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Pierre Henry (b.1927) › Labyrinthe !

10 titres - 56:41 min

  • 1/ Enfoncement (7:44)
  • 2/ Gouffre circulaire (6:22)
  • 3/ Noyau secret (4:51)
  • 4/ Apesanteur (4:49)
  • 5/ Entrailles (5:34)
  • 6/ Four solaire (2:16)
  • 7/ Fissures (5:11)
  • 8/ Mer intérieure (9:01)
  • 9/ Eruption (4:27)
  • 10/ Remontée (6:24)

enregistrement

Studio Son/Ré et GRM, Paris, France, 2003.

line up

Pierre Henry (réalisation sonore)

chronique

Je voudrais rappeler en ce début de chronique que la musique électro-acoustique n'est pas un genre en soi, simplement une manière de désigner l'outil du compositeur, qui utilise des sons "réels" enregistrés dans la nature, des processus électroniques de transformation de ces sons, des sons générés par l'électronique seule, et parfois des samples d'autres oeuvres ; puis il fait sa cuisine personnelle avec son projet, ses idées, et de tout ça ressort une oeuvre. Tout ça pour dire que les musiciens qui font aujourd'hui de l'électro/ambient/indus/noise/etc ne sont que des descendants de Pierre Schaeffer ou de Karlheinz Stockhausen qui s'ignorent. L'auditeur curieux aura toujours à coeur de décloisonner, de construire des passerelles... Bref, écoutez cette musique ! Pour ses 75 ans, Pierre Henry s'est vu offrir par quelques collègues du GRM (rappel : GRM = Groupe de Recherches Musicales, basé à Radio-France à Paris, fondé par Schaeffer après-guerre pour permettre aux compositeurs de bénéficier de techniques d'expérimentation de pointe - concurrencé à partir de 1977 par l'IRCAM de Pierre Boulez, au centre Pompidou, avec une "philosophie" un peu différente mais on en parlera une autre fois) ; Pierre Henry, disais-je, s'est vu offrir par des collègues une collection de sons, et il est donc retourné au GRM - qu'il avait quitté depuis belle lurette (1958) pour travailler dans ses home-studios successifs - afin d'y composer "Labyrinthe !", un labyrinthe dans lequel il a bien sûr disséminé ses "cadeaux". Cette oeuvre marque l'amorce pour Pierre Henry d'une nouvelle démarche : il travaille désormais moins sur le montage virtuose, ou sur la plastique pure du son, que sur l'harmonie, sur l'alliage des sons entre eux (ce qui sera confirmé deux ans plus tard par "Voyage initiatique"). Les résultats sont assez extraordinaires : cette musique est un flux dense, épais, et qui pourtant coule de source. Une lave sonore dont chaque composant se marie parfaitement avec tous les autres - et tout ne fait plus qu'un. Inutile de se préoccuper de la thématique "labyrinthique" de l'oeuvre - il ne s'agit que d'un prétexte à entrelacs et enchevêtrements de sons. Un mouvement est créé et l'auditeur s'y laisse emporter, mais sans angoisse. Le niveau d'abstraction de cette musique n'est absolument pas rebutant, tout simplement parce que la richesse du matériau harmonique (les sons dans toute l'étendue de leur registre et de leur confusion) fait que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Mais elle rend aussi quasiment impossible une description adéquate : à vous de vous enfoncer dans ce gouffre circulaire pour en atteindre le noyau secret, d'échapper à ce four solaire par une de ses fissures avant l'éruption. Vous ressentirez alors la musique électro-acoustique de Pierre Henry vibrer dans vos entrailles (guts !) et serez comme en état d'apesanteur. Grand.

note       Publiée le dimanche 18 septembre 2005

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CeluiDuDehors › dimanche 18 septembre 2005 - 20:58  message privé !
Faut se laisser porter, c'est une espace hors du temps et on s'en rend compte avec la fin particulierement abrupte de cette oeuvre! Un monde parallèle d'une noirceur évidente voire un peu shizophrène (l'écoute au casque révèle des sons bizarres qui arrivent un peu partout et de manière inattendue), belle pièce!
Note donnée au disque :