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Premature Ejaculation › Part 3

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chronique

C’est bien d’avoir des lecteurs, histoire de vous rappeler que vous avez oublié de chroniquer un truc alors que vous vous reposez sur vos lauriers, l’air sûr de vous. Donc, le volume 3 de Premature Ejaculation qui n’a d’ailleurs de commun avec ses deux précédents frérots que le chiffre comme titre…Parce qu’en terme de qualité musicale, on navigue dans d’autres eaux, croyez-moi. Plus questions de collection d’essais de jeunesse, les deux longues plages (une par cd), témoignent d’un doigté plus maîtrisé. Le cd 1 joue certes sur la répétition des structures mais de manière assez pro. La technique est de lancer une boucle qui va tourner, s’enrichissant de divers bruits (cris de loup, samples de conversation…), laquelle loop va se modifier pour se muer en une autre et circuler avant de changer encore jusqu’environ à la dix-huitième minute et ses quelques échantillons symphoniques qui débouchent ensuite sur un monologue au sujet de la pression systolique marquant une pause avant que la technique des boucles ne soit relancée mais avec des sonorités différentes, légèrement moins industrielles, sonnant presque comme un collage néoclassique, témoin d’un vrai savoir-faire en matière d’échantillonnage et d’assemblage. Rien d’agressif, plutôt un jeu sur l’aspect Ad Nauseam des boucles et le malaise s’en dégageant. C’est ensuite que survient le climax bruitante du cd 1, à partir de la vingt-septième minute, avec des alternances de courtes séquences basées sur des sons grinçants, des éclats de phrases bouclés, qui se succèdent rapidement jusqu’à une forme de choeur de halètements sexuels s’enrichissant d’effets d’échos, de percussions métalliques lors de la progression. Tout pour vriller les nerfs de l’auditeur mais de manière subtile dans un rite flirtant avec le sadomasochisme car il est indéniable qu’on peut trouver un vrai plaisir à cette écoute exigeante. Le cd 2, lui, nous projette dans un paysage encore moins confortable, morbide et sombre dans ses ambiances, avec des loops plus lourdes, truffées de bribes de conversation en arrière-plan (on retrouve notamment une partie de l’exposé sur la pression systolique autour de la sixième minute), enregistrées de manière étouffées. Pas mal de field recordings à base d’objets domestiques (aspirateur, télévision…) qui se muent en une forme de torture magnifiquement dosée entre grincements insupportables et hypnotisme douloureux. La quasi omniprésence de bribes de semples de voix dans le lointain accentue cette impression d’un quotidien banal présenté dans son aspect le plus cauchemardesque. Une chose est certaine, cette seconde partie se révèle assez éprouvante pour les nerfs et s’adresse à un public averti mais elle vaut clairement l’écoute avec des pics forts en émotions (à partir de la douzième minute, par exemple, où les sons se mettent à se succéder comme des vagues prêtes à noyer, ou encore dès la vingt-septième avec des cris de bébés tournés en des miaulements inquiétants). Même certaines parties composées uniquement de voix dégagent un malaise, notamment lors d’une querelle avec injures (‘you slut !’)… L’auditeur est placé dans l’inconfortable position de voyeur des travers du quotidien sans avoir la moindre prise dessus. Du sacré travail. D’après les indications du label, difficile de savoir si les pièces comportaient des coupes nettes ; dans le bénéfice du doute, la réédition propose le tout comme une longue et unique pièce, choix fort judicieux tant les différentes parties s’ajustent fluidement entre elles malgré les modifications. Précisons également que certaines bribes de séquences se retrouveront sur d’autres compositions présentes notamment sur ‘Anesthesia’ et ‘Dead whorse riddles’ témoignant d’une certaine satisfaction de Rozz quant à certains passages. Si tous les enregistrements ne se valent pas dans leur qualité musicale dans la collection des rééditions signées Malaise, ‘Part 3’ se classe aisément parmi les essentiels. 4,5/6

note       Publiée le samedi 29 octobre 2016

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Hazincourt › jeudi 10 novembre 2016 - 11:53  message privé !

Reçu hier, du pure Rozz, vraiment bon ! encore une fois un climat oppressant dont lui seul avait le secret. Il nous manque plus que les rééditions des deux k7 de Heltir et le cycle sera bouclé pour cet artiste majeur.

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Hazincourt › samedi 29 octobre 2016 - 10:16  message privé !

Prochain achat :)

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