes de post black / hardcore d'une intensité assez exceptionnelle qui marquent au fer rouge le début du festival. L'intensité ne baisse pas d'un ton pour le show de Merrimack sur la scène Temple où les Parisiens font de leur mieux pour réveiller un public pas encore tout à fait réceptif. Malgré un son mitigé, le set est de qualité et on a l'occasion d'entendre quelques titres du futur album qui sortira le 22 juin.

Merrimack

Benighted ne m'intéressant pas particulièrement, je profite de ce premier break de 30 minutes pour faire le tour du site pas encore totalement envahit par les festivaliers. Toutes les habitudes prises les années précédentes sont à oublier. Ici tout est beaucoup plus grand, avec beaucoup plus de stands de bouffe et de boissons éparpillés sur tout le site. Un espace arboré qui permet de prendre un peu le frais en cas de grosse chaleur et un extrême market légèrement plus grand que les années précédentes. Je regrette néanmoins le nombre beaucoup plus limité de tables et bancs pour se poser à l'heure du casse croûte : les repas se feront le cul dans l'herbe. Il était également dommage que les distributeurs d'argent se soient retrouvés peu avant l'entrée sur le site et non plus comme les années précédentes entre les mainstage et la tente Terrorizer. Maigres inconvénients ceci dit, car en prime on a le droit à des décorations beaucoup plus nombreuses et carrément sympas pour certaines. Bref, le cadre dans lequel on va en prendre plein la poire pendant 3 jours est au top !

Je retourne vers la scène Temple pour Belenos dont je n'attendais rien de bien particulier mais dont j'étais curieux de voir la performance. Et bien j'ai été plutôt agréablement surpris, c'était carré et l'ambiance commençait à monter par rapport à Merrimack une heure avant. Je me rends compte dans le même temps de l'inconvénient de la disposition des scènes Altar et Temple sous une même très grande tente. Lorsqu'un groupe joue, si on n'est pas suffisamment près, on entend beaucoup les balances faites sur l'autre scène. Autant pour les groupes de début de journée ce problème est limité puisqu'on peut s'approcher très facilement, autant en soirée ce fut plus compliqué avec la foule très nombreuse. Après Belenos, j'enchaîne avec Benediction qui me semble être là aussi une bonne surprise. Le son était bon et la performance hyper énergique. Premier groupe de death de la journée, il passe plus que bien ! Tout l'inverse de Solstafir dont j'avais pourtant entendu beaucoup de bien autour de moi. Je n'ai tout simplement pas du tout accroché à leur style, de même que pour Unexpect qui a suivi et dont je n'aurais réussi à voir qu'un titre.

L'enchaînement Endstille, Darkspace et Taake s'est quant à lui bien mieux passé. Je ne connaissais pas du tout Endstille mais j'ai assez largement apprécié leur black et leur présence scénique pour me dire qu'il va falloir me pencher de plus près sur eux. Darkspace, malgré un son plutôt horrible, aura réussi à imposer son ambiance et son atmosphère à une fosse pas toujours très réceptive. Il faut dire que l'usage d'une boite à rythme sur scène est toujours sujet à débat, pour ma part tout ça ne m'a pas dérangé le moins du monde. Quant à Taake, une nouvelle fois j'ai été conquis. Comme lors d'un show fin 2011 au Glazart, le groupe met le feu sur scène avec une énergie qui n'a d'égal que la puissance de leur mélange black / thrash. Hoest est selon moi un des meilleurs frontman actuels, et tout le public réagissait à chacun de ses nombreux appels. Un plaisir à observer sur scène et j'invite encore une fois tout ceux qui auraient la possibilité de les voir un jour d'y foncer tête baisser.

C'est à ce moment là que je me dirige vers une des deux mainstage pour la première fois de cette édition. Manque de pot, c'est aussi à ce moment là que la pluie s'est invitée parmi nous, ce qui finira par devenir pénible vu que l'averse annoncée passagère a fini par durer jusqu'au petit matin le lendemain. Bref, pas de quoi me rebuter à aller voir Turbonegro qu'on m'avait vivement conseillé. Un show amusant par le côté bien gay de leur attitude, j'avais presque l'impression de voir les village people version rock n' roll, mais après 30 minutes de show j'ai lâché l'affaire car ça ne reste pas non plus ma tambouille préférée. J'assiste ensuite à environ 10 minutes du set de Lynyrd Skynyrd qui aura été une grosse déception. Je ne connais pas des masses le groupe et leur répertoire, mais les quelques tubes que j'avais en tête m'ont poussé à tenter l'expérience. Malheureusement, j'ai trouvé ça d'une mollesse absolue et j'ai dû me résoudre à aller tenter ma chance ailleurs. En l'occurrence, Moonsorrow a fait office de bouche trou, et même si là aussi je n'accroche pas des masses, au moins ai-je pu découvrir leur black assez atmosphérique et teinté de folk. Une prestation plutôt bonne qui aura sans doute ravi les fans du genre.

