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Robert Schroeder › BackSpace

cd | 10 titres | 73:00 min

  • 1 SpaceRace [ 8:15]
  • 2 StarDust [ 6:27]
  • 3 BackSpace [ 13:16]
  • 4 Electron Drive [ 6:25]
  • 5 Floating Lights [ 8:44]
  • 6 Behind the Universe [ 4:12]
  • 7 Dream Reminder [ 9:15]
  • 8 Dark Matter [ 5:03]
  • 9 Waves of Imagination [ 5:53]
  • 10 Wake Up [ 4:54]

line up

Robert Schroeder (PPG Wave2, Minimoog, Multimoog, DX-7, D-110, Sequential Drumtraks et Atari 1040-ST)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://www.sphericmusic.de/framee5.htm

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
cosmic dance music

Comme une nuée d'élytres, les vents cosmiques de "SpaceRace" crissent avec puissance avant de s'évaporer dans des brises plus éthérées. Le bruit est retentissant! Les battements persistent, mais ils sont tenus en respect par des mugissements d'un genre de sirène intergalactique alors que des ions séquencés vont et viennent dans une figure de rythme incertaine. Des battements lourds tombent. Et l'introduction de "SpaceRace" libère d'autres ions séquencés qui sautillent comme des pas de Bambi dans un étang gelé par les reflets des tsitt-tsitt ambiants avant de virevolter comme des feu-follets sur une ligne stroboscopique. Jusqu'à là ambiant, le rythme de "SpaceRace" projette sa vélocité statique dans les ruades des percussions et les harmonies figées des violons illusoires. Ce n'est plus du "SpaceRace" mais du SpaceRock avec une guitare vicieuse qui lance ses solos en forme de wah-wah dans d'entraînantes orchestrations dont le débit croissant trace une fascinante chevauchée intergalactique nouée par des mouvements de saccades. Et comme rien n'est jamais terminé dans les structures de Robert Schroeder, des voix s'invitent et ajoutent une profondeur astrale alors que les violons se déchainent, amenant l'auditeur à un âtre de plaisir auditif jusqu'alors réservé au genre philarmonique de Bernd Kistenmacher. "SpaceRace" nous réchauffe bien les oreilles et donne le coup d'envoi à un autre album de Robert Schroeder où les rythmes changent de peaux dans un immense carrefour giratoire, tant sonique que rythmique. Bien vêtu de ses habits de DJ intergalactique, Robert Schroeder offre de la diversité rythmique avec des percussions qui claquent autant que flottent, qui picorent autant que chatouillent et des séquences qui tremblotent autant que résonnent, qui vibrent autant que crawlent dans une autre mosaïque de rythmes diversifiés où la richesse des sons et les décors d'ambiances sont l'apanage de sa signature artistique. Que cela soit du Berlin School, comme dans "SpaceRace", du groove ou encore de l'IDM et même de l'ambiant, comme dans les paisibles et cosmiques "Floating Lights" et "Dream Reminder", le synthésiste d'Aachen prend le pari de séduire les amateurs de Berlin School en offrant une panoplie de rythmes qui trépignent, sautillent et ondulent dans les uniques fragrances qui parfument son imposante discographie de plus de 30 albums. En fait, on voir “BackSpace” comme un genre de fusion entre Robert Schroeder et Food for Fantasy. Entre son Paradise et ses incursions dans la dance music avec sa collection Club Chill et New Frequencies. Et nos oreilles seront aussi perplexes qu'enchantées devant une telle panoplie de rythmes, de sonorités et d'ambiances. Imaginer une grosse gargouille intergalactique qui croasse tout en roulant des hanches sur un rythme lent et vous avez "StarDust". Les percussions claquent et résonnent, entraînant une ligne de basse discrète et des riffs évasifs dans des brumes cosmiques. Ici comme ailleurs, Schroeder multiplie les solos de synthé qui troquent subtilement leurs parfums cosmiques et leurs longs solos criants bourrés de modulations harmoniques pour des fragrances de jazz avec de percutantes tonalités de saxophone. Les ambiances ne sont pas en reste. Maculées de peintures soniques allégoriques et de tonalités biscornues, elles surprennent l'oreille avec un dosage bien équilibré entre le connu et l'inconnu. Les rythmes sont aussi à l'image des ambiances en troquant leurs états statiques pour prendre plus de vélocité. La pièce-titre est un bon exemple. Son intro accroche une rêverie à nos oreilles avec son nuage de voix évasives qui fredonnent de longs ahhh sur un nid d'oscillations tressées de fluides amplitudes. De délicats riffs tombent en même temps que de sobres percussions, mangées par des tsitt-tsitt, traçant un genre de funk-disco qui sautille comme un unijambiste sur un tapis de marbre. Les oscillations maintiennent l'approche ambiante et les harmonies jazzées, de même que des séquences gargouillantes, rajoutant de la peinture sonique à un rythme qui embrasse une nouvelle peau. "BackSpace" épouse alors tranquillement une tangente semi technoïde et semi disco où les élytres d'acier trinquent avec des oscillations organiques et ces riffs de groove mous. Le titre tombe dans une délirante phase sphéroïdale, qui n'est pas vraiment loin des torsades stroboscopiques, avec de superbes solos, aux fragrances de guitare électronique, qui se tortillent violemment dans les gargouillements des séquences. Oscillatoire et sautillant, "BackSpace" joue sur ses 9 minutes afin d'entraîner l'auditeur dans les méandres d'une musique où les ambiances cosmiques vont de pair avec des rythmes légèrement basanés par des airs de funk, de techno et de groove. C'est de la musique de danse cosmique à son meilleur, comme dans "Electron Drive","Dark Matter" et "Waves of Imagination", qui sont un peu moins progressifs. Les cliquetis des percussions qui mitraillent le rythme ambiant de "Behind the Universe" font tressaillir des ambiances qui me rappellent London de Tangerine Dream que l'on retrouve sur Tyger. "Wake Up" clôture “BackSpace” avec un rythme vif, sans doute le plus explosif sur ce dernier album de Schroeder. Les riffs saccadés pleuvent sur un IDM puissant, imaginatif et entraînant. Ce beat contagieux fait onduler les planchers de danse avec des lignes de basse et de séquences qui croassent langoureusement et des percussions qui roulent sous le feu nourri des tsitt-tsitt. “BackSpace” est plutôt un album de musique de danse bien nappée d'ambiances de la Berlin School que le contraire. Je ne suis pas vraiment d'accord lorsque le jeu des comparaisons établit un lien avec Slow Motion ou encore le brillant Ferro Oxid. J'y entends bien plus une fusion de Club Chill ou New Frequencies avec les essences de ces 2 albums. Mais peu importe, Robert Schroeder ne fait jamais rien à moitié. Et “BackSpace” est une valeur plus que sure pour ceux qui aiment les rythmes funk et groove bien emmitouflés dans des ambiances lunaires et foutrement bien garnis par des synthés aux harmonies aussi improbables que ces magnifiques solos qui nous font écarquiller les oreilles.

note       Publiée le vendredi 14 novembre 2014

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