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Hellfest 2012 par Nicko

par Nicko › samedi 30 juin 2012


Style(s) : hardcore / metal / metal extrême / metalcore / new school / old school / post-hardcore / screamo / sludge / gothic metal / heavy metal / metal alternatif / metal atmosphérique / black metal / dark metal / death metal / doom metal

Le Hellfest ! Voilà, ça peut paraitre étonnant, mais personnellement, cette 7ème édition du plus grand festival français de metal fut ma première ! Cette année, le site s'est agrandi depuis l'année précédente et plus de 100.000 personnes se sont retrouvés durant 3 jours au son de 170 groupes dans des styles éclectiques allant du southern rock au grind le plus furieux !

Premier jour

Tout commence le vendredi matin sur les coups de 10h30. Enfin, en ce qui me concerne, non ! Le temps d'arriver par le train, je loupe les 3 premières heures du festival. Ce qui me frappe à l'arrivée à la gare de Clisson, c'est l'organisation quasi-parfaite de la prise en charge des festivaliers. A peine arrivé qu'une série de mini-vans nous attendent pour nous véhiculer pour un prix modique (2€) jusqu'au site. Sur le chemin, je m'aperçois de la beauté de la ville de Clisson. Une petite visite touristique du coin ne serait pas de refus. Cependant, vu le timing serré, je remettrai à une prochaine venue la visite de la cité.

Le temps de récupérer le pass, je découvre le site du camping, déjà bien rempli. Tout juste le temps de poser mes affaires que je cours vers le site du festival. Pas le temps de découvrir le site, ça se fera plus tard. Parce que dès 13h35, les Islandais de Solstafir ont investi la Temple, l'une des deux scènes dédiées exclusivement au metal extrême (avec l'Altar). Et là, je peux vous dire que mon festival commence à la perfection. J'avais un peu peur du son vu que la formation pratique un style de plus en plus éloigné du metal et joue beaucoup sur les atmosphères éthérées. J'ai été tout simplement bluffé par leur performance. Plutôt axée sur leur dernier album en date (tout simplement mon n°1 de l'année 2011 !), "Svartir sandar", la set-list me convient totalement. La maitrise est optimale et l'intensité était au rendez-vous. Bref, vous l'aurez compris, j'étais à fond dès le début. Et puis merde, ce "Sjúki Skugginn" est absoluement bluffant ! Je ne sais pas ce qu'ils ont les Islandais, mais il y a un truc chez eux. Vous devez savoir que notre chroniqueur Twilight est un pur fan de cette île, eh bien, à l'écoute de ce concert, je comprend tout à fait. Ca respire l'Islande. Solstafir, à résumer, ce n'est pas dur, c'est comme si Sigur Ros se mettait à jouer du metal, point ! Le festival commençait sur les chapeaux de roue !

J'ai enchainé par la suite par une petite visite du site. Les stands de bouffe entourent le site avec des spécialité du monde entier pour un prix sensible à ce qu'on peut trouver à Paris, genre le sandwich, quelque soit ce qu'on met dedans, à 6€, les bières à 4€ et les softs à 2€. Un espace plutôt bucolique et arboré a été aménagé près de la Warzone, la scène spécialisée hardcore/punk. Enfin, on a droit à un Extreme Market très bien fourni avec nombre d'exposants. Bref, y'a de quoi faire pour nos pauvres porte-monnaies !!!

Trois quarts d'heures plus tard, je me trouve dans l'une des Mainstage avec les américains de Molly Hatchet, vieux groupe de southern rock très 70's. Ca fleure bon l'Amérique, le rock et les solos de guitare, une sorte de mise en bouche avec Lynyrd Skynyrd qui jouera au même endroit quelques heures plus tard. Je ne connaissais pas ce groupe, mais j'ai trouvé ça plutôt agréable, pas très original, mais suffisamment intéressant pour que je reste jusqu'au bout. Par contre, le chanteur manquait de puissance et possédait un style un peu trop éraillé pour ce style à mon goût.

