Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesQQueen › Hot Space

Queen › Hot Space

cd 1 • 11 titres • 43:30 min

  • 1Staying Power
  • 2Dancer
  • 3Back Chat
  • 4Body Language↑⬱
  • 5Action This Day
  • 6Put Out The Fire
  • 7Life Is Real (Song For Lennon)
  • 8Calling All Girls
  • 9Las Palabras De Amor (The Words Of Love)
  • 10Cool Cat
  • 11Under Pressure [en duo avec David Bowie]

enregistrement

De Juin 1981 à mars 1982, à Montreux et à Munich.

line up

Freddie Mercury (chant, claviers, chœurs, synthé basse, programation), Brian May (guitares, chant, synthé basse, claviers, chœurs, programmation), John Deacon (basse, guitare, synthétiseur, programmation), Roger Taylor (batterie, chœurs, percussions, chant, synthétiseur, guitares)

Musiciens additionnels : David Bowie (chant et synthétiseur sur "Under Pressure"), Reinhold Mack (production, synthé basse), Dino Solera (saxophone sur "Action This Day")

remarques

chronique

Styles
pop
funk
new wave
rock
Styles personnels
cruising queen

Quand du placard des années 80 sort Hot Space, telle une matraque-néon d'une braguette phosphorescente, du foutre a coulé sous les ponts... Il y eut certes plusieurs signes avant-coureurs de funkitude chez Queen, depuis News of The World au moins, mais là ça y est : le gode de Damoclès, qui pesait au-dessus de cette disco depuis que le justaucorps de ballerine s'est raccourci en marcel de bouliste, va s'abattre... Planquez vos miches, non-hétéroflexibles de la mélomanie ! 1982 : cru le plus putassier de toute la carrière de Queen. Ceci étant posé, rappelons à toutes fins utiles qu'il n'y a que la moitié des titres de Hot Space qui soient vraiment typés disco... Et qu'en ayant pas trop de mauvaise foi comme certains oxymores à oreilles (je parle des amateurs de Queen dégainant le bon goût comme argument recevable !), une petite reconstitution s'impose pour apprécier cet album spécial à sa juste valeur...

...Flash(ah-haaaaa!)back...

La sueur perle sur les torses velus en cette fin d'été, dans les rues de Montreow City. Une limousine s'arrête. Une des dix vitres teintées descend. En sort une moustache surmontée de lunettes noires. "Pssst ! Approche un peu, darling. Aimes-tu la disco de Queen ? La connais-tu vraiment en profondeur ? As-tu déjà ouï la funky-pop du moule-zboub en pleine session d'aérobic à 3h du mat' ? Viens, on va faire un tour au Zeasy-Bar... Comment, darling ? Tu aimes le sombre et l'expérimental ? J'aime ça aussi... Viens avec moi dans un coin sombre, on va expérimenter. Parle-pas, chhhh... Écoute le langage du corps, baby... Mmmh, sexy ! J'entends des samples cartoonesques type flipper ou console de jeu vidéo, hmmm ! Des claquements de doigts à la con... GIVE MEEE YOH POH-DYYY-YYY ! S'cuse darling, j'contrôle plus mon chant, ça m'prend comme des spasmes - SEXY POH-DYYYY-YYY-HEEE ! Tu as envie de vomir ? Tu as honte d'aimer cette musique, gutsien ? T'as honte... Mais moi ta honte, j'la transforme en pépites, j'en fais des bouquets de hits. J'vais t'entuber... J'vais t'entuber et tu jouiras... Ta hi-fi, elle en pourra plus d'extase. Et ce sera pas la peine d'appeler au secours, la backroom est insonorisée. J'ai appris des meilleurs, Moroder, Chic, Sylvester. Patrick Hernandez ? Pf ! J'lui pète sa canne et j'lui fait bouffer sa moumoute ! Regarde plutôt comment font les pros, darling, on pourrait te bluffer... Si tu survis à "Staying Power". Suranné comme un cockring en bakélite. Trois ans de retard sur Sparks mais regarde un peu, comment qu'on boule-à-facettes et qu'on bâillonne-boule tes baffles, un tantinet anachroniques sur le dancefloor mais armés d'un groove plus tendu qu'un string de culturiste. Si la guitare enrichie en uranium de "Back Chat" ne te fiche pas des frissons de l'occiput au pelvis, si l'éclat sordide de son break n'inspire pas en toi des visions prédatrices... Matte mon May, mmh, l'est-y pas mimi, frustré dans sa cage, assigné aux micro-riffs ? Voulait pas s'raser les bouclettes, alors qu'on a tous fait un effort pour les années 80 ? Épilation de may-ot, au niveau des frettes ! Du hard rock il en a sur un titre pour faire mumuse d'façon. On a mieux à faire ici à minuit, darling - sens-moi plutôt ce petit flacon. Et regarde un peu comment je m'amuse avec mon sextoy impassible. Qui ça ? Mais mon bon Deacon pardi ! Le meilleur d'entre nous, je l'ai toujours su ! Sniffe-moi cette ligne de basse... Il est heureux avec Tonton Freddie, le Johnny Boy, docile et ronronnant, un vrai Cool Cat ! Hésite pas à te toucher en guinchant. Marre de la piste ? On s'égare en beauté, plus près de la lumière... une "Calling All Girls" dans ma vibration new wave, une "Action This Day" pour te dire que la pop bien criarde et neurotoxique mon groupe et moi on maîtrise ça comme personne. J'entends qu'on se moque de ma chanson pour Lennon, au bar, parce que je suis comme ça rendu à trois grammes, je peux chanter espagnol aussi... et entre nous, elles sont pires que "Save me" ou "Play The Game" ces chansons, mh ? Lâche pas... Quand le plus dur sera passé, tu verras la lumière. Frémissant encore de pulsations canailles, tu saisiras le diamant pop pur : "Under Pressure", nu comme un astre, beau comme le blondin vairon, en état de grâce. Dépressurisation par le haut, stratosphère direct. Laisse ton stress au sol, citoyen moderne risquant l'AVC pour des bisbilles, et recueille cette berceuse à l'alambic des Cieux, tenue par si peu de choses, pas vrai ? Une basse qui te malaxe les chakras et deux petites notes de piano qui te titillent le karma. Une pièce rapportée ? Non, darling : l'auréole sur le Saint Plug.