On attaque la dernière ligne droite de la soirée avec un nouvel enchaînement assez ravageur dans son genre. Cannibal Corpse d'abord, avec un set beaucoup plus costaud que lors de leur dernier passage au Bataclan, mais aussi plus orienté sur le nouvel album. Bon, après Cannibal sur scène ça reste toujours un peu la même chose et les voir de manière aussi rapprochée peut tout de même blaser les moins fans. On ne leur retirera pas un set hyper carré et efficace.

Derrière j'étais ravi de pouvoir enfin revoir Satyricon après je ne sais combien d'année de disette me concernant. Pourtant, ça reste vraiment un des groupes de black que j'apprécie le plus, et j'aurais pris une bonne petite claque à nouveau. Alors c'est sûr que leur set list ne tape plus beaucoup dans les premiers albums ("Hvite Krists Dod" pour la route fait tout de même plaisir à entendre), mais au moins continuent-ils à nous asséner leur musique avec énergie et notamment un Frost toujours aussi remuant derrière sa batterie. Le fan que je suis aura largement apprécié cette heure passée à les regarder.

Et l'heure suivante à mater Obituary d'un peu loin a elle aussi été parfaite. J'adore aussi ce groupe, et sur scène on a droit à une sorte de best off qui permet de passer quasiment tous les tubes en revue. Monsieur Tardy est toujours un monstre scénique et sa voix reste vraiment impressionnante. Un des concerts qui s'inscrit dans mon top 5 sur cette édition !

On passe ensuite rapidement vers King Diamond, pour voir la bête sur scène. Belle mise en scène, une voix monstrueusement maîtrisée, et si la fatigue ne nous avait pas poussée à partir après 5 titres, j'aurais sans doute été totalement conquis par ce show. La foule n'était d'ailleurs pas énorme pour assister à cette performance et je trouve ça bien dommage tant la musique servie ici est de qualité et le côté théâtral apporte une touche originale.

Un samedi plus léger marqué par les Guns face à 45 000 personnes !

En arrivant le samedi sur place, la première constations est qu'on va passer la journée les pieds dans la boue ! Il a plu une bonne partie de la nuit, et le site n'a pas été recouvert de paille, résultat ce matin on patauge ! J'arrive suffisamment tôt pour voir la moitié du set de Suicidal Angels, du thrash bien énergique qui permet de finir de se réveiller en violence.

Détour par Glorior Belli avant de filer squatter un coin au sec et au calme et de revenir pour voir un bout de Necros Christos. Pour ces derniers, un show pas forcément ultime, mais pour une fois un son assez imposant sur la scène Temple qui laisse espérer des ingés son plus en forme que la veille. J'attends ensuite l'arrivée d'Ascension mais l'idée d'un son qui tient la route s'éteint immédiatement. Dommage car là aussi on aurait pu avoir un concert tout à fait ultime tant la musique qu'ils proposent est profonde et bourrée d'ambiances obscures. Néanmoins la présence scénique des différents musiciens permet de passer un bon moment.

Puis sur Altar déboule Necrophagia. J'étais vraiment très curieux de les voir, car ça reste un des premiers groupes de death que j'ai écouté plus jeune. Sans être déçu, je n'ai pas non plus réussi à totalement entrer dans leur performance. Killjoy se donnait pourtant au maximum sur scène, on a eu droit à plusieurs titres que j'appréciais beaucoup, mais ça manquait de ce je ne sais quoi. Peut-être un poil de folie, ou tout simplement de gore, car c'est un peu ça qu'on attend de leur part.