Ensuite, je pars à la recherche de connaissances et amis. Quelques verres plus tard, c'est pour les Mexicains de Brujeria que je retourne sur le chant de bataille pour une succession de groupes de près de 9h de concert non-stop ! Je ne connais pas trop cette formation, j'ai surtout entendu beaucoup de rumeurs dessus et c'est un peu par curiosité que je suis allé les voir. Les masqués ont délivré une performance solide, mais surtout, c'est l'amabiance dans le pit qui a été terrible. Toute une ribambelle de Sud-Américains ont envahi le pit et ont mis une ambiance bien chaude. Ca envoyait du lourd à la fois sur scène avec un mélange de metal hardcore deathisant avec une pointe de grindcore. La performance s'est terminée sur leur fameuse reprise de la "Macarena", intitulée ici "Marijuana" ! Set plutôt sympa, content de les avoir vus.

A peine fini que sur la Temple, presqu'en face de l'Altar où jouait Brujeria, les Norvégiens de Taake faisaient retentir les premières notes de leur black metal dévastateur. Je n'ai pas grand chose de leur part, j'ai toujours trouvé qu'ils manquaient à mon goût d'originalité. Mais tout de même ! Ca faisait 9 ans que je ne les avais pas vu en concert, et il faut bien reconnaître qu'ils ont tout déchiré ! Voilà ce que le black metal norvégien est et doit être : dans la veine des années 90, avec l'âme et une atmosphère totalement démoniaque. Hoest est tout simplement énorme, il ne se contente pas de chanteur, il fait corps avec son art, une très grande performance.

Ca enchaine sur l'Altar avec les Suédois de Nasum. Près de 8 ans après le décès accidentel de leur chanteur Mieszko Talarczyk, les membres rescapés ont décidé de se réunir à nouveau pour une série de concert en 2012, qui aurait fêter les 20 ans de la formation, pour commémorer la mémoire de leur ami. C'est le chanteur de Rotten Sound, Keijo Niinimaa, qui a la lourde tâche de remplacer Mieszko. Autant le dire direct, Nasum est une machine à défourailler sur scène ! Les 50 minutes de concert sont passées à la vitesse de l'éclair, avec une énergie inouïe. La mise en place était nickel et j'ai adoré chaque seconde de la performance, alors que je ne suis pas vraiment un grand fan du style. De l'agressivité, de la folie, de l'intensité à l'état pur ! Un grand merci à eux de nous offrir la possibilité de (re)voir cette formation d'exception dans la genre.

Changement complet de registre avec l'arrivée sur la Mainstage de la légende du southern rock, Lynyrd Skynyrd. Je suis un fan inconditionnel du septette et je n'ai pas été déçu. Dès les premières notes de "Workin' for MCA" j'ai été conquis. Leur style est beaucoup moins puissant que pour les autres formations du festival, c'est plus proche du rock traditionnel, mais quel feeling. Durant l'heure et demi de show, on aura eu droit à un véritable best of des 5 premiers albums du groupe (avant l'accident d'avion de 1977). Seul manquait à l'appel selon moi "Tuesday's gone". Mais les interprétations de titres comme "I ain't the one" ou "Simple man" auront été mémorables. Seul un morceau post-70's aura été interprété, "Skynyrd nation", de leur dernier album en date. Inutile de dire qu'ils ont fini avec des versions endiablées de "Sweet home Alabama" et de "Free bird". Une très grande performance des Floridiens !

Tout juste le temps de manger un morceau que sur la Temple, Satyricon est déjà en place. J'avais été déçu par leur performance à Paris fin 2009, le style avait été trop moderne, moins metal. La mouture 2012 de Satyricon marque justement un retour à un son plus brut. Alors, oui, ils nous ont joué pas mal de titres de leurs 3 derniers albums, mais l'ambiance était quand même beaucoup plus metal extrême, et puis, on a quand même eu droit à du "Shadowthrone", et ça, c'était quand même vachement bon ! Satyr a devenu des cheveux, Frost est toujours aussi impressionnant derrière ses fûts et les deux frenchies du line-up live ont fait honneur à la légende du black norvégien !

