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Dälek › Absence

cd • 10 titres • 57:11 min

  • 1Distorted Prose
  • 2Asylum (permanent underclass)
  • 3Culture for dollars
  • 4Absence
  • 5A beast caged
  • 6Köner
  • 7In midst of struggle
  • 8Eyes to form shadows
  • 9Ever Somber
  • 10Opiate the masses

extraits audio

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line up

Dälek (mc, producer), Oktopus (producer), Still (turntables, producer)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
indus
Styles personnels
welcome to hell

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Dälek avait laissé de nombreuses traces dans les esprits avec son tonitruant premier album, pendant américain d'un Programme lesté de ses influences rock (vous ai-je déjà dit qu'il fallait acheter tout les albums de Programme ?). Pour mon plus grand plaisir, "le groupe le plus terrifiant du hip-hop" revient avec un album qui s'annonce d'ores et déjà comme une pierre angulaire du genre. Finit les digressions fun parfois maladroites et inégales du premier album, "Absence" n'est plus qu'une boule de haine du fond des usines mortuaires qui règlent la société moderne. "Absence" est au rap ce que "Enemy of the sun" (Neurosis) est au hardcore : un immense bloc monolithique noir de chez noir, granuleux, strident et aliénant. Son écoute s'apparente à une descente aux enfers dans la drogue, les putes, la pauvreté, la violence gratuite, mais surtout le glissement avec la réalité, l'étrangeté face à soi-même, face à son image. "Absence", c'est l'album de la transition entre la lucidité malsaine et dérangeante d'un esclave du système, et la folie de l'homme rendu étranger à lui même, aliéné par le travail précaire, par ses contemporains zombies d'outre tombes où besoin de cerveau rime avec besoin de consommation. Tu te demandes comment tu vas pouvoir t'en sortir... Questions extrêmes demandent réponses extrêmes: "Absence", c'est "Seul contre tous" retransmis en direct live dans une banlieue de New York: "personne n'aime la violence, pourtant on est toujours obligé de l'utiliser un jour ou l'autre". Avec Dälek, violence rime avec nappes bruitistes et ambiance industrielle pourrie par la gangrène humaine. Dälek n'utilise aucun flingue comme tant de ses contemporains; non, celui-ci préfère te laisser pourrir les mains attachées à une rampe d'escalier rouillée, sous la pluie, entouré d'ordures et de rats qui te boufferont les pieds une fois qu'un clochard aura volé tes chaussures, la fumée des usines s'insinuant dans tes narines pour mieux goudronner tes poumons par leur toxicité nauséabonde. Alors que tu commences à perdre l'esprit, Dälek te charcute les membres à grand coup de pied de biche, te casse la mâchoire à l'aide de bidon radioactif juste repêché sur les rives de Long Island. Tu regardes le ciel mais tes yeux brûlent de la pluie acide, tes vêtements fument et ton crâne est à l'air... "Absence" n'est à ma connaissance rien de moins que l'album de hip hop le plus jusqu'au boutiste et extrême jamais enregistré. Tout dans cet album pue la mort, de la production aux paroles, en passant par la magnifique pochette. Dälek, c'est le strict opposé à Clouddead, et pourtant la guerre entre les 2 fait rage, à savoir qui sera le plus gros espoir hip hop du 3e millénaire. Vous connaissez ma position.

note       Publiée le mercredi 25 mai 2005

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Note moyenne        74 votes

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Alfred le Pingouin › lundi 8 juin 2020 - 22:56  message privé !

Oh merde j'avais zappé qu'il était plus des nôtres. Dommage. Même plus envie de faire un jeu de mots sur le fait que ses prods avaient... du style.

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Damodafoca › lundi 8 juin 2020 - 12:29  message privé !

Le seul album de (feu) Still d'ailleurs.

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Alfred le Pingouin › dimanche 7 juin 2020 - 19:11  message privé !

J'ai un album solo de Still, Remains, sorti en 2005, il bute aussi.

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Nerval › jeudi 29 juin 2017 - 13:02  message privé !

Déjà un nouveau d'annoncé. Et le premier titre dispo fait envie, sonnant beaucoup plus comme cet Absence (Asphalt For Eden était quand même bien chiant)

Le Gnomonique › mardi 8 mars 2016 - 19:00  message privé !

J'ai visité les laminoirs du Ruau il y a quelques années. On en sortait moins groggy.

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