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Queen › Queen I

lp • 10 titres • 38:52 min

  • 1Keep Yourself Alive
  • 2Doing All Right
  • 3Great King Rat
  • 4My Fairy King
  • 5Liar
  • 6The Night Comes Down
  • 7Modern Times Rock 'N' Roll
  • 8Son And Daughter
  • 9Jesus
  • 10Seven Seas Of Rhye...

enregistrement

Enregistré à Trident (Soho, Londres), de juin à novembre 1972, sauf la 6, enregistrée en décembre 1971 à De Lane Lea (Wembley, Londres). - produit par Roy Thomas Baker et John Anthony, ingé-son principal : Mike "Clay" Stone - Note de pochette : "No synthesizers were used during the making of this album"

line up

Brian May (guitares sur tout les titres, piano sur la 2, chœurs), Freddie Mercury (chant sur 1 à 6, 8, 9, piano sur les 4, 7, 9, 10, orgue Hammond sur la 5, chœurs), Roger Meddows-Taylor (batterie, percussions, chant lead sur la 7, chœurs), Deacon John (basse)

Musiciens additionnels : John Anthony (chœurs sur la 7)

remarques

Comme le Led Zeppelin I, ce disque est sorti sous le nom "Queen" et a été communément surnommé "Queen I" dès la sortie de Queen II. - Pochette par Freddie Mercury, Brian May et Doug Puddifoot - Photo par Douglas Puddifoot

chronique

Styles
pop
progressif
rock
hard rock
Styles personnels
hard épique

On peut lire un peu tout et son contraire au sujet du premier Queen. Que c'est leur pire, ou bien leur meilleur car encore hard rock juteux sans artifices glamiches, leur plus direct, leur plus original, voire un genre de démo améliorée dont la production serait complètement foirée. La vérité se situe un peu entre toutes ces assertions. Queen I est un disque moyen, qui n'a rien d'impressionnant mais tout d'un début fanfaronnant et paradant comme un paon, déjà fier d'exhiber ses structures élaborées et son originalité dans les chœurs et le(s) son(s) de guitare. C'est pas du prog, pas tout à fait du hard rock, plutôt un truc sophistiqué entre les deux, mais qui puiserait énormément du côté des Who de Tommy, "Pinball Wizard" surtout. Ajoutez à ça le Black Sabbath de Paranoid et Masters of Reality , et vous avez les deux mamelles du Queen de ce premier album. Led Zep arrive après, vu que chez Queen, on chercherait en vain les influences bluesy et folk celtique, même si de chevauchées Tolkien-iennes et d'héroïc-fantasy épique il est bien question. Mais si on a beaucoup considéré les débuts de Queen comme Zeppeliniens et super-plombés, c'est plus une question de recherche sonore que de réelle similitude dans la composition ou du jeu de tel ou tel instrument. Ce que Queen puise chez Led Zep, c'est un peu la même chose que ce que le Pete Townsend de Who's Next y avait, l'air de rien, puisé : le jeu des contrastes, le chiaroscuro des guitares breveté par Jimmy Page et qui deviendra mythique (à mesure que les groupes de hard post-75 seront trop bourrins pour le retrouver…). "Doing Alright" vous rappelle la lumière béante et blanche de "Tangerine" ou "That's The Way" sur Led Zep III ? Eh bien le chef d’œuvre absolu "The Night Comes Down" est son pendant nocturne, explorant la rosée du soir en nuances de guitare acoustique, l'œuvre du déjà ultra-minutieux Brian May, qui en est, rappelons-le, déjà à sa 10ème année sur la scène rock, et pratiquement 5ème année à régulièrement se trouver en studio pour enregistrer des titres dont il est le principal créateur. Sans avoir l'expérience d'un Page, ce type-là a visiblement suffisamment écouté, appris et essayé pour savoir ce qu'il veut en 1973. On n'en dira pas forcément autant des autres, dont Mercury, ici très très en deçà de l'aisance mélodique et de la richesse expressive qu'il développera à partir de Queen II… Sauf sur The Night Comes Down donc, pourtant enregistrée en 1971 justement, la vraie perle cachée dans cet écrin de velours pourpre, et qui est sans doute le titre le plus touchant, sincère et fragile de Queen avec My Melancholy Blues (et sans doute leur morceau le plus Pale Fountains, je sais que vous vous demandiez TOUS lequel ça pouvait être, donc De Rien)… Pratiquement tous les autres titres souffrent du même défaut : c'est poussif, et quand c'est puissant, c'est vraiment que le groupe a ménagé son effet, mais les ficelles sont des cordages de chalutier, à ce stade. Les exceptions sont les deux titres cités plus haut, et bien sûr "Modern Times Rock'n'Roll", signé Roger Taylor, batteur qui se chargera désormais de rajouter une bonne louche de simplicité rock'n'rustaude à chaque album. Beaucoup de titres phares ont été enregistrés dans de meilleures versions avant ou après ce disque, sauf "Jesus", assez bourrine et surannée, mais c’est le genre qui veut ça, c’est du gospel-rock. Dès ce premier disque, May-le-dentellier ne peut réfréner l’envie, le besoin, d’apposer le label « No synthesizers were used », formule qui deviendra de plus en plus lapidaire, à mesure que les synthétiseurs gagneront du terrain dans la pop… Jusqu’à ce que le groupe, finalement, adopte à son tour l’instrument tant décrié. En 73, c’était une coquetterie bizarre, à peine explicable par l’engouement un peu trop poussé des Who et de Roxy Music à l’époque pour ces machines – car oui, le public de Roxy Music pouvait alors se retrouver à écouter ou aller voir Queen… Même si ce premier album n’a pas encore beaucoup du mystère et de la classe des deux groupes précités, à ce stade, soyons clairs. Bien entendu, même dans ses erreurs, Queen calcule tout, et j’ai presque envie d’écrire que si Queen I semble approximatif par moment (la fin de la face A surtout), c’est que c’est voulu. Les mecs savaient qu’ils tenaient un truc original, et plutôt que de copier les autres et de faire de l’excellentissime hard rock à la dynamique Sabbathienne ou Zeppelinienne bien connue (chose qu’il leur aurait été plus que facile de faire), ils préfèrent creuser leurs particularités à EUX, même si ça patine encore un peu dans la juvénile semoule. Et creuser leurs particularités, c’est à vrai dire ce qu’ils ont eu le temps de faire, d’avril 70 (date à laquelle Mercury les rejoint) à l’été 73, date à laquelle ils enregistrent leur deuxième opus (... sorti 6 mois plus tard) et trouvent enfin véritablement leur style… avant d’en changer aussi sec en 74 pour Sheer Heart Attack. Mais on y vient...