C'est avant la fin du set de Satyricon que je m'éclipse pour retourner vers les Mainstage pour voir la bande à Dave Mustaine. Megadeth est la tête d'affiche de ce premier soir. Le son est honnête sans être parfait et la performance serait solide. On sentait le groupe est pilotage automatique, certes, ça envoyait du lourd avec une set-list plutôt originale. Au bout d'une heure de concert, ils nous ont sorti à la suite des morceaux du dernier album, qu'ils avaient occulté jusque là, avant de revenir sur "Peace sells" et surtout un final regroupant "Holy wars" (énôôôôrme), "Rattelhead" et "The mechanix" !! Une bonne performance sympathique, mais qui manquait de passion selon moi.

Pour finir cette première journée en beauté, voilà certainement la meilleure performance du week-end selon moi, King Diamond ! J'y allais un peu par curiosité, ne connaissant que Mercyful Fate et pas du tout la carrière solo du Danois. Alors que la pluie était apparu finement depuis le milieu de l'après-midi, c'est de manière plus forte qu'elle tombe maintenant. Mais ce n'est pas ce qui nous décourage, le repos attendra... Quand on découvre la mise en scène, déjà, on sait qu'on verra un concert différent. On a droit à un décors de chateau avec un énorme pentagrame inversé au dessus de la batterie, deux croix inversées de chaque côté, deux escaliers encadrant la batterie, une passerelle rejoignant ces escaliers au-dessus de la batterie et d'imposantes grilles devant la scène, nous séparant des musiciens ! Tout au long de la performance, nous aurons droit à une véritable mise en scène théâtrale de chacun des morceaux avec chanteuse et danseuse ! L'univers horrifique de la musique du King est parfaitement bien rendu et musicalement, j'ai été littéralement sidéré ! Le heavy metal distillé par les mudisiens est génial et inspiré, et cette voix ! Mes amis, mais quelle voix ! Arriver à monter si haut dans les aigues tout en restant juste, puis enchainer dans les graves est impressionnant, surtout à 56 ans !! On a aussi eu droit à une version parfaite du "Come to the sabbath" de Mercyful Fate. Bref, un concert magistral de seulement 1h15, mais je suis parti vers le camping en me disant que j'avais du retard à rattraper dans la discographie du Danois...

Le retour au camping se fait de manière précautionneuse tant la boue a investi le site. Je retrouve finalement ma tente sans trop de mal. Maintenant, il faut essayer de dormir au milieu de braillards imbibés. Aaaaah les metalleux......

Sommeil difficile, réveil brutal !

Après une très courte nuit, c'est parti pour la 2ème journée du festival, encore sous la pluie ! Heureusement, elle ne va pas durer et dès 11h, elle cessera. Il est à peine 10h30 quand j'entend une bouillie sonore ultra-agressive venant de l'Altar. Il s'agit du duo des Pays-Bas, Jesus Cröst, un groupe de grind absolument barré et ultra-bourrinissime. Dès 10h30 le matin... °_°

Je me dirige tranquillement vers la Mainstage où les Grecs de Suicidal Angels balancent leur thrash metal old-school aux quelques matinaux du festival. Pas de grande originalité ici, mais quand on nous sert du bon thrash issu directement du "Show no mercy" de Slayer, ça ne peut qu'être intéressant. Et effectivement, la prestation du groupe est très honnête, un bon moyen de débuter la journée.

S'ensuit sur l'autre Mainstage les suédois de Crashdiet, mélangeant allégrement le punk et le glam-rock 80's. Pour le coup, c'est sympa, mais un peu redondant au bout de 4-5 morceaux. Après un tel début, je prends un peu de temps pour retrouver quelques connaissances et prendre un bon p'tit dèj' !

Je retourne sur le site peu avant 13h pour découvrir que les Espagnols d'Haemorrage ont annulé ! Je patiente jusqu'à Necros Christos sur la scène adjacente. La performance aura été vraiment très bonne et puissante avec un son digne de ce nom !

