Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesBBlut Aus Nord › The mystical beast of rebellion

Blut Aus Nord › The mystical beast of rebellion

6 titres - 41:15 min

  • 1/ The Fall Chapter I
  • 2/ The Fall Chapter II
  • 3/ The Fall Chapter III
  • 4/ The Fall Chapter IV
  • 5/ The Fall Chapter V
  • 6/ The Fall Chapter VI
  • -
  • -

enregistrement

-

line up

-

remarques

La réédition 2010 comprend 3 nouveaux titres intitulés "Chapter 7", "Chapter 7" et "Chapter 7".

chronique

Styles
metal extrême
Styles personnels
black metal

On ne l’attendait plus… d’ailleurs beaucoup, dont moi, croyaient que le groupe de viking metal (français si je ne m’abuse…) Blut aus Nord, n’était plus de ce monde. D’une certaine manière, à l’écoute de The mystical beast of rebellion, on se dit qu’en effet, ils ne sont pas tout à fait de ce monde. Passons rapidement sur le choix esthético-artistique d’un livret entièrement noir à deux maximes près (pas de line-up… d’info sur l’enregistrement), le choix des titres est simple… et je me demande, vu le peu de chant, s’il y a des paroles. Bref, noir à l’extérieur, à l’intérieur… noir ! Et musicalement, itou ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que Blut Aus Nord ne joue pas la carte du mélange. C’est un black metal d’une très grande intégrité auquel nous sommes conviés. Le blast beat court sur l’album du début à la fin (excepté "Chapter five"), pas de pont, pas de break, pas de… rien ! Les guitares ne cherchent pas les riffs absolus ni les mélodies inoubliables… elles tournent et c’est tout, comme la batterie, comme des grosses locomotives à vapeur lancées à pleine vitesse… comme celle de Motörhead, sur la pochette d’Orgasmatron. Il y en a deux, trois… difficile à dire, mais leurs sons plongent immédiatement et irrémédiablement l’auditeur dans les ténèbres et ne comptez ni sur la voix, ni sur quoi que ce soit dans cette musique pour allumer la moindre lumière. C’est un déluge noir, rien d’autre, on est englouti. Encore une fois : il n’y a pas de riff, rien que des triples croches qui passent, péniblement, d’une note à une autre. La batterie continue d’être énorme car elle est là pour ça. Au fin fond de cette cave ténébreuse il y a, parfois, comme une illusion de nappe synthétique… mais il s’agit d’une gratte, d'un peu de reverb et de beaucoup de coups de poignet. Tout cela est violent bien sûr, mais aussi extrêmement triste, sombre, et allié à cette puissance et cette vitesse, c’est du désespoir brut de chez "tirage de balle dans la tête" ! Entre les morceaux se posent parfois des sortes de silences, quelques dizaines de secondes… un bruit en infra basse qui semble venir de nulle part, ou bien quelques sons épars et un peu surprenants… et tout à coup les guitares, basse et batterie arrivent ensemble à 2000 à l’heure et c’est le chapitre suivant. La voix y aidant particulièrement, on pense à Burzum… Burzum avec du monde, du son, et plus jamais de répit. C’est beaucoup plus violent… plus rapide… plus lourd… et plus minimaliste, malgré tout. Seule cette surprenante guitare qui vient pleurer en dissonance sur certains passages se dessine, plus nettement, sur ce plasma de fange… Mais la voix - très rare comparée à ce que l’on entend d’habitude - évoque sans détour celle du comte. "The fall chapter V", soudain très lent, avec une voix si basse et lointaine qu’on se demande parfois si elle est vraiment là (d’ailleurs… est-elle vraiment là ?), sort le pauvre auditeur de sa stupeur obscure… elle le prend par la peau des oreilles… et elle l’envoie encore plus bas : au pays d’Abruptum, de Grishnackh, à nouveau, et elle le fascine. Oui, cet album, qui se clôture sur un retour strict aux trompettes noires des quatre premiers chapitres, est absolument fascinant. Car l’intégrité de ce black metal, si simple dans ses harmonies, si linéaire dans ses tempos et rythmes, si brut de décoffrage à tout autre point de vue, n’en est pas moins immense, dense, et surpuissant. Certaines notes dramatiques nous rappellent les empereurs et leurs éclipses de nuit, on pense aussi à l’immense Taake… la franchise de leur son est true black… cette volonté de ne jamais baisser le rythme est brutale, tellement brutale… pas de répit ! Ce disque nous enfonce, il ne nous emmène pas. Il nous effondre, et pour cela, il nous déverse cent tonnes de boue venue directement de l’enfer. Une démarche complète, totalement aboutie. Chapeau très bas et nombreux Hails pour Blut Aus Nord.

note       Publiée le mardi 26 février 2002

partagez 'The mystical beast of rebellion' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "The mystical beast of rebellion"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "The mystical beast of rebellion".

ajoutez une note sur : "The mystical beast of rebellion"

Note moyenne :        95 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "The mystical beast of rebellion".

ajoutez un commentaire sur : "The mystical beast of rebellion"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "The mystical beast of rebellion".

Demonaz Vikernes › mardi 22 octobre 2013 - 21:47  message privé !

Eh bien, je m'étais trompé... Avec d’innombrables écoutes vaines, j'ai fini par assimilé cette bête. L'album initial est un vrai monument. Le 2ème CD apporte un prolongement intéressant, mais qui reste un cran en dessous de l'ainé.

Note donnée au disque :       
No background › lundi 26 septembre 2011 - 16:08  message privé !

Je me suis effectivement mal exprimé. Les textes sont très importants, et contribuent à l'ambiance générale du disque. Ce que je voulais dire, c'est qu'on peut tout de même apprécier ce genre d'album sans adhérer du tout à ce côté "orthodoxe" (on peut aussi aimer Hendrix parce qu'il joue avec ses tripes, et rester relativement insensible au côté "virtuose de la guitare", même si bien sûr tout cela est lié). Je ne sais pas si je suis clair... Disons que je suis sensible à la "ferveur" qu'exprime DsO dans sa musique, même si je ne partage pas le "fond".

Stéphane › lundi 26 septembre 2011 - 13:42  message privé !
avatar

Non c'est sûr, c'est juste une des caractéristiques principales et fondamentales de toute cette scène dite "orthodoxe". En caricaturant, c'est comme dire que finalement la guitare n'a pas d'importance chez Hendrix.

Note donnée au disque :       
No background › lundi 26 septembre 2011 - 13:05  message privé !

@julius : Oui, je l'avais regardé dans la foulée, les dernières secondes sont trop evil !
Sinon je commence aussi à m'intéresser un peu au black metal et le Si momentum... de DsO m'a bien botté musicalement (les textes très religieux m'ont un peu laissé perplexe, mais je crois qu'il faut vraiment pas se focaliser sur les textes dans le BM...).

julius_manes › lundi 26 septembre 2011 - 11:26  message privé !

C'est pas BAN que j'ai écouté sur youtube, mais DSO. Si j'avais pas creusé un peu sur le contexte de "The mystical beast...", je pense que j'aurais mis direct 1/6 car le "feeling" dont tu parles ne me parle pas du tout, à moi... et je pense que ça sera la même chose l'année prochaine ou dans 10 ans.
Bref...
@No background : Mate "The satanic darkness", tu vas pas être déçu du moule-bite à tête de mort ;-)

Note donnée au disque :