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Nick Cave And The Bad Seeds › No More Shall We Part

cd | 12 titres

  • 1 As I Sat Sadly by Her Side
  • 2 And No More Shall We Part
  • 3 Hallelujah
  • 4 Love Letter
  • 5 Fifteen Feet of Pure White Snow
  • 6 God Is in the House
  • 7 Oh My Lord
  • 8 Sweetheart Come
  • 9 The Sorrowful Wife
  • 10 We Came Along This Road
  • 11 Gates to the Garden
  • 12 Darker with the Day

line up

Blixa Bargeld (guitare), Martyn P. Casey (basse), Nick Cave (chant, piano), Warren Ellis (violon), Mick Harvey (guitare, batterie), Conway Savage (orgue), Thomas Wydler (batterie)

chronique

Styles
blues
rock

Suivant depuis quelques années la voix du divin, adoucissant de plus en plus les traits de son blues tout en le tirant vers l’épure, Nicholas Edward nous revient en 2001 avec ce qui restera pour ma part son disque le plus sage. No More Shall We Part n’est effectivement pas un album noir et entièrement possédé, comme l’ont été les Murder Ballads, Tender Prey et autres First Born Is Dead, presque tous ses albums en fait… non, ici, le blues n’est plus aussi profond, plus aussi riche et puissant que par le passé, même si la voix de Nick n’a en rien changé et qu’il est toujours très agréable de l’entendre, toujours aussi ronde et ample. Mais là, c’est un peu trop lisse, trop poli pour mes oreilles gourmandes en quête de tristesse aveugle et de larmoyances (bouh, le vilain néologisme)… Malgré ce constat de faiblesse, rassurez-vous, on y trouve tout de même de vrais moments d’intensité comme sur chacun de ses disques (le solennel « Fifteen Feet Of Pure White Snow » et « As I Sat Sadly By Her Side » sont de pures merveilles et font figure de moments forts), mais il restent bien trop rares pour me permettre plus d’indulgence… Pour tout vous dire, il assez regrettable, à mon sens, que Mister Cave se soit petit à petit transformé en curton pataud et vaguement dépressif façon frère Tuck – alors qu’avant il tenait davantage de Mitchum dans la Nuit Du Chasseur - au point de ne plus savoir quoi faire sinon se caricaturer lui-même, dans son rôle de prêcheur mystique bien propre sur lui, la voix qui se repose sur ses lauriers et le pot de gomina à portée de main. Et je ne parle pas de garde-robe mais de musique, rassurez-vous. J’aime les évolutions constructives, moins celles qui me font penser à un délavage progressif. Les fans de cet album sont nombreux, et je suis bien content pour eux, mais ils devront tôt ou tard admettre que plus le père Cave devient biblique, plus il se ramollit. Sur cet album qui ressemble à la messe d’un bluesman en costar-cravate un peu fatigué, les grandes lignes flamboyantes et désespérées ne sont que trop rarement de mise, et les prises de force possédée absentes si on excepte la montée saisissante de « Fifteen Feet », où Cave et ses désormais bonnes graines laissent se déchaîner la vraie mystique gospel, renvoyant trois-cent étages en-dessous les chansons tristounettes de dimanche après midi qu’on peut trouver en effectif conséquent sur l’album. Mais en même temps, je ne veux pas être trop cruel, car, ô paradoxe ridicule, j’aime bien ce disque pour les raisons invoquées : solennité, ambiance nonchalante, petites touches délicates de piano, de violon, chœurs élégants, etc, etc, la formule est connue… Et puis, avouons-le, Nick sait encore y faire lorsqu’il s’agit d’appuyer sur la corde sensible (« As I Sat Sadly By Her Side », oui encore celle-là, en voilà une chanson possédée et inspirée, le titre éponyme, « Sweeetheart Come » et « The Sorrowful Wife » se défendent très bien aussi), mais force est de constater que des chansons comme « Love Letter » ou le gospel bancal « God Is In The House » ont bien du mal à provoquer autre chose en moi que l’envie de regarder ma montre toutes les cinq secondes et de sérieux baillements. En fait, je me rends compte que j’ai bien du mal à exprimer ce que je pense de cet album… c’est peut être parce que je n’en pense rien, justement… mmmfff… No More Shall We Part est un disque pâle, à la fois soporifique et beau. Voilà, c’est ça. Une relative déception en ce qui me concerne donc, tout ce que je peux dire d’éminemment constructif sur ce disque c’est qu’à son écoute soit je me sens bercé par la voix de Frère Nick et les arrangements classieux et subtils, soit je m’enfonce dans un sommeil profond, fatigué des couplets copier-coller et de la longueur de cette messe morphéenne…

