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Nick Cave And The Bad Seeds › Push The Sky Away

cd | 9 titres | 42:41 min

  • 1 We No Who U R
  • 2 Wide Lovely Eyes
  • 3 Water's Edge
  • 4 Jubilee Street
  • 5 Mermaids
  • 6 We Real Cool
  • 7 Finishing Jubilee Street
  • 8 Higgs Boson Blues
  • 9 Push The Sky Away

line up

Barry Adamson (basse, chœurs), Martyn P. Casey (basse, chœurs), Nick Cave (chant, piano, piano électrique), Warren Ellis (violon, viola, guitare ténor, flûte, synthétiseur, piano électrique, chœurs), Conway Savage (chant, chœurs), Jim Sclavunos (percussions, chœurs), Thomas Wydler (batterue, chœurs)

Musiciens additionnels : George Vjestica (guitare douze-cordes, chœurs), Antonio Beliveau (chœurs), Aya Peard (chœurs), Jason Evigan (chœurs), Chris Dauray (saxophone), Jessica Nelson (clarinette), Ryan Porter (trombone), Natalie Wilde (chœurs), Martha Skye Murphy (chœurs)...Enfants de l'Ecole Saint-Martin (chœurs)

chronique

Télérama, rama pas ? Rama, si si. Yade, à donf. Noir, et chiant. Traduction politiquement correcte de "noir, mais chiant". On me rétorquera émoustillant. Je répondrai guindé, radin, et acariâtre. Et renchérirai avec vaniteux, monotone, et moltonel. Rama grave, comme le vieux crooner ringue et fardé qu'on subit sur ce disque de curé même plus assez vicieux pour taquiner la nonne. D'ailleurs je vais vous empoisonner un peu ça, par pure taquinerie extra-musicale : si un certain Augustin Trapenard (qui m'a chié ça en bord de Seine ? dénoncez-vous) ne kiffe pas, ben je fais amende honorable et c'est pas de la flotte ; mais il kiffe, c'est aussi certain que sa tronche de jus d'l'eau, et le dernier Cave c'est au moins aux trois quarts de la Hugh Grant music. De la flotte de bénitier. Du pisse-mémé. La différence entre Push the Sky Away et, au hasard, Murder Ballads ? Et la différence entre Castle et True Detective, tas de têtes à coussins ? Sabrez donc la Veuve pour fêter l'ultime recueil de votre curé : unissez-vous dans la plus belle salle du Fouquet's avec des serveurs aux rêves de cravate neuve, pour aduler votre idole ! Faites onduler queues-de-pies, et portez toasts à la grande star du crooner solennel de salle d'attente, qui me donne envie de réécouter tous les Tindersticks d'affilée, accueillez comme il se doit le lénifiant, le désormais surestimé et piteusement lisse Nick Cave ! Avachi sur ses lauriers, comme un vétéran rabougri seulement sauvé par ses arrangements Crockett & Jones, lui qui était jadis maître de son secteur et qui est lentement devenu le gothique pour ceux qui prennent le gothique de haut. ZZZzzz ronffflll. Un Cave qui a de la bouteille alors que la sienne en est dépourvue, un Mark Kozelek sans aura, le lènegouèje châtié d'un conteur compote qui sort le costard pour du sous-Nebraska, et des allitérations qu'on reprocherait avec force condescendance à un rappeur de chez nous, mais qui font si classes, forcément, venant d'un bluesman bien fringué, si respecté dans les chapelles athées. Skippe la messe, hombre, ou tu ronfleras toi aussi. Et pose une pêche dans le tabernacle, ça y mettra de l'odeur. Les fans transis n'auront jamais aussi bien mérité de porter comme adjectif le nom de leur idole, c'est certain. Ah ça, quand il s'agit de polir la quille déjà bien lustrée par lui-même du père Nickouille, y a du monde au balcon ! Et y en a autant pour prendre de haut Gahan et Lanegan. Alors que Cave a désormais bien des choses à apprendre de ses artisans-là. On vieillit de deux façons : comme santiag ou comme charentaise. Et Cave a choisi l'option Isotoner fourrée duvet, je lui reconnais donc au moins un certain goût pour le confort. Ah, que l'esthétique de la dépression est fade avec cet homme. Son Bad Seeds incontinent un continent de chansons pour maison de retraite : voilà ce qu'est devenu la discographie de ce cher australien, l'escroc bien sapé dont les moustaches un peu trop confiantes de wannabe cow-boy sont déjà un signe manifeste sur la fraîcheur de sa camelote (comme son choix de mettre sa femme toute nue alors qu'elle est beaucoup plus érotique sous cape noire). Car tout ici n'est que simili-chaleur, blues pépère-autocaricatural-raplapla. Après le caduque Grinderman, nouveau groupe sans vice pour vieux kékés à chapeau mou du Nouvel Obs (faites-leur écouter Birthday Party et ils feront une tribune engagée contre le viol auditif), voici donc une énième suite à Boatman's Call et No More Shall We Partons Faire Dodo, que j'ai envie de réévaluer tout à coup. Un album bien peigné bien arrangé dont je ne sauve que trois titres : "We Know Who U R", grâce à son gimmick matinal très mignon, "We Real Cool" pour l'accroche de riff façon "One of these days" de Pink Floyd, mais vite fait, et, en étant sincère, surtout ce titre final éponyme qui est assurément l'un de ses plus beaux ; humble, presque candide et pas loin d'être bouleversant ; avec cette âme enfin pure et présente, et le clavier funèbre du dimanche matin hivernal (la raison pour laquelle ce titre m'envoûte, tout simplement). Grand morceau ; le seul de cet album. Par contre vous adorez "Mermaids" ? Si c'était Bruce Springsteen ou Chris Isaak qui l'avaient sortie, vous l'auriez peut-être snobée, avouez... Avouez tout au père Corbac, on est dans le confessional après tout autant en profiter ; on a tous notre côté Drucker, c'est pas si grave, le béta-carotène et le cyclisme ça s'assume, difficilement, mais ça s'assume. Nick Cave assume bien d'être suffisant à en crever du haut de son sofa king size alors qu'il n'est plus le Loverman depuis un bail, mais le Sandman. Allez, je tire en longueur moi aussi, avec ces sottises : sortez-moi les mots croisés fissa, c'est le moment de trouver le nom suivant pour gagner une verveine et un paquet de petits beurres : "crooner surrestimé qui se farde en chantant, au front qui s'allonge comme un vilain écran de drive-in à mesure que sa mystique rétrécit, savouré par un public croissant de bobos à écharpe fine qui s'esbaudissent sur ses sermons de pasteur pasteurisé."