J'enchaine rapidement sur la fin de la prestation de Steel Panther sur la Mainstage. Le quatuor parodique s'amuse avec le public, joue du glam-rock 80's et pousse les filles à montrer leurs seins ! Je pense qu'il est inutile d'en rajouter plus sur ce groupe !!

5 minutes plus tard, sur l'autre Mainstage, les Californiens de Death Angel entament leur set. Et là, c'est pas dur, c'est 100% thrash metal avec une prestation simplement constituée de leur premier album, "The ultra-violence", dont on fête les 25 ans, et qui sera joué intégralement et dans l'ordre des morceaux ! Ce fut totalement jouissif avec un groupe très en forme et un Mark Osegueda que j'ai trouvé très en voix. "Thrashers" et le fédérateur "Kill as one" auront été les grands moments du show ainsi que l'instrumental "The ultra-violence" qu'ils jouent pour la première fois en concert lors de cette tournée ! Un très grand moment de ce Hellfest en ce qui me concerne.

Je retourne alors sous la tente de la Temple où les Allemands d'Ascension sont attendus. J'attendais vraiment leur prestation tellement j'ai aimé leur mini-CD ainsi que leur album. Alors même si le son aurait pu être meilleur, j'étais complètement dedans, les ambiances et dissonances étaient quand même bien retranscrites et j'ai beaucoup apprécié ce show, avec un point tout particulier à la tenue de scène blanche pleine de poudre du chanteur !

Sur l'Altar, c'est maintenant au tour des Américains de Necrophagia de nous asséner de leur death/thrash metal horrifique. La formation revient à une taille plus directe, avec une seule guitare et sans claviers. Lorsque le premier morceau retentit, "Upon frayed lips of silence", j'ai eu un peu peur parce que sans claviers, le morceau était complètement différent et assez éloigné des ambiances de l'album. Cependant, la suite fut totalement maitrisé et ultra-puissante. Les morceaux joués étaient issus des albums plus récents, même si "Embalmed yet I breathe" de l'énorme "Holocausto de la morte" nous a tous mis d'accord !! Dommage seulement de ne pas avoir eu de réellement mise en scène horrifique, Killjoy a quand même réalisé une excellente performance directe et convaincante.

Très gros changement d'ambiance avec, sur la Mainstage, les vétérans d'Uriah Heep qui fêtait leurs... 44 années de présence sur la scène mondiale !! Et le groupe n'est pas encore à la retraite ! Leur rock 70's reste très puissant et maitrisé, dans un style proche du classic rock. Même les nouveaux morceaux n'ont rien à envier aux classiques des années 70 et c'est sur leur fameux "Easy living" que la prestation se termine avec un très grand succès auprès du public.

Ca enchaine sans transition sur Exodus. Et là, je ne sais pas, ils ont tout pour me plaire, du bon thrash metal avec des pointes de heavy. Mais voilà, je n'arrive pas à accrocher. C'est la 3ème fois que je les vois et ça ne veut pas prendre. C'est pourtant énergique et rapide avec de bons solos de guitares, mais je ne sais pas, ça ne me parle pas.

Je profite de ce show pour aller me restaurer et c'est là que je tombe sur un groupe de potes et c'est le drame. Alors que je voulais voir Shining, je n'émerge que 2h après leur prestation et voir de loin (de très loin même) la prestation de Within Temptation sur la Mainstage, le temps de m'enfiler un sandwich on ne peut plus bénéfique ! Sharon est peut-être très jolie, mais je pars vite sous la tente de l'Altar pour voir Napalm Death (ouf ! Faut pas déconner, le metal sympho à chanteuse, non merci !). Même si je ne suis pas fan, y'a pas à dire, Napalm en concert, c'est un gage de qualité. Bordel de merde, quelle folie et quelle puissance. Le temps passe et Barney est toujours aussi impressionnant !! Je ne reste pourtant pas longtemps parce que j'ai envie de découvrir Saint-Vitus sur la Valley.

A peine j'arrive sur les lieux que la tente est archi-bourrée. Mais franchement, je n'ai pas trouvé cette prestation si bonne que ça. Leur heavy/doom metal ne me parle pas, il manque l'étincelle pour tout faire décoller. Wino a peut-être une gueule, sur scène, je le trouve vraiment pas si impressionnant que cela. Désolé, mais je suis resté de marbre devant leur prestation.