note       Publiée le mardi 8 décembre 2020

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Note moyenne        11 votes

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nhaak › jeudi 22 avril 2021 - 12:26 Envoyez un message privé ànhaak

D'accord avec la chronique de Dariev, même si pour ma part le morceau qui domine les autres dans cet album serait plutôt My Fairy King, car je trouve qu'il préfigure l'aspect de Queen qui me séduit le plus, à savoir les mini épopées avec leurs côté fantasy. Je bloque sur ses "Ooooh yeaah" depuis ma première écoute, je les ai toujours trouvés sublimes et je doute fort que mon opinion change un jour. Par contre en ce qui concerne les singles, autant j'ai toujours trouvé Keep Yourself Alive très efficace, autant Liar ne m'a jamais accroché... Un album assez inégal dans lequel je retiendrai surtout Doing Alright, My Fairy King et The Night Comes Down. Clairement pas l'album que j'écoute le plus dans leur discographie mais sur lequel j'aime bien revenir de temps en temps

GrahamBondSwing › jeudi 21 janvier 2021 - 15:40 Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

Le néologisme trouvé par Dariev à propos « Modern Times Rock'n'Roll » est bien trouvé, ça me fait penser aux morceaux de Noël Redding sur les albums de l’Experience : vraiment dispensables quand on songe que ça prend la place d’une petite perle ou mieux (on parle de chefs-d’œuvre qui auraient pu être encore mieux, tu voies le tableau ?).

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Coltranophile › jeudi 17 décembre 2020 - 15:47 Envoyez un message privé àColtranophile

Les chros de Dariev m'ont fait replonger. Très, très longtemps que je ne m'étais pas repassé les premiers Queen. Et mon sentiment de l'époque est le même mais s'est accentué. Les trois premiers disques du groupe ont une force indéniable et sont excellents, chacun à leur façon. La suite est un crescendo dans l'indigeste (bon, "I'm In love with My Car" fait toujours son petit effet, dans le genre "morceau que KISS n'aura jamais réussi à écrire). Celui-ci fatigue un tout petit peu sur la fin, "Jesus" étant tout de même très con, "Modern Times..." et "Son and Daughter" ne sont pas particulièrement originales dans la forme, tout comme "Keep Yourself Alive", mais l'énergie est propre au groupe et ils arrivent à transcender dans une certaine mesure le coté générique de ces titres. Par contre, les titres qui vont de "Doing All Right " à "The Night Comes Down" (comme le dit bien Dariev) sont vraiment à part, les deux OVNI encadrant parfaitement une triplette de titres qui sonnent du tonnerre. Le suivant sera plus épique et aura son charme bien à lui et "Sheer Heart Attack" sera redoutablement efficace. Mais le plus beau jusqu'à dans ses maladresses, c'est celui-ci.

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zugal21 › mercredi 16 décembre 2020 - 09:48 Envoyez un message privé àzugal21

Décidément, je l'aime bien, ce bonbon mauve. Et le le trouve plus charmant que le second. Estomaqué par " My fairy king " et " Great king rat " en particulier. Disque délectable.

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Nicko › mardi 15 décembre 2020 - 23:23 Envoyez un message privé àNicko
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Bons débuts bien ficelés, du bon rock péchu à la Led Zep. Pas de hits planétaires ici, mais des compos solides, bruts, encore typées hard rock, mais toujours avec cette envie d'explorer.

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