S'en est ensuite suivi une sorte de vortex dans lequel j'ai été aspiré et qui aura été ma seule défaillance du week end. Au grand regret de mon chauffeur qui comptait me laisser le volant le soir, en l'espace de quelques heures j'ai ruiné tous ses espoirs. Ce n'est donc que pour Napalm Death que j'ai à nouveau émergé, sans pouvoir me faire un avis bien tranché car je ne serais resté que quelques titres. Ça avait en tout cas l'air bien place et le chanteur toujours aussi énergique. La suite s'est passée sur la mainstage 2 avec Machine Head qui nous aura présenté une grosse partie de son dernier album. De ce que j'ai pu entendre ça reste bon, mais sans plus. En revanche quand on en revient à jouer les gros cartons du groupe, comme l'inévitable "Davidian" en clôture de set, tout de suite ça se passe bien mieux. C'est d'ailleurs grâce à ces titres que j'ai réussi à accrocher totalement à leur prestation et à y rester jusqu'au bout. Et revoir un Robb Flynn bouillonnant sur scène, ça fait plaisir aussi.

Maintenant, je sens que je ne vais pas être d'accord avec grand monde, mais qu'importe. Pas d'accord parce que déjà j'ai choisi d'aller voir les Guns au lieu de faire un enchaînement Enslaved / Entombed / Behemoth. Choix que je justifie juste par le fait que les Guns ça représente tout le début de mon adolescence, le début des années 90, les tubes à foison, et qu'en prime Enslaved et Behemoth font parti des groupes que j'ai déjà vu en 2012. Dans l'absolu, j'aurais dû lâcher les Guns en milieu de set pour aller voir Entombed, mais second point sur lequel je ne suis pas d'accord avec grand monde, les Guns ont été proches du fabuleux. Résultat j'ai passé les 2h30 à les mater sans même me rendre compte que j’étais en train de rater les Suédois. Contrairement à leur habitude, le groupe n'a eu que 5 petites minutes de retard sur scène et on a eu droit à un Axl Rose plutôt en forme, bien que peu communiquant. Mais bon sang quelle voix ! On avait l'impression de l'entendre comme lors de ses meilleurs moments il y a 20 ans, un vrai petit bonheur ! La set list était plutôt bonne en prime. Les tubes ont été joués, plutôt bien respectés par les trois gratteux, même si certains solos ont plus de mal à passer sans le feeling de Slash ("November Rain" surtout). Contrairement à 2006, on n'a pas non plus eu droit à ces interminables jam insipides, mais plutôt à des morceaux issus des groupes d'origine de chacun des membres composant le Axl Rose band. Bon, ces titres ne sont pas terribles, mais au moins nous présente-t-on quelque chose ayant de la teneur. Quoiqu'il en soit, j'ai totalement profité de leur show, chantant, headbanguant, hurlant... Après ça, j'ai pu aller me coucher l'esprit enjoué avant d'attaquer la dernière journée.

Un dimanche sans grasse matinée

Contrairement à la veille, la boue ne se mêle plus à la bataille. Le vent a balayé le site depuis 24 heures, et tout ça sèche tranquillement et seuls quelques endroits restent impraticables. Un dimanche que j'attaque tôt avec Sublime Cadaveric Decomposition que je regarde depuis le devant de la scène Temple où j’attends Aosoth. Et bien SCD à 10h30, ça passe plutôt bien ! Les mecs sur scène étaient sans doute plus réveillés que l'ensemble du public, les musiciens ayant eu la bonne idée de se donner à fond pour nous secouer un peu. Ca marche plutôt bien et j'ai trouvé que la tente était plutôt bien remplie de si bon matin. Aosoth arrive à son tour, et balance la sauce. Un set bien en place avec des musiciens totalement impliqués et imprégnés de leur musique. L'ambiance de leur dernier album III passe plutôt bien, jusqu'au moment où sur le début du dernier titre (qui durait dans les 9 minutes), BST est lâché par sa tête d'ampli alors qu'il jouait les parties de guitares dissonantes. Du coup la fin de leur performance perd un peu en profondeur, mais au moins ne se sont-ils pas désunis et sont-ils allés jusqu'au bout de leur performance.

J'enchaîne ensuite avec une recommandation d'un ami, Year of no Light, qui a la particularité de jouer avec deux batteries et sans chant. La batterie n'est d'ailleurs pas tout le temps doublée, puisque l'un d'entre eux alterne entre son rôle de second batteur et celui de claviériste. En entendant parler de deux batteries, j'avais vraiment peur de plans trop compliqués, qui partent dans tous les sens pour en foutre plein la tronche, mais au final ils ont su limiter l'utilisation à l'essentiel, la majorité du temps jouant la même chose, ne se complétant qu'accessoirement à quelques occasions. Néanmoins ça apporte un plus original et j'apprécie ces ambiances qui ne sont pas sans rappeler non plus AmenRa qui jouait le vendredi. Une excellente découverte.