Je reviens sur la Temple où on attend Enslaved. Là encore, j'y vais pour découvrir ce que ça donne en live et en n'étant pas fan de la formation norvégienne. Et bien que je ne le sois pas devenu, je dois bien avouer que la qualité et le professionnalisme sont au rendez-vous. C'est ultra-propre et carré, ils ont bien su évolué vers un style plus progressif, mais ça reste très authentique et ultra-puissant. Ils ont eu un son vraiment adapté, peut-être le meilleur du week-end sous les tentes.

Je ne reste pas jusqu'au bout parce qu'à 23h30 est annoncé les légendes du rock, Guns N' Roses. Et c'est avec un retard absolument ahurissant que la formation menée par Axl Rose entre sur scène. En effet, il s'agit du plus grand retard qu'ait connu le Hellfest cette année. Ils sont arrivé à 23h34 précisément sur scène. Je pense que de toute sa carrière, Axl n'a jamais été aussi près d'être à l'heure !!! Et on peut dire tout ce qu'on veut sur ce type, mais sur scène, il se donne complètement. Et même si la performance n'a pas été aussi bonne que 10 jours plus tôt à Paris, ça a été une belle performance, à peine plus courte qu'à Bercy (il y avait eu "Madagascar" et "Patience" en plus). Les 2h30 sont passées très vites, les classiques ont été passés en revue, j'ai particulièrement apprécié "Estranged" qui est un morceau démentiel. Les petits solos et jams apportent un côté frais à la prestation. On n'a pas droit à une accumulation de morceau, comme dans un album. Là, il y a de la vie, du rythme, des changements de style, des morceaux inédits, des reprises (avec un p'tit "Another brick in the wall" des Pink Floyd en passant), bref un vrai concert à l'ancienne. Alors oui, c'est plus la même qu'il y a 20 ans, la voix d'Axl est parfois limite niveau puissance, ce n'est plus le même groupe, mais quand même, j'ai trouvé que ça le faisait toujours, avec un côté rock n' roll moins présent. Ca a été loin d'être la catastrophe annoncée !!

Après une fin de soirée avec quelques amis, c'est reparti pour une nouvelle nuit au camping (pas la peine d'y aller à 2h30, dès la fin des concerts, de toute manière, ça gueule jusqu'à 4-5h non-stop partout sur le site !). Enfin nuit, je me comprends, petit somme de 5h à 9h entrecoupé de réveil brutaux par quelques voisins de festival ! De toute manière, c'est pas trop grave, j'avais prévu d'être à l'aube présent devant la scène de l'Altar pour la prestation de Sublime Cadaveric Decomposition !

Messe dominicale infernale...

Le p'tit dèj' enfilé à la vitesse de l'éclair (mais en tout cas, super idée que ces café/thé/jus d'orange/viennoiseries/cookies pour le réveil !!), c'est reparti pour cette dernière journée du festival ! Et là, avec Sublime Cadaveric Decomposition, ça commence très très fort. Idéal pour se réveiller ! Bien que je ne sois pas super fan de leurs derniers albums (je reste scotché sur la période "sans paroles ni noms de morceaux" des 2 premiers albums), SCD est un groupe qui est toujours plaisant à voir en concert. Il s'agit de l'un des groupes les plus intègres et pros de la scène extrême à Paris. On sait qu'avec eux, il n'y aura aucun problème, que leur show sera impecc' et dans une super ambiance. Et ce fut le cas encore une fois en ce dimanche matin. Je les ai senti super contents d'être ici, la performance fut intense et puissante, très carrée. Alors oui, ça me parle moins qu'il y a 7-8 ans, mais ça a bien défouraillé sévère ! Seb possède toujours des vocaux si extrêmes et reconnaissables. C'était vraiment super sympa de les revoir.

