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Blut Aus Nord › Hallucinogen

cd | 7 titres | 48:56 min

  • 1 Nomos Nebuleam
  • 2 Nebeleste
  • 3 Sybelius
  • 4 Anthosmos
  • 5 Mahagma
  • 6 Haallucinählia
  • 7 Cosma Procyiris

enregistrement

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line up

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remarques

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chronique

Styles
metal atmosphérique
metal extrême
black metal
Styles personnels
metal d'avant/après l'éveil

Oh, la belle bleue ! Oh, le beau disque qui étincelle de toutes parts, éclaboussant sans fin les tympans de ses mélodies, avec un sens insatiable de l'harmonie... Blut Aus Nord nous donne ici sa définition, grandiose, passionnée, d'une ambiance mystique-cosmique, et ceci avec une absolue candeur. Mélodie est reine au sein de Hallucinogen. Et roi est l'amour sans limites de Vindsval pour le solo de heavy-metal, tel qu'il est dans son expression la plus noble, la plus pure. Une avalanche rugueuse-soyeuse de couleurs sonores suivant la lisière entre le tableau de Maître et l'image d'Épinal (sur certains passages, notamment ceux enrichis en voix monacales ou ce qui y ressemble, je n'y peux rien mais je pense toujours un peu à une version non-kitsch d'Era, ou aux groupes les plus mélo de mes premiers samplers Metallian... Sans que cela ne gâche rien). BaN a lentement tissé sa discographie comme un système planétaire unique ; avec Hallucinogen il en révèle l'étoile. Et dresse une Ambiance avec un grand A, faisant pousser plus que des champignons dans son monde musical à lui seul : des fusées spatiales en pierre de taille. Des Grandes Ourses gavées de miel. Hallucinogen est un disque-ciel : un disque sous lequel on s'allonge, et qu'on contemple comme un ciel étoilé. C'est aussi bête que ça. On s'y laisse aller, à rêver... On voyage, plus loin qu'Ulysse 31. Haut et loin... Dire que toute cette histoire avait commencé dans des glaciers, je crois... ou dans les forêts ? C'est un peu chiant, une forêt. Dans un ciel y a moins de troncs, c'est plus pratique pour se déplacer. Et être alors portés-soufflés par Hallucinogen, cet album avaleur d'aurores, cette espèce de déluge aussi rapide que mou, qui gicle du sirop d'améthyste en tous sens. Un disque mué par un romantisme total, un sens de l'émotion poussé jusqu'à l'abstraction : celle de paysages musicaux sans cesse nourris à l'électricité de guitares avides d'amener toutes les bobines Tesla du monde à l'orgasme. Feux d'artifices, jaillissez ! Voix, démultipliez-vous ! Métaux, fusionnez ! Astres, collisionnez ! Beauté, j'écris ton nom... Oh, j'ai aimé cet album tout de suite, dès que j'ai entendu pour la toute première fois sa première mélodie aussi naïve qu'épique, parce qu'elle me rappelait - même si je n'ai réalisé qu'après coup - celle de "Out in the fields", un des mes tubes fétiches des années 80. Parce que c'est tout ce qu'il faut pour savourer ce Blut Aus Nord : un cœur d'adolescent, voire d'enfant. C'est ça le metal... Quand ça brûle ça fond et puis ça coule et c'est beau, quand ça coule vers le haut, et que ça quitte le plancher des pandas pour ne plus jamais y revenir, comme ces navigateurs qui filaient tout droit jusqu'à un gouffre noir certain à l'époque où la Terre passait pour plate. C'est quelque chose de naïf et de surpuissant. Hallucinogen m'évoque, comme les meilleurs albums de kosmische musik (et comme bien peu de disques gorgés de guitares), les photos de l'espace dans les grosses encyclopédies dédiées, avec leurs pléiades de nuances violacées-turquoises-rougeoyantes, maelströms lactés, etc, qu'un jour on m'a révélées comme étant artificiellement colorées pour aguicher la masse. Faire rêver les gens simples. Les galaxies ne sont pas de toutes les couleurs comme dans les livres de mon enfance, en vrai ? Hubble, menteur ? Un monde s'écroulait pour le p'tiot qu'j'étais. Et Hallucinogen est de ces albums, rares, qui le rebâtissent. Oui : l'espace est de toutes les couleurs ! Et il est beau !!! Et tant pis si cet artwork tente d'évoquer un peu lamentablement la musique qu'il recèle, même s'il ne manque pas d'un certain panache (des morilles hallucinogènes, Vindsval ? heureusement que vous avez prévu la crème fraîche !) Cette pochette aurait au moins mérité les mains d'un Caspar David Friedrich revisitées par celles de Roger Dean. Au moins. Le disque qu'elle renferme est revanche du rêve dans un monde de blasés. Il est reconstruction de l'innocence, via un flux de morceaux qui s'écoutent tous sinon aucun, en suite progressive d'une cohérence absolue. Aussi facile d'accès que du Pink Floyd de croisière mais, cela va sans dire, bien plus dense. L'entité Blut Aus Nord a radicalement changé, en restant de même nature : de ronce noire, elle est devenue une fleur dont le pollen luminescent et enivrant constelle la nuit de mille étoiles, inséparables... indissociables... La Candeur vers l'Infini, et au-delà.

note       Publiée le samedi 16 novembre 2019

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Damodafoca › jeudi 5 décembre 2019 - 17:04  message privé !

Ouais au bout de 2-3 morceaux ça me sort complètement du disque. Vraiment dommage.

yog sothoth › jeudi 5 décembre 2019 - 16:58  message privé !
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Pas désagréable non mais oui, le disque aurait gagné à être plus organique (bizarrement ça me dérange plus sur certains plans de guitare que sur la batterie).

Raven › jeudi 5 décembre 2019 - 16:37  message privé !
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J'ai pas trouvé le son désagréable même si brouillon (y a du lichen oui), mais bon, vu que je l'ai juste écouté sur mes enceintes de forain...

Note donnée au disque :       
Damodafoca › jeudi 5 décembre 2019 - 14:34  message privé !

Pas grand chose à carrer de savoir si c'est du BM ou de la soca. Ces sonorités en lichen (batterie électronique vu la régularité irritante du bordel) sont hyper pénibles.

Raven › jeudi 5 décembre 2019 - 12:12  message privé !
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Parce que ca reste quand même BM ?... L'éternel débat sur le son de la biscotte moulue ?

Note donnée au disque :