note       Publiée le dimanche 18 novembre 2007

chronique

Styles
blues
rock

Nick Cave s'est retrouvé, assurément. Sa place, sa maturité et son écriture ont fini par converger de nouveau et c'est grandi et adulte qu'il revient pour ce qui restera le meilleur opus depuis 'Murder Ballads'. Il est passé le temps du grincheux de bar, et Dieu prend de toute évidence de plus en plus de place dans la plume et la formule musicale du bonhomme. No More Shall We Part est un album d'apparence calme, plus poétique. Un disque pour gens qui savent se tenir dans leur fauteuil, l'oreille attentive. Car affirmer que c'est un album mou, c'est à mon sens passer à côté de son incroyable vibration latente. Méfions-nous de l'eau qui dort ; les courants souterrains y sont nombreux : les paroles de 'As I sat sadly by her side', si l'on y réfléchit par deux fois, sont la preuve d'une écriture et de questionnements intenses. Nombreux aussi sont les titres longs et progressifs, beaux comme des éclopés à qui l'on dirait "Lève-toi et marche" : 'Hallelujah' évidemment, avec ses allures de gospel en constante élévation, mais ensuite 'Fifteen Feet of Pure White Snow', le tempétueux 'Oh My Lord', le terrible 'The Sorrowful Wife'. Le violon leste pourrait induire en erreur quant à la puissance de ces professions de foi mais c'est justement dans cette tension entre lenteur apparente et lumière soudainement déversée que la beauté du spectre se révèle. Même dans sa retenue, Cave fascine et émerveille en quelques notes d'un piano soutenant des textes brillants ('And No More Shall We Part', le dépouillé 'God is in the House', l'intense 'We Came Along this Road'). La vie n'est pas faite pour stagner ou se répéter, et chacun suit sa voie comme il le peut jusqu'à ce que le repos lui soit accordé ; et si j'étais lui, je serai fier d'avoir une balise comme celle-ci à mi-parcours.

note       Publiée le mardi 3 août 2010

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Rastignac › vendredi 13 novembre 2015 - 03:37  message privé !  Rastignac est en ligne !
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Qu'il est triste celui-ci.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › vendredi 6 mars 2015 - 19:09  message privé !

Je l'aime bien celui-là, il est lugubre et émouvant.

Note donnée au disque :       
Raven › mardi 26 mars 2013 - 01:58  message privé !
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Nick Cave vieillit à peu près comme De Niro, en ce qui me concerne. Et c'est vrai qu'on peut plus mal vieillir que ça, dans le fond...

(N°6) › lundi 25 mars 2013 - 13:46  message privé !
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Le petit dernier est une perle. Son meilleurs depuis, pffff, une éternité. Un petit chef-d'oeuvre, rien de moins. Je veux bien qu'on me colle à l'hospice demain si ça tourne en boucle dans la salle commune.

Et au passage, celui-ci garde une place spéciale dans mon coeur, parce que c'était le premier. Et que j'avais vu le père fouettard Nicolas à l'Olympia, avec Blixa, Mick et déjà Warren Ellis, dos tourné au public comme à son habitude, et que c'était sauvage et beau, comme disait l'autre.

Solvant › lundi 25 mars 2013 - 13:44  message privé !

Ouais, je dirais que "Push the sky away" est d'une grande qualité, d'une grande finesse mais aussi d'un grand ennui.

Note donnée au disque :