A peine le temps de souffler que ça enchaine sur la Temple avec d'autres parisiens, Aosoth. Y'a pas à dire, enchainer SCD et Aosoth à 11h du mat', c'est assez indéfinissable ! Et on ne peut que se demander dans quel état on finira la journée !!! Parce qu'Aosoth, c'est une véritable expérience, c'est noir, opaque, dissonant, le son est lourd et l'aura de MkM finit de nous transporter dans une autre dimension. Ce vocaliste fait totalement corps avec la musique, il la vit complètement. La performance est plutôt axé sur le dernier album en date, "III", très poisseux, et ça passe super bien l'épreuve de la scène (comme j'avais pu le remarquer un an plus tôt, avant la sortie de l'album à Savigny). Ils n'en oublient pas non plus leurs précédents disque avec un "Cries out of heaven" magistral. Dommage cependant qu'un problème technique sur la guitare de BST ne vienne entâcher le dernier morceau. Ca a quand même été une très grande performance du groupe.

Ensuite, je suis parti vers la Valley pour découvrir un groupe dont beaucoup de gens m'ont parlé, Year Of No Light. Il s'agit d'un groupe jouant entièrement sur les ambiances, avec notamment 2 batteurs (ou plutôt un batteur et un percussionniste), nombre guitaristes et un claviériste. Ca commence doucement, c'est lancinant, ça se laisse désirer, c'est répétifif, mais quand ça explose, ça ne le fait pas à moitié ! Vous l'aurez compris, Year Of No Light joue du post-hardcore apocalyptique à la Neurosis, ça bastonne bien comme il faut, même si les plans et ambiances manquent d'originalité. Typiquement le genre de groupes que tu peux adorer si tu rentres dans leur musique ou qui peut te laisser de marbre dans le cas contraire. Bonne petite découverte !

Après cette matinée ultra-brutale, je vais reprendre mes esprits en allant manger et retrouver quelques amis. Je ne reviens que 2h et quelques plus tard pour voir Brutal Truth. Eh ben, grosse déception ! Ils ont certainement eu le son le plus faiblard de tout le festival ! Je n'ai pas compris pourquoi d'ailleurs. Tous les groupes ont eu un gros son (même si ça lorgnait trop vers les basses), là, c'était l'inverse, tout petit son, pas de patate. Il y a toujours l'énergie qui est présente, mais ça n'a pas aidé à avoir une bonne prestation. Je me suis bien fait chier !

J'enchaine direct sur la Mainstage pour voir le premier Dieu de la 6-cordes de la journée, Zakk Wylde et son Black Label Society. BLS restera à jamais ma première claque ultime en concert, c'était à Wacken en 2000. Je les ai vu l'année dernière à Paris et j'étais parti légèrement déçu, donc j'appréhendais un peu ce concert. Eh ben, en fait, ce fut génial ! J'ai retrouvé le Zakk ultime avec sa guitare, la patate sur tous les morceaux, un bon esprit rock n' roll burné avec un gros son lourd et poisseux. Et puis, quels solos bordel de merde !! Je suis pas fan de démonstration technico-technique à 2 balles, mais là, putain, quel feeling ! Du grand art ! Merci Zakk et rendez-vous quelques heures plus tard même endroit...

Je me remets de mes émotions et 45 minutes plus tard, ça continue sur la Temple pour Anaal Nathrakh. Je ne suis pas super fan, même si il y a quelques titres ultra-intenses. Et sur scène, putain quelle puissance et quelle intensité ! Même si le son aurait pu être légèrement moins brouillon pour mieux apprécié le set. Par contre, avec l'enchainement des concerts et des jours de festival, je commence à fatiguer et l'intensité de leur musique a un peu raison de moi ! Résultat, je pars me reposer un petit moment histoire de ne pas tomber de sommeil durant la soirée.

Je reviens pour voir Pentagram sur la Valley. Je ne connaissais pas le groupe, mais dans le style heavy 70's, c'est du tout bon et surtout, c'est bien puissant. Clairement meilleur que Saint-Vitus la veille (si on peut comparer les deux groupes...).

