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Deftones › Koi no yokan

  • 2012 • Reprise 9362-49477-0 • 1 CD
  • 2012 • Reprise 9362-49477-1 • 1 LP 33 tours

cd • 11 titres • 51:48 min

  • 1Swerve City02:44
  • 2Romantic Dreams04:38
  • 3Leathers04:08
  • 4Poltergeist03:31
  • 5Entombed04:59
  • 6Graphic Nature04:31
  • 7Tempest06:05
  • 8Gauze04:41
  • 9Rosemary06:53
  • 10Goon Squad05:40
  • 11What Happened To You ?03:53

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Nick Raskulinecz, enregistré à North Amerycan Studios, North Hollywood, CA, Encore Studios, North Hollywood, CA et Paramount Studios, Los Angeles, CA.

line up

Stephen Carpenter (guitares), Abe Cunningham (batterie), Frank Delgado (claviers, chant), Chino Moreno (chant, guitare), Sergio Vega (basse)

remarques

chronique

Styles
metal alternatif
rock
Styles personnels
dream-metal-gaze (???)

Il t'arrive comme un train chargé de dynamite. Avec un son peu aimable, dense, tendu, presque granuleux, balancé avec une assurance intimidante. Ils ont avalé trop de couleuvres pour ne pas avoir un truc à rendre, les Deftones. Passé le temps de la digestion, celui de la certitude d'être en colère. Des morceaux qui se posent là, ou plutôt qui s'enfoncent bien profond, d'un seul jet. Avec aussi des circonvolutions prometteuses dès le deuxième titre : il est où le couplet, il est où le refrain ? Peu importe, Chino est dans une forme insolente, il serpente, se glisse, s'arrache et retombe sur ses pattes, alors que la tempête fait place à des haltes subites, en quasi-ambient métalliques, pour exploser de plus belle. Ecoutez comment ce "Leathers" est expulsé d'un coup, sans élan, volcanique, pour se retrouver à flotter incandescent, avec au milieu du chaos un refrain évident qui sait trouver son chemin. Concision, titres bien taillés pour ne pas laisser le moindre bout de gras, ça repart avec quelques handclaps et ondulations de claviers sinistres avant la réplique, les guitares encore plus rêches, qui frottent et brûlent comme des scories, un Chino d'emblée sec qui se mue en crooner suave le temps d'une ligne mélodique, courte expiration chaleureuse avant qu'une rage raide ne reprenne. Ca faisait longtemps qu'ils n'avait pas sorti de telles claques coup sur coup les Deftones. Et puis comme d'accoutumée, il faut savoir calmer le jeu : sur une rythmique downtempo sourde, le magnifique "Entombed", aérien, triste et forcément sensuel, parce que Chino, il a toujours voulu être ça, une belle voix mélancolique de new-waveux, référence appuyée par des claviers beaux comme des néons multicolores et des textures de guitares qui lorgnent vers une dream-pop amphétaminée. On pourrait continuer comme ça, comme eux ne cessent pas de dérouler titres après titres d'une familiarité totale et dont la consistance a pourtant la saveur d'un cru particulier. Pas vraiment un goût de "comme avant", même si on pourrait sans trop détromper l'auditoire évoquer les grandes heures en remontant la pendule jusqu'à "Around the Fur". Mais il n'est plus temps de regarder en arrière alors que Chi, lui, n'as plus beaucoup de temps. Alors plutôt un goût de "revenez-y", comme on dit. Toujours heureux de se prendre une nouvelle lichée. D'autant que l'album ne semble jamais s'interrompre, comme se ressert sans transition entre la gorgée et le goulot, une ivresse à jouer sans répit. Les accalmies instrumentales ne servent qu'à mieux mettre en relief les raffales ou à redémarrer tout en douceur avant que le magma ne se mette à nouveau à bouillonner, comme sur ce "Tempest", qui se monte en courants ascendants vers un refrain hypnotique déjà bien au-delà de la couche d'ozone. Météorologiquement parlant, ce Deftones est une énorme zone de dépression, salement perturbée, avec ses cyclones ravageurs, ses orages aux éclairs aussi violents qu'admirables déchirant de la voute nuageuse et ses chutes de pluies mélancoliques. Avec aussi souvent le poids de l'attente de ce qui va nous tomber sur la gueule, les morceaux sachant réserver une tension juste suffisante avec de tout envoyer à vau-l'eau, ou au contraire de laisser circuler un souffle libérateur et mélodique au sein d'une furie à laquelle tous mettent la main à la patte, Delgado n'étant pas le dernier avec ses atmosphères de fuites radioactives. Voyez donc "Gauze" et dites-moi si il n'est pas temps de tirer l'alarme. Difficile de qualifier cet étrange opus qui souffle le chaud et le froid avec une constance déroutante, abrasif et pesant tout autant que rêveur. Arrivé vers la fin, "Rosemary" concentre à peu près toutes les qualités, au sens propre, de l'album avant de s'abîmer dans une délicate outro d'une triste sérénité, qui enchaine sur un "Goon Squad" stupéfiant de force qui vient quasiment conclure l'affaire avec un aplomb gigantesque, un rouleau-compresseur au refrain parfaitement animal, un des plus beau du groupe. Après ça, comme placé hors du jeu, un hommage à Chi, beaucoup plus en retenu, aux guitares et percussions qui halètent littéralement, vient mettre un point final au meilleurs album des Deftones depuis leur heure de gloire officielle. Voilà, c'est dit. Piégeux, menaçant et cyclothimyque.

note       Publiée le samedi 6 juin 2015

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Note moyenne        10 votes

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dariev stands › vendredi 12 juin 2015 - 18:49  message privé !
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"Swerve City", ça fait penser à Swervedriver ça... c'est le genre de groupes qui ont pu influencer les Deftones, d'ailleurs, et pas que sur cet album. Je sais que Chino Moreno a longtemps eu les oreilles qui traînent du côté shoegaze...

Seijitsu › samedi 6 juin 2015 - 15:54  message privé !

J'ai un peu de mal à départager les 3 derniers albums des Def'. Ils sont tous très bons.

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torquemada › samedi 6 juin 2015 - 15:52  message privé !

Et encore un excellent album des Deftones !

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