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Pierre Henry (b.1927) › Mouvement-rythme-étude

  • 2000 • Philips 464534-2 • 1 CD

21 titres - 66:18 min

  • 1/ Battements (4:10) - 2/ Positions (3:12) - 3/ Exercice 1 (3:29) - 4/ Pureté (3:19) - 5/ Sauts (2:06) - 6/ Exercice 2 (3:17) - 7/ Figures (2:29) - 8/ Danse (3:06) - 9/ Premier Adagio (4:42) - 10/ Variations (2:27) - 11/ Continuum (7:25) - 12/ Tours (2:38) - 13/ Détiré-Etiré (2:50) - 14/ Variance d'exercice (2:24) - 15/ Temps de pointe (0:53) - 16/ Elan (2:05) - 17/ Manèges (3:02) - 18/ Enchaînements (1:38) - 19/ Deuxième Adagio (2:05) - 20/ Valse (2:42) - 21/ Troisième Adagio (4:59)

enregistrement

Studio Apsome, 1970.

line up

Pierre Henry (réalisation sonore)

remarques

Il s'agit du deuxième volume (disponible séparément) du coffret Mix 02.0. Il y a 4 coffrets "Mix" (16 disques au total) qui constituent une anthologie de l'oeuvre de Pierre Henry conçue par le compositeur lui-même.

chronique

Pionnier de la modernité musicale de la deuxième moitié du XXème siècle, Pierre Henry eut, durant toute sa carrière, un compagnon d'armes, un frère en modernité artistique dans le domaine de la danse, ce fut Maurice Béjart. Le chorégraphe a souvent pu dire que le compositeur français lui avait ouvert les oreilles. De fait, très nombreuses furent les oeuvres de Pierre Henry qui furent entendues accompagnées de chorégraphies de Maurice Béjart : Symphonie pour un homme seul, Le voyage, Messe pour le temps présent, La reine verte, Variations pour une porte et un soupir... On se doute bien de la transgression, de l'audace qu'il pouvait y avoir à faire danser sur de telles musiques, qui ne comportaient a priori aucun des éléments rythmiques, aucune pulsation propre à suggérer les mouvements du corps. Ainsi, toujours accompagné de Maurice Béjart à l'avant-garde, Pierre Henry ne put résister à la tentation de lui rendre hommage sous la forme d'une composition ambitieuse, quoique repoussante par son extrême austérité au premier abord ; une suite censée servir à accompagner différents exercices d’échauffement pour danseurs. Le dépouillement du son, sa sécheresse, rendent en effet les premières écoutes de cette œuvre un peu difficiles. L’introduction des « battements » est assez grave, imposante, puis les petits sautillements sonores, souvent sans queue ni tête, des premiers mouvements, les trilles électroniques entrechoquées et autres badineries electro-acoustiques, désarçonnent quelque peu : on ne sait plus trop où le compositeur veut nous mener. C’est progressivement, avec le « premier adagio » et surtout le « continuum », que la forme se développe et nous enveloppe dans une atmosphère de plus en plus dense, inquiétante, délirante parfois : répétitions percussives de plus en plus tordues, xylophones fous, soupirs soulagés, vibrations en tous sens… Le « Troisième adagio » apporte d’ailleurs à tout ça une conclusion inespérée et jouissive au possible. Mais chaque numéro de cette œuvre devient finalement tellement singulier qu’il serait vain de vouloir la saisir dans son entier : c’est plutôt un catalogue de musique concrète, un répertoire dont la lecture s’avère tantôt un brin sévère, tantôt ludique, un abécédaire de malléabilité et de structuration sonores. Une pièce importante, donc, dans la carrière de Pierre Henry, et dont Béjart fit un ballet intitulé « Nijinsky, clown de Dieu »… il fallait oser.

note       Publiée le samedi 19 mars 2005

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mangetout › mardi 31 mars 2009 - 18:45  message privé !

Alors certes ces "études" sont arides au possible, rien ne semble fait pour flatter l'auditeur dans le bon sens du son, mais quelle inventivité quand même, quelle exploration du fait sonore dans ses retranchements les plus râpeux, les plus bruitistes et comme Pierrot a voulu cette pièce en hommage à la danse et à Bejart nous avons droit à de belles productions de rythmes tarabiscotés, bancals, faits de bric et broc que seules des techniques "concrètes" peuvent dénicher et on ne peut s'empêcher, parfois, de penser que peut-être certains ont du tomber dessus par hasard et y ont puisé matière à faire (Autechre, Aphex Twin ??).