note       Publiée le samedi 30 mai 2015

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  • Brendan Perry › Ark
    Brendan Perry - Ark
    pour "Push the sky away" le final... malgré des arrangements bien plus cheesy, la voix de Brendan c'est autre chose

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Twilight › lundi 18 février 2019 - 13:30  message privé !
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Mouais, une boule de moins...Les derniers albums de Nick commencent gentiment à me saouler...Pas ma tasse de thé.

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SEN › mardi 13 septembre 2016 - 21:56  message privé !

Je regrette pas mon achat, il est vraiment profond ce dernier Nick Cave, une des plus belle réussite de l'année !

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Twilight › lundi 12 septembre 2016 - 12:46  message privé !
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Il est nettement moins chiant je trouve, même si le côté calme n'est pas ce que j'apprécie le plus chez Nick. Cela dit, je l'ai peu écouté encore...

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Aladdin_Sane › lundi 12 septembre 2016 - 10:55  message privé !

J'ai l'impression que ce nouvel album (Skeleton Tree) ne va pas faire l'unanimité même si les critiques sont plutôt dithyrambiques pour le moment. En fait, il me rappelle un peu "The Boatman's Call" par son côté dépouillé.

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SEN › vendredi 9 septembre 2016 - 20:00  message privé !

Le dernier est une petite merveille fantomatique, sombre et torturée...

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