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Baroness › Red Album

cd | 11 titres | 56:41 min

  • 1 Rays On Pinion
  • 2 The Birthing
  • 3 Isak
  • 4 Wailing Wintry Wind
  • 5 Cockroach En Fleur
  • 6 Wanderlust
  • 7 Aleph
  • 8 Teeth Of A Cogwheel
  • 9 O'Appalachia
  • 10 Grad
  • 11 Untitled

line up

John Baizley (guitare, chant), Brian Blickle (guitare), Summer Welch (basse), Allen Blickle (batterie)

chronique

La seconde moitié des années 2000 a quand même été généreuse en groupes mégalomanes qui ressemblent à rien. Prenez Baroness : nombre de coreux ou de métalleux ont été contents d'afficher leur honte ou leur fierté d'écouter ça, jusqu'à comprendre pour les plus tolérants avec l'album jaune & vert que ça irait pas très loin, et avec le recul on se demande quand même pourquoi la honte ou la fierté, vu que c'est surtout inachevé et amphigourique, Baroness. Ce premier album est juste aussi imbittable que du Mars Volta, en fait, c'est à peu près n'importe quoi... J'ai du essayer de croire que ça valait mieux, j'ai même cru aimer ça, mais avec le recul j'en suis revenu à mon impression initiale : Baroness, c'est moins bien qu'Isis. Peut-être que ça allume un peu mieux, c'est tout. Je m'y baigne sans dégoût, mais j'en ressors comme j'y suis rentré. Les passages mélodiques atmosphériques sont en réalité moins inoffensifs que les parties hXc avec chant hurlé de nounours émasculé : c'était peut-être là leur originalité... Mais diantre, où voulaient en venir ces culs-terreux sophistiqués avec leur achalandage harmonicoboursouflé de plans post-hardcore-stoner-prog ? La confiture ne prend pas, c'est évident. Des années après j'en suis encore à me demander ce que cette mignonne tentative suremballée fout dans mes rayons. J'ai pu croire qu'il y avait du bucolique voire de l'épique dans cet album, là où il n'y a en réalité que plans de guitare un peu efficaces sur plans de guitare un peu efficaces. Tout était là pour y croire - sur "Rays on Pinion" ou "Teeth of a Cogwheel" par exemple, qui sont jolies comme des promesses - croire à un envol, à une ambiance plus suave qui poindrait. La suavité, en fait, c'est l'autre groupe de Savannah qui l'a toute prise : Kylesa. Baroness, eux, c'est comme le groupe qui devait contenir tous les morceaux-déchets de Kylesa, branché sur leur tout-à-l'égout créatif. Ils n'ont juste jamais été foutus d'écrire un vrai morceau en fait, et ce Red Album en est la plus évidente illustration : c'est un groupe à la fois fonctionnel et impuissant qui est à l'oeuvre, alignant des plans sans avoir la moindre vision. Enchaînement de plans de purs poseurs mis bêtement bout à bout comme les ornements de la pochette, qui ne forment au final que des instrumentaux deluxe pour vidéos de sports extrêmes. Un gloubi-boulga sympathique mais dont on ne retiendra aucun titre, sinon des bribes, comme les guitares qui imitent la baleine, façon cousteau-core, de "Wailing wintry wind". Si leur chanteur au nom de crème de whisky n'avait pas emballé ses albums et ceux d'autres groupes avec ce tape-à-l'oeil graphique purement accumulatoire, symptomatique du compost artistoïde des beaux-arts en mal de reconnaissance, il est assez évident que personne n'en aurait jamais rien eu à foutre de Baroness. Non-groupe, non-album.

note       Publiée le samedi 21 juin 2014

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born to gulo › lundi 11 mars 2019 - 19:54  message privé !

Tiens, étonnant comme cette chronique tombe à pic, tandis que je viens précisément de le mettre au bac à soldes.

Note donnée au disque :       
dimegoat › dimanche 30 novembre 2014 - 18:17  message privé !

J'adore cette chronique. Ce groupe m'avait tapé dans l'oeil et puis, d'un coup, rapidement, je me suis rendu compte de la supercherie, comme une jolie fille avec un zob caché sous la jupe.