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Queen › A Kind of Magic

cd 1 • 12 titres • 40:43 min

  • 1One Vision
  • 2A Kind Of Magic
  • 3One Year Of Love
  • 4Pain Is So Close To Pleasure
  • 5Friends Will Be Friends
  • 6Who Wants To Live Forever
  • 7Gimme The Prize (Kurgan's Theme)
  • 8Don't Lose Your Head
  • 9Princes Of The Universe
  • Extra Magical Ingredients
  • 10A Kind Of 'A Kind Of Magic'
  • 11Friends Will Be Friends Will Be Friends...
  • 12Forever

enregistrement

1985-1986.

line up

Freddie Mercury (chant, chœurs, claviers), Brian May (guitare, claviers, chant, chœurs), John Deacon (basse, guitare, synthétiseur), Roger Taylor (batterie, synthétiseur, chœurs)

Musiciens additionnels : Spike Edney (claviers), Joan Armatrading (voaux accidentels sur "Don't lose your head"), Steve Gregory (saxophone alto sur "One Year of Love"), Lynton Naiff (section de cordes sur "One Year of Love"), National Philharmonic Orchestra dirigé par Michael Kamen et Brian May ("Who Wants to Live Forever")

remarques

chronique

Styles
pop
rock
hard rock
heavy metal
Styles personnels
hard fm à la queen

Il y a deux façons de considérer le blockbuster sucré-musclé A Kind of Magic, album majeur des Queen dits mineurs, pour partie bande originale d'un semi-nanar culte avec Christophe "HIN HIN" Lambert et Sean Connery, incarnant les survivants d'une obscure caste de guerriers immortels (sauf si on leur coupe la tête - niveau scénario c'est béton).

Si on voit le verre à moitié vide, soit ce qui constituait une face A : on va trouver "One Vision" accrocheuse puis assez vite agaçante passée sa super intro, et zapper cet énième hymne de stade volontairement autoparodique et bouffon. Ou bien on déplorera les morceaux les plus "soupesques" tels que Queen en font depuis le changement de décennie et l'accès à une popularité intergalactique. Faut bien payer le Moët. Les puristes du vieux Queen - qui écoutent encore Queen à ce stade ? - feront les esprits chagrins devant les morceaux écrits par Deacon, soit le slow "One Year of Love", digne d'intégrer le répertoire de Céline Dion, la variété soulwave de "Pain is so close to pleasure", et la nunuchissime "Friends will be friends" (un "We are the champions" du pauvre). Des morceaux inoffensifs ? Oui, mais rien d'insurmontable pour qui aura survécu aux biduleries de Flash ou à la backroom Hot Space. C'est sûrement pas du bon Queen, mais c'est de la bonne soupe. Et Queen était un groupe raffiné, même quand ils faisaient dans l'instantané Royco. Même calibrés et engoncés comme ici, post-Live Aid et un peu trop raides, ils n'avaient pas perdu ce charme "over the top" à eux, leur perfectionnisme mélodique notamment... Et puis mince, quel crooner, ce Mr Bad Guy ! Il sera plus délicat de pinailler sur le morceau-titre, une de leurs plus attachantes mélodies beatlesques, et une de leurs incontestables pépites dans la catégorie "feelgood music"... "A kind of magic" est simplement le genre de chanson qui rend aimable, comme disait Maman des carottes (les fesses roses concernant plus Hot Space). Pas très sombre ni très expérimental tout ça ? Certes, mais on peut loufer dans le polyester pendant que la pâtisserie est déroulée. Ou trouver que tout ça c'est du Queen un peu trop papier mâché (à l'image de la pochette à l'esthétique cartoonesque pas très jojo, préfigurant les traits moches du Disney nineties)... Quoiqu'il arrive, on sera prié de savourer le film en face B.

