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Deftones › Diamond Eyes

  • 2010 - Reprise, 9362-49667-0 (1 cd)

cd | 11 titres | 41:21 min

  • 1 Diamond Eyes [03:08]
  • 2 Royal [03:32]
  • 3 CMND/CTRL [02:24]
  • 4 You've Seen the Butcher [03:31]
  • 5 Beauty School [04:44]
  • 6 Prince [03:36]
  • 7 Rocket Skates [04:12]
  • 8 Sextape [04:01]
  • 9 Risk [03:38]
  • 10 976-EVIL [04:32]
  • 11 This Place is Death [03:48]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à The Pass, Los Angeles, CA et North Amerycan Studios, North Hollywood, CA. Produit par Nick Raskulinecz.

line up

Stephen Carpenter (cordes), Abe Cunningham (batterie), Frank Delgado (claviers, samples), Chino Moreno (chant, guitare), Sergio Vega (basse)

chronique

Styles
metal alternatif
rock
Styles personnels
metal alternatif mélancolinoisy

En cas de crise majeure, se plonger dans le travail. Ne pas relever la tête, au cas où la submersion guetterait d'un peu trop près. La traumatisme, ça se traite la tête dans le guidon. Pas histoire d'oublier, l'oubli c'est bon pour les morts, et tout le monde est bien vivant, encore. Histoire de penser à autre chose. Se forcer à penser à autre chose. Alors évidemment, du coup, remettre la machine en route n'est pas toujours aisé. Ca patine, ça dérape, ça s'embourbe un peu, les pensées, les sentiments, tout ça est d'une grande confusion. Pas évident de reprendre un rythme. Le temps, toujours le temps. Aussi impitoyable que nécessaire. Un temps à occuper, à découper en parcelles à remplir comme on peut. Est-ce pour ça que le premier album que les Deftones enregistrent après l'accident terrible de Chi a du mal à décoller ? Qu'il rentre dans le mou sans fioriture, sans regarder en arrière, qu'il se presse de vouloir se mettre en branle au plus vite, au risque d'un démarrage en automatique, un peu saoulé de volontarisme ? C'est l'impression qu'il donne. Pas eu le temps de digérer, il fallait y retourner, pour simplement continuer à vivre. Sans trahir, les bandes d'"Eros" dont remisées de côté le temps que Chi aille mieux, parce qu'il ira mieux n'est-ce pas ? Pas le temps de réfléchir au pire. On espère sans y penser. Penser au pire ne sert jamais à rien, et surtout pas à l'éviter. Ne penser à rien et balancer du son, vite, tout de suite, avec un nouveau bassiste qui prend sa place, discret. La sienne, pas celle de Chi. Faire du Deftones. Ils savent faire, ils font ça depuis près de vingt ans maintenant. C'est toujours un peu la même chose, Deftones, parce qu'ils ont un son à eux. C'est rare un son à soi. Même quand une partie de soi est ailleurs, qu'elle ne reviendra peut-être plus. Rester debout en ayant perdu une partie de soi. Ils savent faire les Deftones. Faut juste un peu de temps pour se remettre dans le bain. Un morceau ou deux. Ou trois. Tout y est pourtant, sans la moindre velléité de geindre sur son sort. C'est juste un peu appliqué, parce que les Deftones sont les artisans de leur propre formule. Faut faire vite et bien. Quel besoin de décrire pour la millième fois le son des Deftones ? Cette pesanteur orageuse, ce chant mi-suave mi-arraché, cette frappe au groove improbable et colérique. Jamais trop su où les coller finalement ces Deftones. Du post-metal-cold-wave à relents de hip-hop de cracker-slacker-skater dépressif ? Non mais les labels, les tags, toujours aussi impuissants à décrire la musique, finalement. Ecoutez comme ça rugit les riffs, comme les textures se chargent d'électricité statique, plus que jamais. C'est familier. Presque trop, même si c'est toujours beau, les Deftones. Une sensation d'atavique mal-être. Et puis au bout d'un moment, ça reprend. Presque tout seul. Comme un matin on se réveille et l'absence pèse un peu moins lourde. Un tout petit peu. Mais y a quelque chose qui fonctionne vraiment à nouveau. "You've See the Butcher", tout là haut, dans les nuages, qui tombe comme une pluie à la voix de rouille, une suspension dans l'air qui roule comme un tonnerre de mauvais aloi, qui vient enfin réveiller l'âme du groupe. Oui, la vie reprend. Tant qu'on n'est pas mort, faut pas trop s'en faire. Alors ça s'enchaine d'un coup, les Deftones, les grands Deftones, ces mélodies aux détours merveilleux, ces coups de lattes, ces baisers, la voix de Chino qui s'évertue à faire mentir le temps, "Beauty School" et son refrain qui cajole dans l'oeil du cyclone. Parce que ça tient de la secousse, les deux morceaux suivants en attestent, remués par une paire Cunninghan/Carpenter qui ne desserrent pas les dents, Chino au gré des courants, balançant après force hurlements un de ses "wooo" enveloppé dans les ondulations électroniques de Delgado, plus inquiétantes peut-être encore qu'à l'accoutumé. Ca se permet même de pondre la ballade qui fera bien sur les radios, la somem toute très peu sexuelle "Sextape". Back to business en quelque sorte. Même si le risque de s'essouffler guette à tout moment, parce que malgré tout, ça abîme, le manque, l'angoisse, tout ça. Alors les Deftones font du Deftones jusqu'au bout, et plutôt bien. Sans forcément de génie, mais ça fait plus de quinze ans et un bassiste dans le coma. Travailler pour survivre, en attendant mieux, ça donnera toujours quelque chose, comme ce "976-EVIL" du meilleur cru. Et sans se répandre, rester cryptique comme forme de dignité. Même "This Place is Death", contrairement à ce que son titre augure et à la mélancolie qui en suinte, pas évident que l'ombre de Chi plane là-dessus, la tension y est plutôt sensuelle. Insaisissable ces Deftones. Et par là même, admirables.

note       Publiée le samedi 30 mai 2015

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M-Atom › samedi 2 juillet 2016 - 22:45  message privé !

en fait avec deftones c'est toujours la même choses: première écoute t'y colles trois boules. quinzième écoute tu passes à la quatrième. trentième écoute t'hésites a lui coller la cinquième...par contre chez eux y'a le syndrome de l'asymptote horizontale bloqué a 5 boules. 6 boules chez deftones ca serait trop facile...

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Seijitsu › samedi 30 mai 2015 - 18:58  message privé !

Sextape.

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E. Jumbo › samedi 30 mai 2015 - 17:35  message privé !

Cet album m'a jamais vraiment emballé, j'ai un peu l'impression qu'il cherche à la fois de renouer avec l'esprit d'Adrenaline et avec celui de White Pony, mais je lui ai sûrement pas laissé assez de chances. Leur dernier album en revanche, bien qu'étant probablement leur plus générique, est très sympa.

torquemada › samedi 30 mai 2015 - 17:17  message privé !

Chro très juste.

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