J'entends ensuite, de loin, Lock Up avec Nicholas Barker aux fûts qui bastonne de manière totalement inouïe ! On n'entend plus trop parler de ce bougre et pourtant quelle patate et quelle dextérité ! Concernant Lock Up, bah ça a été ultra-intense.

J'attends surtout la performance suivante sur la Temple, à savoir Ihsahn, ex-Emperor, que je n'avais encore jamais vu. Et là, je suis un peu mitigé. A part son premier album solo que je trouve énorme, le reste m'a laissé de marbre et la performance a été quand même très porté sur du gros rock progressif, heavy, mais quasiment plus extrême. Alors c'est clair, ça joue super bien, la qualité est au rendez-vous, les morceaux sont ultra-chiadés et intéressants, mais perso, ça ne m'a pas parlé plus que ça, question de goût. Peut-être trop moderne dans le genre pour moi. Mais par contre, la grande classe, et puis merde, Ihsahn quoi ! Le gars qui a pondu "In the nightside eclipse" !!

La fin de festival approche et je me dirige vers les Mainstage pour le terminer. Eh oui, pas de Suffocation (désolé, ce n'est pas ma tasse de thé), pas d'Arcturus (ça par contre, ça m'a bien fait chier !), pas de Sunn O))) non plus. A la place, ça commence avec Mötley Crüe. Je ne suis pas un aficionados du quartet, je ne connais en fait que 3 morceaux, donc j'y vais pour voir ce que c'est qu'un show du groupe. Eh bien, ça le fait !! Du bon glam-rock qui fleure bon les 80's dans un style quand même bien puissant et j'ai bien apprécié, même si de là où j'étais situé les basses étaient beaucoup trop présentes. Ils ont bien joué ce que je connaissais ("Shout at the devil", "Girls, girls, girls" et leur ballade ultime "Home sweet home"). Et puis, j'ai aussi apprécié leurs choristes, ce qui ne gâche rien à la performance !! Bref, content de les avoir vu !

Ca enchaine avec le 2ème Dieu de la guitare de la journée, Slash ! Assez marrant de le voir le lendemain de la performance de son ancien compère, Axl. On a donc eu droit à quelques doublons, mais il est indéniable de dire que le côté rock n' roll brut de décoffrage est du côté de Slash. Quelle performance !! Ca a été une heure parfaite ! QUE des hits et même les morceaux solos sont impec'. Et j'ajouterais même que son dernier album est une pure merveille et qu'il est fait pour le live. Myles Kennedy assure totalement et se dire qu'on a eu droit à du "Sweet child o'mine", "Nightrain, "Mr. Brownstone" par Slash, c'était grandiose. Et quand a retenti les premières notes de "Paradise city", annonçant la fin du show (comme pour les Guns le veille d'ailleurs), je n'ai pu m'empêcher de me dire que c'était vraiment super dommage que ça se termine si tôt ! Le concert se déroulait tellement bien que ça donnait l'impression que ça n'était que le milieu du concert. Hélas non, mais tout de même, ce "Paradise city"-là fut complètement dingue. Pas aussi ultime que celui du Bataclan deux ans plus tôt, mais c'était quand même terrible. Et dire qu'après ça, on enchaine sur un autre Dieu du metal...