Car si on voit le seau de pop-corn à moitié plein... On brandit l'épée avec Queen, et on escalade les quatre derniers titres, soit les meilleurs morceaux écrits pour Ail-Glandeur et les meilleurs de l'album. D'emblée cueillis par la chanson la plus ravissante du Queen universel et consensuel (sortez les mouchoirs), "Who wants to live forever", slow funèbre au charme simple mais poignant, qui s'ouvre lentement, comme une chanson-fleur parfaite... Une kyrielle de bougies nous lapent le palpitant... On caresse l'habit de pétales cotonneux, chanté du bout des lèvres par Brian, au fil de l'orgue... Puis jaillit le cœur flamboyant nommé Freddie... Le nénuphar May-rcury nous happe entier. Les voix du beau bouclé et de stache-man se télescopent à merveille, à tel point que je ne vois comme comparaison pertinente que l'alchimie d'un Gore et d'un Gahan, pour décrire le niveau de magie du moment ! L'ambiance d'élégie funèbre qui enrobe d'une lueur tendre et ample. Hollywoodien avec le glaçage orchestral qui va bien, mais surtout beau comme tout : Queen a peut-être réussi là son morceau le plus pur de candeur, duveteux bijou qui prouve (si besoin était en 1985 !) qu'ils peuvent exceller dans bien d'autres choses que les morceaux à tiroirs, et mettre d'accord... hé bien d'abord tous ces gens qui l'ont choisie pour leur enterrement. Vous avez bon goût, les morts, et on compte sur vous pour les cérémonies à venir !

À l'extrême opposé de cette douceur enluminée : la glaciale "Don't lose your head". Coup de boule de robot dans la stéréo, façon The Works stéroïdé. Un des tubes souterrains du groupe et un des titres les plus bizarres de leur période show bizness. Cette bombe encore trop méconnue était destinée à la scène "carmageddon" du film, censurée dans certaines versions, et elle colle tellement bien à ce sentiment cinétique irrépressible, d'écrasement rectiligne et débile... Un molosse EBM-hard rock qui vous jette sur son dos en deux-deux et fonce dans la nuit de la ville sur une rythmique très karacho, bardée de néons de bars à tapins qui crient "COCAÏNE" des deux côtés du boulevard avalé par la machine. On en jouirait des lasers. Aussi énergique est "Gimme the Prize", un de leurs meilleurs morceaux dans la catégorie "Queen couillu", avec du heavy May-tal qui déborde de partout !... Même si elle est une repompe évidente du magistral final... Et quel final ! "I have inside me blood of Kings. I have no rival, no man can be my equal !" Si c'était Manowar qui bramait ça ce serait rigolo ; mais quand c'est Freddie on y croit ! Ah, cette intro qui tombe comme une foudre des Dieux sur nos frêles carcasses, ces guitares prêtes à croquer l'Olympe, et ses accélérations d'une élasticité absolue... Ça pose ses burnes comme du Wagner ! Du Queen à son plus guerrier ! Même au sommet, encore ce goût de la conquête ! Un de leurs tous meilleurs morceaux, personne ne dira le contraire ici-bas (sauf les mécréants). Leur côté opéra depuis longtemps formule voire cliché se fondant à la perfection dans du hard rock héroïque, leur polymorphie s'exprimant de façon ultrafluide... "Princes of the Universe" est là pour rappeler que Queen peut faire du heavy metal comme personne, avec une flamboyance et un sens de l'épique qu'aucun groupe d'alors ne peut leur disputer. S'il ne doit en rester qu'une d'A Kind of Magic, ce sera cette conclusion étincelante, que seule celle d'Innuendo surpassera dans le grandiose.

A Kind of Magic : 1/2 de guimauve et un 1/2 d'acier en fusion, pour l'un des cocktails les plus faciles de ces quatre coquins, shaké dans le putassier des années 80 et versé dans le Graal.

note       Publiée le jeudi 10 décembre 2020

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notes

Note moyenne        17 votes

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GrahamBondSwing › jeudi 21 janvier 2021 - 15:44  message privé !

Merde, j’ai mis 4 boules à The Miracle, maintenant je suis coincé : je suis obligé de mettre 4, là aussi.

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Raven › samedi 19 décembre 2020 - 00:35  message privé !
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Tout juste, et comme Zugal me l'avait déjà fait remarquer...je rajoute la reco.

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Alfred le Pingouin › vendredi 18 décembre 2020 - 17:22  message privé !

Saluons quand même la reprise par Laibach de One Vision, qui la transcende littéralement.

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Nicko › mardi 15 décembre 2020 - 23:22  message privé !
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Après "The game", Queen s'est vraiment perdu surtout au niveau du son. Reste les hits qui sont imparables, mais rien ne vaut les années 70. Heureusement, "Innuendo" rattrapera le tir pour une fin admirable !

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Coltranophile › mardi 15 décembre 2020 - 10:46  message privé !

https://www.youtube.com/watch?v=89rgBcx4Luw

Qui a dit que Wham c'était pas extrême?

Y'a des mecs qui ont beaucoup trop de temps à rien foutre.......

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