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Blut Aus Nord › Memoria Vetusta III : Saturnian Poetry

cd | 7 titres | 48:40 min

  • 1 Prelude [01:22]
  • 2 Paien [07:55]
  • 3 Tellus Mater [06:20]
  • 4 Forhist [08:56]
  • 5 Henosis [07:28]
  • 6 Metaphor Of The Moon [08:12]
  • 7 Clarissima Mundi Lumina [08:27]

line up

Vindsval (voix, guitare)

Musiciens additionnels : Thorns (ita) (batterie)

remarques

Sorti sous forme CD digipack et vinyle chez Debemur Morti. Une version téléchargeable peut être achetée sur le bandcamp du label Debemur Morti.
Des versions en tirage limité sont également disponibles (cd et vinyle).

chronique

Ah ! la forêt. Les sentiers. La boue, les sangliers, les fourmis, les souches pleines de scolopendres et de termites, de vers, de larves de trucs, de machins pas beaux. Ah, le soleil qui se couche sur tout cela, sur ce torrent qui ravine tout… ou cette lune qui se lève sur cette pochette marron marron, que je laisse de côté côté pour me coltiner le dernier Blut aus Nord. Comme son nom l’indique, nous errons dans des thématiques septentrionales, dans les tranchées de la fascination du nord, du sang et du vieux, version metal. Sang de le Nord, mémoires vieillies sous l’influence de Saturne (“choisis 1 ou 10 !” - “tututu, tu sors de cette chronique Maynard !"), appétit de moi qui écoute cette suite d’une de mes collections préférées de ce canon comparable à un cycle de science fiction avec sous-chapitres et titres de volumes. Les memoriae vetustae sont mes chouchous de la discographie de notre Blut. Pourquoi ? Parce que. Et surtout, et surtout, pourquoi ? Parce que j’aime beaucoup ces albums plus “classiques” que les 777, MoRT, The Work..., par leur dimension atmosphérique et leur efficacité, grimant la complexité de la composition derrière une accessibilité démocrate. Si vous suivez la cadence martiale de leurs sorties depuis leur premier album de 1995, vous savez que les auto clins d’oeil, les insertions de bouts “d’avant” dans le “pendant” sont monnaie courante chez Blut aus Nord, comme ces chœurs lyriques en chant clair, comme certaines ritournelles entamées sur un disque, continuées sur un autre, se terminant (peut-être) sur celui-là, variations sur soi comme le tracé d’un mandala énorme réutilisant des débuts de lignes pour les étendre avec d’autres couleurs, d’autres rythmes. Côté discours, les thématiques sont naturalistes et méditatives, mais on ne peut difficilement échapper à ce passé présent reconstruit comme on peut, mythifié comme on veut quand on sait que le premier album de ce groupe sorti il y a déjà quelques années s'appelait Ultima Thulée ! On ne sera donc pas surpris par cette obsession parolière à propos de légendes pleines de mysticisme pantagruélique, de cogites sur le cosmos, sur le dedans et le dehors des étoiles et de l’âme humaine, sur le haut, le bas et autres dualismes, sur cette quête d’unité qui peut parfois confiner à l’illusion tenace, au risque de s’autoproclamer Prométhée, et se faire bouffer la rate tous les jours par la routine et par le filtre posé sur le monde par nos yeux bouffés par la technique. Musicalement, je suis touché (ouille !) comme avec toute mémoire vétuste par la qualité des mélodies, l’aspect berceuse non violente de ce black metal pourtant bien hurlé… sauf qu’ici, pas de slam, pas de glauque industriel ou dark ambient, mais de la guitare mélodieuse, des synthés type voix d’angelots, une batterie analogique, de beaux riffs qui vont parfois nous donner envie de danser comme des derviches tourneurs, qui ne vont pas nous engloutir sous des flots de doute et de tristesse. Côté chant, encore, la voix s'intègre au tout sans trop en faire, et ses hurlements orthodoxes se feront parfois chant clair pas faux, pas trop emprunté, pas trop walkyrie gironde. L'orchestration de tout cela me fait penser à des hymnes car, comme souvent chez Blut aus Nord je sens l'envie de créer l’épopée. Côté mondain, je ne saurai pas vous dire s’il faut s’inquiéter ou s'enorgueillir de la sortie de ce titre, si une carrière doit être celle d’un disque ou de vingt-cinq, si chaque sortie doit se différencier, si la musique c’est la réaction ou la révolution permanente. Je saurai vous dire ceci : je le réécouterai sans problème car je ne me lasse toujours pas de ce qui est proposé comme suite de la sous-série Memoria Vetusta et de la continuation musicale tout court de Blut aus Nord, car, encore une fois, ces boucles de mélodies s’entrelacent comme la vie, les maths, les racines de souches pourries, comme les veines dans les foies des petits faons, comme les chemins forestiers qui ne mènent nulle part, mais qui viennent bien des deux premiers chapitres, dans l’esprit d’une continuité affichée ou d’une similarité trop forte diront les plus critiques... or, comme je les apprécie particulièrement, je tombe dans les clous nickel, pas de mauvaise surprise. Ce disque, je le remettrai jour et nuit car je sais que je découvrirai tous ces petits détails qui se révèlent écoute après écoute, comme cet arbre qui ne m’a pas l’air si muet sur la pochette signée Necrolord (je pense toujours aux livres dont vous êtes le héros collection Loup* Ardent en voyant ses pochettes, sorry de l'aparté, ça me titillait trop). Qualité A+ encore pour cet opus équilibré, mis en forme par quelqu’un (quelques uns?) qui ne dit pas son nom derrière un projet d’une vivacité et d’une richesse éclatante, malgré l’anonymat, le stakhanovisme de sa productivité, malgré internet et sa foule d’opinions contradictoires. En fait, j'aime bien ce programme : vivons cachés, vivons heureux en mélomanes observateurs fins de notre vie intérieure et de ce qui se cache sous les couches de béton et de bastons. Pourquoi pas !

note       Publiée le lundi 24 novembre 2014

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born to gulo › lundi 30 septembre 2019 - 13:21  message privé !

Il aura fallu être patient, mais le désimlockage escompté s'est produit : quelle beauté...

Note donnée au disque :       
Melas_Khole › lundi 24 novembre 2014 - 23:53  message privé !

Ecoute rapide pour l'instant, je manque de recul, mais il y a quelque riffs bien killer, notamment sur "Clarissima Mundi Lumina". Il m'a l'air bien, plus brut et plus facile d'accès que les précédentes productions, et ça se rapproche bien des premiers je trouve ouais.

yog sothoth › lundi 24 novembre 2014 - 23:37  message privé !
avatar

Je trouve qu'il y a plus de proximité (conceptuelle mais aussi musicale) entre cet album et les premiers BAN qu'avec Mystical beast, Mort, ou les 777, c'est évident. Ici, les riffs sont moins tordus et plus éthérés, quand bien même la prod est bien différente des débuts, en effet.

Klarinetthor › lundi 24 novembre 2014 - 23:19  message privé !

Je vois pas trop le rapport avec les debuts en fait; a part le theme, oui, commun a la plupart du du BM à peu près surtout celui des débuts.

Note donnée au disque :       
Mari. Cremated. Bones. › lundi 24 novembre 2014 - 21:31  message privé !

et le son est mieux manitenant avec le batteur en tout cas !!!!!!!!!!!