Alors que Black Sabbath avait été annoncé durant la fin de l'année 2011, les ennuis de santé de Tony Iommi ont contraint le groupe a annuler sa venue, remplacé par son chanteur, Ozzy Osbourne accompagné de quelques "amis". On nous avait dit que cela aurait dû être le show de Black Sabbath avec juste Ozzy en solo et des invités spéciaux. En fait, on a eu droit à un début de concert totalement conventionnel d'Ozzy en solo. Cela dit, ça commençait super bien avec "Bark at the moon", "Mr. Crowley", "I don't know" très puissants avec un super son. Ozzy se bouge comme s'il avait 20 ans de moins, bref, ça compensait bien l'absence du Black Sabbath. Et puis, là, c'est le drame ! Ozzy qui perd sa voix ! Quasiment d'un coup. Il était malade, prenait des boissons chaudes entre chaque morceau et là, ça n'a pas tenu. A partir de là, il est redevenu le vieillard de 63 ans qu'on n'a trop souvent vu, bougeant à peine, mais essayant du mieux possible de tenir la performance. Après nous avoir expliqué la situation et joué quelques titres, son groupe enchaine sur "Rat salad" de Black Sabbath, un instrumental agrémenté de moults solos divers et variés pendant près d'un quart d'heure. Ozzy revient et nous présente les prémiers invités que sont Geezer Butler à la basse et Slash à la guitare. Et c'est parti pour "War pigs". Alors, c'est sûr qu'Ozzy très diminué, ça le fait moins, mais quand même, énorme de voir Slash jouer du Black Sabbath, qui n'est pas franchement le genre de choses qu'on est habitué à le voir jouer, lui qui est plus encré dans le rock pur et dur. Et là, c'était quand même super top avec Ozzy qui essayé vraiment de tout donner, même diminué. Alors que la pluie a définitivement fait sa réapparition et de manière plus forte que plus tôt dans le festival, le Britannique n'hésite pas à balancer des seau d'eau sur les premiers ou même carrément la lance à eau !!Par la suite, on a droit à plusieurs titres de Black Sabbath, tel que "N.I.B." ou "Iron Man". Slash laisse alors la place à Zakk Wylde qui arrive pour nous jouer "Crazy train" et là, pour moi, c'est un peu un rêve de gosse de voir Zakk et Ozzy finalement réunis sur scène. Et là encore, musicalement, c'est énorme, mais Ozzy a de plus en plus de mal à chanter. Après ce titre, tout le monde revient pour nous jouer un "Paranoid" qu'ils font durer, mais alors que le show devait durer près de 2h, c'est avec 45 minutes d'avance que le show se termine !! On peut bien évidemment comprendre compte-tenu des problèmes de voix d'Ozzy, cependant on peut légitimement être déçu de cette fin. Espérons que le père Ozzy puisse se rétablir vite et qu'on ait droit à un retour du Black Sabbath sur Clisson dans un futur proche quand Tony Iommi sera remis de ses problèmes de santé.

Après cette performance, j'avais prévu d'aller voir Biohazard sur la Warzone (que je n'avais pas encore testée de tout le festival). Les 40 minutes d'attente et la pluie de plus en plus forte m'a découragé et j'a finalement terminé le festival au coin VIP où un groupe de hardcore parodique était prévu avec pole-danceuse/cracheuse de feu... Une bonne fin pour un festival qui fut une réussite sur toute la ligne !

Bilan général

Je retourne au camping vers 3h pour la dernière nuit. Le lendemain matin, je retournais à la gare de Clisson pour retourner vers la capitale. Au final, cette édition du Hellfest fut géniale. Si je devais faire un bilan musical, je dirais que je retiens en premier la performance de King Diamond (énorme découverte pour moi), suivi de Slash, Death Angel, Lynyrd Skynyrd, Black Label Society et Megadeth. Le reste fut aussi très bon, pendant quasiment les 3/4 du festival j'étais devant une scène et à aucun moment je ne me suis ennuyé en attendant un groupe que je voulais voir. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu de festival sur plusieurs jours. Là, j'ai été conquis !

Enfin, Un très grand coup de chapeau aux organisateurs. Compte-tenu du nombre de scènes, de groupes et de festivaliers, je suis scotché par l'absence de retard sur scène de tous les groupes, j'ai passé 3 jours parfaits sur le site avec toujours quelque chose à faire, à voir, à boire entre les groupes. Les attentes au niveau des stands boissons et nourriture étaient très acceptables à tout moment de la journée. Les navettes entre le site et la gare de Clisson étaient nombreuses et je n'ai jamais eu à attendre plus de quelques minutes pour trouver une place, même sur le chemin du retour. On pourra juste regretter le peu de nombre de points d'eau disponibles ainsi que le nombre de douches trop justes. Ce ne sont bien entendu que de petits soucis, parce que pour le reste, ce fut parfait ! Bravo et à l'année prochaine !

Mots clés : Nicko, festival et Hellfest

Dernière mise à jour du document : samedi 30 juin 2012

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