Arrive ensuite le temps de revoir Alcest, ou plutôt de subir Alcest pour accompagner un ami qui voulait absolument les voir. Heureusement l'aspect "pleureuse" de leur musique l'a très rapidement gonflé et nous avons pu passer à autre chose. Liturgy en revanche a été une énorme déception. Encore un groupe que je n'avais pas écouté avant le Hellfest, mais dont je venais pourtant d'acheter un album quelques heures plus tôt. Leur prestation scénique a été extrêmement pénible, pas du tout aidés par un son cataclysmique. Peut-être les auditeurs qui connaissaient leurs morceaux s'y sont-ils retrouvés, mais pour moi ça a été une impasse totale. En rentrant chez moi, j'ai été plutôt agréablement surpris à l'écoute de l'opus acheté, et je pense sincèrement que le son a été un piège pour eux. Vraiment dommage.

Je passe rapidement sur Brutal Truth, histoire de dire, mais sans conviction. Le groupe n'a pas réussi à me convaincre, et je me tourne alors rapidement vers Forgotten Tomb. Un show minimaliste, mais plutôt correct. Pas un immense connaisseur ni amateur de ce groupe, mais là encore un bon show au dessus de la moyenne. Néanmoins ce que j'attendais le plus est arrivé une heure plus tard : Anaal Nathrakh. J'avais déjà ouïe dire que sur scène c'était vraiment la claque, j'en attendais donc beaucoup. Et bien aucune déception. Bon allé, peut-être encore le son, mais même si je n'en parle pas à chacun des groupes, il faut s'imaginer que pour beaucoup d'entre eux ce fut parfois assez difficile avec des basses qui nous pétaient aux oreilles. Mis à part ce côté là, le groupe joue un peu de chacun de ses albums, de « Codex Necro » à « Passion ». Le chant clair passe étonnamment bien sur scène, car mêlé au chaos sonore, il est plus étouffé. Sur album je le trouve souvent dispensable ou plutôt trop mis en avant, mais là il était plus que plaisant à entendre. Après que dire. Je vous laisse imaginer la violence du set, en tout cas les membres du groupe se sont totalement donnés et j'ai regretté qu'ils ne jouent que 50 minutes, j'en aurais vraiment aimé plus.

Dernière pause de la journée avant d'attaquer le rush final, en jetant une oreille distraite à Dying Fetus, loin de me parler, et Pentagram, pas non plus dans mon registre de prédilection. En revanche, Ihsahn l'est beaucoup plus, même si j'avoue ne le suivre que du fait de son passé chez Emperor. Il commence par des titres de ses opus les plus récents, ceux les plus heavy et les moins extrêmes. En fait, ceux qui doivent le plus parler aux guitaristes qui aiment écouter cet instrument bien joués à la perfection et totalement maîtrisés. A trois gratteux sur scène, il y a de quoi mélanger les plans entre eux et sortir des titres alambiqués. Ihsahn ne s'en prive pas, mais c'est après 30 minutes plutôt sympathiques que je l'abandonne pour aller vers Mötley Crüe.

Ouais, je sais, en même temps qu'eux il y avait Suffocation. Mais que voulez-vous, j'ai mes paradoxes, et Mötley en fait partie. Bref, Mötley sur scène a déjà été l'occasion d'une bonne prestation ici même trois ans plus tôt, j'espérais donc en avoir autant cette année. Contrat partiellement rempli, puisque j'ai eu droit exactement à la même teneur, mais le son en moins. Là encore, on a eu quelques moments assez difficiles de ce point de vue, retirant parfois du plaisir là où on aurait dû en avoir. A part quelques titres absents comme (de mémoire) "Too fast for love", la track list était excellente. On a évidement eu droit au show de Tommy Lee, mais pas de rollercoaster comme le lendemain à Bercy ! Néanmoins le groupe en forme se suffit à lui même, et c'est bien là l'essentiel.