On te racontera ensuite que ce disque est trop vulgaire ou trop minimal, ou juste trop con pour être un bon Queen, voire que c'est à cause de mes fréquentations nocturnes qu'on l'aurait fait... Oublie-moi ses sottises de mijaurées. Le seul truc vrai c'est qu'en version live ça aura un peu plus de mordant, mais l'intimité en prendra un coup. Tu t'en rendras compte assez vite en fait : Hot Space a plus de caractère que The Game, The Works ou The Miracle. C'est même un album que tu pourrais trouver attachant... Et je ne dis pas ça que pour les menottes, darling !"

(claque sur le cul)

note       Publiée le jeudi 21 janvier 2021

Dans le même esprit, Raven vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Hot Space".

notes

Note moyenne        9 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Hot Space".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Hot Space".

Klarinetthor › samedi 23 janvier 2021 - 23:27  message privé !

Indigent ce trait de saxo, tout comme la compo? Par contre la voix de Mercury, as always... Me donne envie de ronronner lordosement contre tous mes murs... #metooQueen.

dimegoat › samedi 23 janvier 2021 - 21:26  message privé !

Le saxo sur Action This Day mériterait davantage d'attention dans les commentaires.

Note donnée au disque :       
Richard › vendredi 22 janvier 2021 - 07:01  message privé !

Under Pressure, colossale pépite.

torquemada › jeudi 21 janvier 2021 - 23:14  message privé !

Disque à prendre au second degré, au moins, comme Raven. Parfois je me demande si l’Inspecteur Gadget ne va pas débarquer, au début de « Staying Power » par exemple.

Note donnée au disque :       
Coltranophile › jeudi 21 janvier 2021 - 20:16  message privé !

Les réactions à ce disque sont assez parlantes. Je ne dirais pas que je l’aime, ce serait de la pure provocation. Ce n’est ni Zapp, ni Prince dans ses grands moments, pour faire simple. Déjà, il n’y a pas que des titres electro-funk, ici. Il y a de simples daubes: Los Palabras....Des titres pop assez neutres: Calling, Life is Real. Une colossale merde pseudo dansante qui s’avère être le tube: Under Pressure . Pour le reste, j’aime beaucoup les recommandations envoyant vers « Thriller » et « Young Americans », ce dernier pour la démarche plus que pour le son. A l’inverse, l’autre pour ce son en forme de pont , qui se voulait métissé (tout comme l’était le rock un temps) et qui finit plutôt en mille-feuille. Pas une réussite mais la plus grosse prise de risque post-Jazz. Les coms font penser qu’il y a, malheureusement, une frontière entre deux sensibilités inconciliables pour certains. La black music, pas beau.

Note donnée au disque :