Slash arrive ensuite, et j'avoue que ça fait relativement bizarre d'entendre 50% du show tenu la veille par les Guns version Axl Rose. Au moins peut-on comparer objectivement les uns aux autres. La conclusion est pour moi assez simple. Dans les Guns, Axl Rose a toujours une voix totalement unique que Myles Kennedy aura beau tenter d'imiter (c'est vraiment flagrant sur les titres issus du répertoire des guns), mais il s'y cassera toujours les dents. Et de l'autre côté, les guitaristes des guns auront beau vouloir jouer November Rain, le feeling de Slash sur les solos restera inégalé. En gros, en deux soirées on aura eu droit au meilleur des Guns d'antan, mais toujours avec un petit gout d'imitation. Est-ce que ça retire à Slash et Myles Kennedy le fait d'avoir tenu un show impeccable ? Surtout pas ! Ils ont été excellents dans leur domaine, et entendre Paradise City, Sweet Child o' mine ou Mr. Brownstone deux soirs de suite n'est pas pour me déplaire ! Alors merci à Axl et Slash, et vivement que vos ego soient mis de côté, qu'un jour on puisse à nouveau entendre un Guns n' Roses authentique.

Le Hellfest touche presque à sa fin, et mon plan d'origine était de voir le début et la fin d'Ozzy, avec un intermède Sunno))). Ozzy and friends commencent à jouer, avec un papy Osbourne que je trouve plutôt en forme et assez mobile sur scène (c'est à dire qu'il s'aventure au delà d'un rayon de deux mètres autour de son pied de micro). Pendant Suicide Solution, mon iPhone me prévient que Sunno))) débarque dans 15 minutes, il est donc pour moi temps de tenter cette expérience nouvelle. Car si Sunno))) est souvent cité comme référence, je n'ai jamais pris plus de temps pour creuser le sujet et encore moins aller les voir sur scène. Et pendant une heure, le rituel aura été transcendant malgré les douleurs que l'on peut ressentir partout après trois jours passés à piétiner dans la boue. Ce que j'aurais noté de toujours aussi impressionnant, ce sont les vocaux d'Atilla, ce mec étant une machine à sortir des sonorités totalement distordues. Ca m'impressionne et les guitares d'une lourdeur et d'une épaisseur phénoménales viennent vous faire trembler jusqu'au plus profond des tripes. Je pense que si j'avais été dans un état second, le délire aurait été encore plus énorme, mais le mélange de fatigue et de douleur physique aura malgré tout permis de vivre une expérience assez étrange et unique. Envoûtante. Mais alors que Sunno))) en termine et que la pluie s'est remise à tomber très fort, j’apprends que Ozzy Osbourne est déjà descendu de scène ! Alors qu'il devait finir à 0h55, il s'arrête vers 0h20 pour un show dépassant à peine une heure. Le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai les boules, et m'est avis que les organisateurs n'ont pas dû apprécier non plus. D'autant plus que le départ des trois derniers groupes (lamb of god, dimmu borgir et biohazard) était calé sur la fin du show de Ozzy et ses amis, résultat pour voir l'un d'entre eux il fallait attendre sous le pluie et dans le froid pendant 30 minutes ! Tant pis, ça sera sans moi, et le Hellfest se termine ainsi.

A l'année prochaine !

Au final, encore une excellente cuvée du Hellfest. L'organisation a fait un boulot assez incroyable pour que le public ne s'aperçoive pas du changement de site et qu'on ait l'impression que cette nouvelle disposition était rôdée depuis des années. Des groupes, je retiens particulièrement Celeste, Taake, Satyricon, Obituary, Amenra, Guns n' Roses, Anaal Nathrakh, Slash et Sunno))). Mais le plus important c’est que même au-delà de ces groupes, beaucoup d’autres ont vraiment assurés des concerts super efficaces. La profusion de groupes qui jouent (3 à la fois) est énorme, résultat à aucun moment on ne peut se dire qu’on se fait chier. Ca ne nous plait pas ? Et bien on passe voir autre chose. Par bonheur, les choix n’ont pas été particulièrement difficiles me concernant, mais j’avoue que c’est lié à un gros paquet de concerts que j’ai pu voir depuis moins d’un an, me permettant de passer pas mal de groupe en seconde place dans ma liste des priorités. Dans l'ensemble, je pense qu'il s'agit même de la meilleure édition à laquelle j'ai assisté, avec si peu de temps morts, quasiment toujours un groupe à voir qui me bottait et en prime qui assurait sur scène. Alors à l'année prochaine !

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Dernière mise à jour du document : jeudi 21 juin 2012

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